‹ Histoire de NancyChapitre 292 sur 642 · I. Sur ce portrut de Qiarics VII. oi · texte numérisé non relu

I. Sur ce portrut de Qiarics VII. oi

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de Lenoncourt tenaient les rangs. Ils étaient ceux « du dedans ». A douze reprises différentes, chacun était prêt à supporter, sans se laisser désarçonner, le choc d'un adversaire « du dehors » qui se précipiterait sur lui la lance en avant ; le vainqueur était celui qui aurait rompu sa lance sur l'armure de l'autre. Ce jour-là, le roi Charles VII, revêtu des armes de Lusignan, courut quatre lances : puis, fatigué, il alla se désarmer au logis du comte de Maine, prit une longue robe de velours vert doublé de drap d'or « et s'en revint bientost après sur les rencs au chauffault des dames, où l'on luy avoit apareillé et très bien tendu sa place et sa chaire couverte de drap d'or, ainsy qu'à tel prince estoit afferant' ». Puis courut le jeune comte de FoLx, monté sur son coursier nommé Lai Grue, dont la housse était chargée de sa devise : Cesi moy qui Va. Dans ses douze courses il rompit à onze reprises différentes « grosses lances roides et de bonne moyson' ». Et l'assistance, séduite par la bonne grâce de ses vingt ans, l'encourageait : Foix ! Poix ! criait-elle. Puis successivement entrèrent en lice Jean II, comte de Clermont, futur duc de Bourbon, Pierre d'Amboise, seigneur de Chaumont, le vicomte de Tartas, fils du sire d'Albret, Jacques de Luxembourg, frère de Monsieur de Saint-Paul, Bertrand de Beauvau, bailli de Touraine, Xaintrailles, l'amiral de France Prégent de Coetivy, d'autres encore '. Quand le soir tomba, les juges de la joute, après avoir pris l'avis des dames, décernèrent le prix pour les champions du dedans à Monsieur de Saint-Paul; — il consistait en un diamant de mille écus avec un chanfrein dont le timbre devait recevoir ses armes * ; — le vainqueur « du dehors » fut le comte de Foix. Le premier se doutait-il, en ce jour de triomphe, que, plus tard, sous les murs de Nancy, se jouerait sa vie? On mena les deux héros de la fête à grand bruit de trompettes et de clairons devant les dames et on les fêta. Ce jour-là le jeune Gaston est au premier plan ; et, en sous-ordre, on voit apparaître un chevalier bourguignon, Jacques de Lalaing. Mais, un autre jour, ce sera le jeune Lalaing qui attirera l'attention de tous ^

Lalaing était alors âgé de vingt-deux ans, fort et beau. Il proposa d'entrer en lice et de soutenir le combat contre tout chevalier qui se présenterait. Il était adoré en secret de deux dames de la cour, Marie de Bourbon, la bru du roi René, et Marie de Clèves, qui, jeune encore, venait d'épouser le

I. Guillaume Leseur, t. I, pp. i^C-iSa. Nous savons que Charles VII en personne ajouté à Nancr, par Mathieu d'Escouchy, t. I, p. A», «"t psr Martial d'Auvergne, Le* Viffilles du roi Charles VU, Paris, Couslclier, 173/», t. I, p. 218:

Si y jouxta ie feu bon Roy, Armé gentemcnt à merveilles, En très bel et plaisant arroy.

Cf. Guillaume Leseur, t. I, p. ia8.

a. Idem, ibid., t. I, p. 160.

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