‹ Histoire de NancyChapitre 437 sur 642 · Chronique de Lorraine, p. S · texte numérisé non relu

Chronique de Lorraine, p. S

Wigse, le seigneur de Lestang', les frères de Citain, Robert Malhortie, se trouvaient dans cette avant-garde. Elle avait pour guidon un bras armé sortant d'un nuage, tenant une épée nue, avec la devise : Toutes pour une '. I^ bataille, qui était sous les ordres directs de René II, venait ensuite. L'infanterie, comprenant des hallebardiers, des piquiers, des arquebusiers, marchait au milieu; elle renfermait 8,000 hommes ^ Elle était flanquée des deux côtés de 2,000 hommes de cavalerie; à droite était René en personne, entouré de ses deux secrétaires, Jean Lud et Chrétien ; à côté de lui on y remarquait les seigneurs de la Lorraine allemande : Wecker de Bitche, le comte de Salm, Philippe de Linange, puis les Lorrains Thomas de Pfaflenhoflen, futur sénéchal du duché, Jean Wisse, seigneur de Gerbéviller, Gérard de Ligniville, bailli des Vosges ; à gauche commandait Guillaume de Ribaupierre^. Jean Baude était là avec l'étendard de l'Annonciation; et, pour éviter tout conflit de préséance, on réunit au centre tous les étendards « en un flot ^ ». Il y avait les enseignes du duc Sigismond, de l'évéque et de la ville de Bftle, de l'évéque et de la ville de Strasbourg, des cités de Colmar et de Schlestadt, des cantons de Zurich, Berne, Lucerne, Soleure, Schwitz, Uri, Glaris, Zug et Unterwalden. L'arrière-garde était formée par 800 coulevriniers avec leurs canons, qui se trouvaient à peu près à « un jet de boule » derrière la bataille ^. Tandis qu'une centaine 7 d'hommes continuaient leur marche sur la grande route, avant-garde, bataille et arrière-garde tournèrent autour de la forêt de Jarville, du côté ouest, échappant aux regards des Bourguignons, puis franchirent non sans peine le ruisseau qui descend de Houdemont et de Heillecourt ; car il était gonflé par les dernières pluies et la fonte des neiges. Les fantassins eurent leurs souliers pleins d'eau ^. On arriva ainsi à la ferme de la Mal-

I. Vraye déclaration. Il esl question de l'ÉUng dans les comptes du cellérier de Mirecourt, en même temps que des frères de Citaio. A. D., B, 6991. Le cellérier leur ût parvenir des vivres pendant la journée de Nancy. Un seul capitaine cite ici par la Vraye déclaration n'est pas identifié dani» notre texte. Il est nommé Ariole dans l'édition de Dom Calmet, Gériolle dans Tédition LutCLET ne FiiEsrfOT. En réalité, il s*agit du capitaine français Jean de Laudarraic, dit Oriole.

a. Vraye déclaration, dans Lenolet du Fresnot, 111, p. 491*

3. Le texte de la Vraye déclaration est ici tronqué dans Lbnglet du Fresnot. Gomme Pibriuc dc Blarru a suivi dans la Nancéide les indications de la Vraye déclaration, nous pouvons rétablir, à Takie du poème, ce qui manque dans le texte en prose. Or, Pierre de Blarru dit de la bataille :

At ipsam

(Quœ média est) tenuere aciem et fecere tremendam Tôt Senonum turmis, aut octo aut circiter octo Millia tuiic peditum

4. Tous les textes sur le rôle de Guillaume de Ribaupierre ont été réunis par Albrbght, Rappol" steiniches Urkandenbuch, t. V, p. 78. Il ne faut pas confondre les seigneurs de Ribaupierre avec Nicolas de Ribaupierre, châtelain et cellérier de Lunéville de i477 ^ >4Ss, comme Ta fait Lepagk, Commentaires, pp. iia-ii3. Ce sont deux familles tout à fait différentes que Meaumk a voulu rapprocher à tort, Les Seigneurs de Ribaupierre, famille de la chevalerie lorraine, Nancy, 1873.

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