‹ Histoire de NancyChapitre 325 sur 642 · LES TOMBEAUX DE L^ANGIENNE ÉGLISE SAINT-ÈVRE · texte numérisé non relu

LES TOMBEAUX DE L^ANGIENNE ÉGLISE SAINT-ÈVRE

l'intérieur de la ville, on plaça les ossements recueillis sous les dalles de SaintrÈvre*.

L'église Saint-Èvre avait six cloches formant deux accords. L'une, la plus ancienne et la plus petite, portait la date : « MCCCCC et deux, le troisième jour d'octobre* ». Elle est conservée dans le clocher actuel. Une seconde était l'œuvre du grand fondeur Jean de Chaligny. On y lisait en belles majuscules romaines sur trois lignes : « Du règne de très hault et très puissant prince Charles III de nom, marchis, et de très hault et puissant seigneur Jean, comte de Salm, q* de ce nom, maréchal de Lorraine et gouverneur de Nancy — je fus faicte et ici mise l'an 1576 »; et entre les lignes étaient représentés les armes pleines de Lorraine, l'écusson de Salm et le chardon de Nancy ; plus bas on lisait : « Jehan de Challegny ma faict, iSyG » ^ Sur le pourtour de la cloche étaient espacés les quatre évangélistes avec leurs attributs symboliques et un médaillon représentant le profil du Christ, reproduction d une médaille italienne^. Cette cloche servait de beffroi; elle a été envoyée à la fonte, en 1867, lors de la destruction de la tour. La troisième cloche, la plus grosse de toutes, datait de l'année i5gi ; elle eut pour parrain le duc Charles III et on la nommait la Charlotte. Elle fut fondue par Jean de Laitre et M* Jacques, demeurant à Clinchamp dans le Bassigny^ Elle portait en son contour ces vers :

Je suis la trompette effroyable Du ciel criant incessamment :

Chrétiens, craindez du jugement De Dieu le jour épouvantable.

Jean, comte de Salm, baron de Viviers Brandebourg 6, gouverneur;

on y lisait encore :

Charlotte.

Charles le Grand duc m'honora De son beau nom dès mon enfance, Pour avoir de luy souvenance Quand le peuple sonner m'ouyra.

I. Abbé Guillaume, Description des tableaux, i. c, p. la. Les ossements qui se trouvaient à l'église Notre-Dame furent plus tard, du a8 février au ii mars 1,793, transportés au cimetière des Trois-Maisons. Cf. A. D., L, 47S. En i8o4, on transporta à Saint-Èvre des ossements trouvés dans réglise et le cimetière des Dames prècheresses. Déposés dans des caisses spéciales, ils sont restés sous les dalles du nouvel édifice. On a aussi trouvé à Saint-Evre une série d'inscriptions funéraires en langue hébraïque, provenant sans doute du cimetière de Laxou. Cf. supra, p. 95. On les a transportées au Musée lorrain.

a. Abbé Guillaume, Beffroi de Vancien Saint-Epvre, J. S. A. L., 1867, pp. 1 18-1 19 ; P. Eugène, p. 80.

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