Tous ces personnages indiqués dans les Itinéraires
6. De Gingins La S.uira, Dépêches des ambassadeurs milanais sur les campagnes de Charles le Hardi, Cf. la lettre datée ex castris contra Nansi, t. I, p. 203.
LE CONmStABLE de SAINT-PAUL LIVRE A LOUIS XL l^O']
le duc de Bourgogne et l'Empereur ; avec lui était Georges Hessler, le futur cardinal de Liège, qui, comme nous l'avons vu plus haut, avait échappé quelque temps auparavant des mains des Lorrains. Ils s'y rencontrèrent avec un envoyé du roi de France, le seigneur de Sainf-Pierrc'. Charles le Téméraire régala et dé&aya tout ce monde, étalant un grand luxe au milieu des tranchées et des horreurs de la guerre. Sa tente était ornée de toiles brochées d'or et de somptueuses tapisseries ^. Aux festins succédaient les louches négociations, dont le résultat fut l'abandon complet des Lorrains. Le 17 novembre, « in felicibus castris contra Nanceium », la trêve signée devant Neuss entre l'Empereur et la Bourgogne fut changée en paix définitive ^ et Frédéric III passait entièrement sous silence le duc René II. Sous la médiation de l'Empereur, le duc de Bourgogne engageait des négociations avec la Basse-Ligue et la Suisse, qui, à quelque temps de là, devaient conclure une trêve jusqu'au i*' janvier 1476*. Quant à Louis XI, pour satisfaire sa vengeance contre le connétable de Saint-Paul, il consomma l'œuvre d'iniquité. Le 12 novembre, à Savigny-sur-Orge, il dénonça l'alliance entre les Lorrains et les sujets du duc Sigisinond comme contraire à la trêve de Soleuvre. Comme les Nancéiens avec ceux de Ferrette ont tiré sur les gens du duc Charles, et même sur le logis du duc ; comme, ce faisant, ils ont blessé des gentilshommes de son hôtel, il sera loisible au duc de procéder à rencontre d'eux « comme à l'encontre d'infractcurs de trêves 5 ». Charles le Téméraire, en échange, renonçait à tous les biens du connétable de Saint-Paul et de nouveau il promettait de livrer le personnage. Il écrivit à son chancelier Hugonet et au sire d'Imbercourt de le conduire à Péronne aux gens du roi, le 24 novembre, si toutefois Nancy ne s'était pas encore rendue^. Il espérait qu'avant cette date la ville aurait succombé, et qu'il pourrait éviter le crime, en manquant à la parole donnée. Mais, Nancy résistant encore le 24 novembre, Louis de Luxembourg fut livré ce jour-là, et, le 19 décembre, il monta, place de Grève, sur l'échafaud et « piteusement termina ses jours 7 ». Du sort de Nancy avait dépendu, par une singulière fatalité, le sort du connétable de Saint-Paul, qui autrefois avait jouté en cette ville avec tant de fougue; la défense de Nancy entraîna sa mort.
Cependant, à ce moment, Nancy était à bout de force. Les vivres commençaient à y manquer; bientôt on n'y comptait plus que soixante pains et les grains faisaient entièrement défaut. René II, très découragé de l'abandon de Louis XI, s'était, après l'équipée sur les bords du Madon, retiré à Joinville où