LIMITES DE LA BANLIEUE
de la Meurdie jusqu'au territoire du Petit-Arbois, du ruisseau de Brichambeau et de Nabëcor jusqu'à remplacement des futures portes Notre-Dame.
La banlieue d'une commune se divise en un certain nombre de cantons ruraux qui portent des noms spéciaux, parfois fort anciens. L'étude des noms des lieux'dits fournit souvent de très précieux renseignements sur les oricjines d'une cité. Il nous faut, par suite, examiner ces noms dans les banlieues de Nancy et de Boudonville qui ont été unies au xvi® siècle et qui ont constitué la banlieue nancéienne, en sa grande étendue.
Déjà le nom de Nancy nous a transportés dans le passé lointain, jusqu'à l'époque celtique. Le nom de Boudonville a une origine plus récente. Ce nom signifie la villa d'un certain Bodon, et Bodon est un nom propre d'origine germanique. Les noms de lieux formés de la sorte sont postérieurs aux invasions barbares qui ont introduit les Germains sur le sol gallo-romain ; ils remontent presque tous à l'époque mérovingienne ; alors ont été formés les noms de Rambervillers, village de Rambert, de Gerbéviller (Gerberti villa), village de Gerbert, de Franconville, village de Francon, et c'est certainement un nom propre d'homme d'origine germanique qui se cache dans Malzéville et Maxéville. Or, un évêque du nom de Leudin-Bodon a occupé le siège de Toul vers le milieu du vu* siècle'. On lui doit la fondation du monastère d'Etival, au confluent de la Meurthe et du Rabodeau ; celle du monastère de Bonmoutier, Dodonis monasterinm, qui, plus tard, sera transféré à Saint- Sauveur, puis à Domévre-sur-Vezouse*. On a supposé que le même prélat avait donné son nom à Boudonville', et l'hypothèse est plausible; au moment où, pour la première fois, le village de Boudonville ou Saint-Dizier apparaît dans l'histoire, il appartenait aux évoques de Toul+.
A notre grande surprise, les noms des lieux-ditjs sur les deux banlieues de Nancy et Boudonville sont presque tous moins anciens que les noms mêmes de Nancy ou de Boudonville. Quelques-uns proviennent de la situation des cantons. Ainsi Beauregard, Bellevue, la Prairie à l'est de la ville; le ruisseau ombragé de saules a servi à dénommer le canton de Saurupi; des arbres de diverses essences ont désigné les régions du Charmois, de l'Ormeau-Charmois, du Sapin 5; les mûriers qu'on planta sous Léopold près de la Vénerie, là où s'élève aujourd'hui l'Académie, ont donné naissance au