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LA FRESQUE DES MIRACLES DE LA VIERGE

fikqui fut fait prisonnier. En vain avait-elle adressé ses prières à la Vierge, lorsqu'elle prit la résolution d'enlever d'une statue de Marie l'enfant Jésus et de le garder en otage. Marie lui apparut, lui disant : « Rends-moi mon fils et je te rendrai le tien. » Et ainsi fut fait ; la Vierge brisa les chaînes du prisonnier ^

Enfin, au milieu du tableau, a été représentée une mer agitée, un vaisseau brisé ; sur les flots apparaissent plusieurs hommes qui sont sur le point de sombrer; un seul, avec un capuchon sur la tête, se montre hardi et élève ses mains vers la Vierge :

Ung bon abbé de Normandie Alla en mer par temps fellon :

La Vierge lui sauva la vie Pour faire sa Conception.

Il s'agit de l'abbé Helsinus, envoyé par le duc de Normandie Guillaume en Dacie. Â son retour, une tempête violente éclate ; les matelots perdent tout sang-froid, prêts d'être engloutis par les flots. Seul Helsinus prie la Vierge et aussitôt lui apparaît un vieillard, recouvert d*habits pontificaux ; il demande à l'abbé de prendre l'engagement de célébrer chaque année la Conception de la Vierge, le sixième jour des ides de décembre. L'abbé le promet et peut border sain et sauf en Angleterre avec ses compagnons'.

Cette fresque rappelait en somme une série de miracles accomplis par la Vierge et l'établissement de la fête de la Conception ; elle était tout à fait appropriée à la chapelle. On a soutenu longtemps que cette peinture était 1 oeuvre de Léonard Je Vinci ; mais un simple coup d'œil devait suffire pour repousser une pareille attribution. 11 y a eu confusion entre cette fresque et celle du réfectoire des Cordeliers, où Médard Chuppin peignit la Cène, d'après 'e célèbre tableau de Léonard '. En réalité, la fresque de Saint-Èvre est l'ou- ^'^gc d'un artiste allemand du xvi*" siècle ; d'autres Allemands, quelque temps *^paravant, avaient peint les fresques de Maizéville t*l de Saint-Clément*.

La fresque de Saint-Èvre, qui aurait mérité d'être conservée avec soin, fut

s^lmée déjà sous l'ancien régime. Lionnois écrit : « On y a attaché des pattes

et des lattes pour orner le mur de tapisseries les jours de solennité. On a fait

pVs. On l'a couverte en entier d'un blanc de chaux pour en cacher la peinture.

J'ai fait enlever cette chaux : et j'ai vu avec plaisir que, mafgré tous ces

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