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LES ARMOIRIES DE NANCY

rétablit pour les communautés comme pour les particuliers ; mais il voulut que toutes les armoiries fussent concédées par l'État. Le 9 novembre iSog, le conseil municipal sollicita l'autorisation de reprendre le glorieux chardon, autrefois accordé par les ducs de Lorraine, et qui rappelait la fidélité montrée par la population au souverain; il se remettait pour le choix du chefk l'empereur, dont Nancy était l'une des bonnes villes'. Le i3 juin 181 1, l'empereur répondit à cette demande et donna à la ville comme armoiries : d'argent, au chardon arraché à deux feuilles de sinople, fleuri de pourpre, au chef commun à toutes les bonnes villes de l'Empire, qui est de gueules à trois abeilles en fasce d*or. Les armes de la maison de Lorraine étaient remplacées dans la partie supérieure de l'écu par l'emblème de Napoléon P^

Après la chute de l'Empire, Louis XVIII, par une ordonnance du 26 septembre 181 4*, permit aux villes de reprendre les armoiries qui leur avaient été accordées par les anciens souverains, mais les obligea à les faire vérifier par la commission du sceau et à payer les droits de délivrance pour le nouveau titre ^ La ville de Nancy, qui boudait la Restauration et qui ne se souciait pas de payer des droits, fit longtemps la sourde oreille; en 1826 seulement, comme on exécutait à Bcauvais une tapisserie pour la salle du Trône où devaient figurer les armes des villes, le conseil municipal, prévenu, résolut de se mettre en règle avec la loi et sollicita l'octroi de ses vieilles armoiries*. Que fit-on à Paris? On consulta V Armoriai général de France, et on envoya à Nancy, comme armoiries, les deux canons en sautoir! A Nancy où, pour la première fois, on apprit cette fantaisie héraldique, on protesta, et le gouvernement céda de bonne grâce, demandant à la municipalité une reproduction de l'ancien écu. Mais alors, chose extraordinaire, la municipalité se trompa. Elle se souvenait vaguement que le chardon héraldique avait été surmonté des armes de Lorraine; elle ajouta donc au chardon une bande de gueules, chargée des trois alérions d'argent î; au lieu des armes pleines de Lorraine, elle présenta les armes primitives, et tel devint alors Técu officiel de la cité. Quelques archéologues seuls s^aperçurent de l'erreur, et Jean Cayon la signala en i846 dans son Histoire de Nancy ^.

Dix années plus tard, en i856, un homme qui a aimé Nancy d'une affec^

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