LioifKOis, t. II, p. iio
6. P. HussoN, Éloge de Gcdlot, p. 11. Durival, Description de la Lorraine, t. I, p. 20g.
7. LioifNOis, t. I, p. 110. Le sens des lettres P. U. P. P. nous échappe.
6l/| HISTOIHE DE NANCY.
Demère le cloître, et perpendiculairement à lui, Ton éleva un corps de bâtiments, où fut installée, en i83i, l'école normale de la Meurthe et où la ville loge aujourd'hui les professeurs de l'École supérieure de garçons. Plus loin s'étendaient jusqu'aux remparts les jardins des religieux '. Mais Léopold enleva aux Cordeliers ces jardins où il construisit son opéra qui eut une courte durée. Cet opéra devint sous Stanislas d'abord une salle de comédie, puis définitivement une caserne, sous le nom de Quartier-Neuf. Démoli en 1818, le Quartier-Neuf a été rétabli sur des plans nouveaux en 1874, pour recevoir la Gendarmerie, après l'incendie du Palais ducal.
Dans le cloître des Cordeliers se trouvaient jadis divers monuments funéraires: ceux des Guilbert, seigneurs de Saint-Remi-aux-Bois, celui du peintre Claude Henriet, né à Châlons-sur-Mame et père d'Israël Henriet, et celui plus important de Callot, sur lequel nous aurons à revenir'. On montrait aussi jadis au réfectoire des Cordeliers une peinture à fresque dont on a beaucoup parlé. Léonard de Vinci avait couvert le mur du réfectoire de Sainte-Mariedes-Grâces, à Milan, d'une de ses compositions les plus admirables. Il a reproduit la Cène, au moment précis où Notre Seigneur dit : « En vérité, l'un de vous me livrera. » La fresque ancienne disparaît malheureusement de nos jours, par suite de l'action du temps et de l'humidité. Dès le xvi* siècle cette œuvre était célèbre entre toutes, et le duc Antoine chargea un artiste lorrain, Hugues de la Faye, de la reproduire aux Cordeliers. Hugues mourut avant d'avoir terminé sa tâche qui fut menée à bonne fin par Médard Chuppin^. Ce qui donnait de l'intérêt à cette fresque des Cordeliers, c'était que les deux artistes avaient peint, aux deux coins, à genoux, le duc Antoine et sa femme, Renée de Bourbon. La fresque, que parfois on a voulu attribuera Léonard lui-même*, a subsisté jusqu'en 1881 5; comme elle était de plus en plus abîmée, on a résolu de l'effacer entièrement. Mais on eut soin d'en prendre des copies; Tune, aux 2/3, a été faite par M. Coumault et se trouve au Musée loiTain, nous en donnons une reproduction. M. Dupays, de son côté, a peint, aux frais du Musée historique, à la grandeur de l'original, les portraits d'Antoine et de Renée de Bourbon^'.
Les constructions du couvent des Cordeliers ont pu traverser la Révolution sans être vendues comme bien national. Sous le premier Empire, elles sont devenues la pro[)riété de la ville qui en possède encore la plus grande partie.
Le couvent des Cordeliers était, sous l'ancien Régime, un des plus importants de Nancy. Au début du xvn* siècle, il comptait jusqu'à 4o et 5o religieux.
I. Voir le plan de La Kuellk de 1611, le plan du palais ducal de Deruet. a. LiONNois, t. I, pp. i36-i37.
3. Af. Lepauë a retrouve, dans les comptes des receveurs, les noms de ces deux artistes. La galerie des Cerfs, dans les M. S. A, L., t. I, p. 107.