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LA CHAPELLE DUCALE. G

Après avoir décrit l'église des Cordeliers, nous entrons immédiatement dans l'édilicc voisin qui a été construit à côté d'elle au xvn* siècle et qui la complète en quelque manière. A gauche du chœur, un portique fait de deux colonnes imitant le marbre ' donne accès à la chapelle appelée assez improprement la Chapelle Ronde. Au-dessus du portique une pompeuse inscription nous explique qu'ici sont enterrés les princes de la maison de Lorraine :

Siste rnirans, Vialor,

Quoi Lotharingiœ duces hic sepuUi

Tôt heroes ;

Quoi ducissœ Tôt mulieres fortes ;

Quoi eorum liberi

Tôt principes imperio nati,

Cœlo digniores.

« Arrête-toi ici, passant, et admire ; autant de ducs de Lorraine enterrés ici, autant de héros; autant de duchesses, autant de femmes courageuses; autant de leurs enfants, autant de princes nés pour l'empire, plus dignes du Ciel. »

Cette chapelle ducale fut commencée par Charles 111, en 1607*; et le modèle en fut cherché dans une construction analogue qui s'élevait à ce moment même à Florence. Là, à côté de l'église Saint-Laurent, les Médicis dressèrent au début du xvn* siècle, et d'après les plans de Matteo Nigetti et du prieur don Giovanni de Medici, la capella dei Principi, décorée avec une richesse inouTe; les marbres les plus précieux ont servi aux sarcophages et aux pilastres; dans des niches se dressent les statues des ducs de la famille de Médicis. Jean-Baptiste Stabili, un Italien occupé alors à la construction des remparts de la Ville-Neuve de Nancy, et Jean Richier conçurent la chapelle lorraine analogue à celle des Médicis 5 ; elle aussi devait former un octogone dont les sept pans coupés seraient occupés par des sarcophages et des statues. Mais les ducs de Lorraine n'étaient pas aussi riches que les ducs de Toscane. Il fallut renoncer aux statues et aux décorations trop chères. On fit un devis plus modeste, et l'entrepreneur Nicolas Marchalconmiença la cons-

1. Avaot la llévolulioii, ces colonnes étaient en marbre même.

2. Abbé Guillaume, (Cordeliers et chapelle ducale de Nancy, p. 6<j.

3.' Voir le plan au Musée lorrain. (Wiener, Catalogue, p. i35, u® 6a4*)

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tniction du nouvel édifice' . Mais à peine les fondations en furent-elles posées que le duc mourut ; Marchai et Stabili le suivirent de près dans la tombe '. Néanmoins Tœuvre fut poursuivie par Henri II, fils de Charles III. Dès 1611, le caveau ducal était prêt et quelques-uns des princes et princesses qui reposaient dans Téglise des Cordeliers furent transférés en ce caveau. On y porta tout d'abord quatre corps qui, les premiers, reposèrent sous ces voAtes : ceux du duc Antoine et de sa femme Renée de Bourbon, ceux de Fiançois 1^ et de sa femme Christine de Danemark'. Quelque temps après, on y plaça les corps de Charles 111, le premier fondateur de la chapelle, de sa femme Claude de France et de deux de leurs enfants ^. On laissa seulement sous les dalles de l'église des Cordeliers le corps de René II pour req»ecter les dispositions formelles de son testaments Au-dessus du caveau s'éknra la chapelle ; mais les travaux, ce semble, marchèrent avec assez de lenteur. Longtemps le monument ne fut abrité contre les intempéries que par une couverture provisoire. En i632 seulement, Siméon Drouin acheva le dôme qui couronne l'édifice, page de sculpture admirable, la principale œuvre qui nous reste de cet artiste, digne émule de son homonyme Florent^.

La chapelle a la forme d'un octogone. Elle se compose de trois étages. En bas, au-dessus d'un revêtement de marbre, des colonnes composites accouplées marquent la séparation des différents pans. Les fûts sont en marbre noir, couleur en harmonie avec la destination de l'édifice ; les bases et les chapiteaux seuls en marbre blanc. Entre les colonnes accouplées est debout un génie taillé dans de la pierre de Sorcy. Chacun porte une pièce de l'ancienne armure des chevaliers. Entre les groupes de colonnes sont posés sur des socles sept cénotaphes, également en marbre noir, surmontés d'un coussin en marbre doré, sur lequel sont placés la couronne royale et les autres in-

I. Voir les extraits des comptes dans Guillaume, Cordeliers et chapelle ducale de Namoff, p. 70.

a. Marchai mourut en juin 161 1 et Jean-Baptiste Stabili en i6i3. Voir LéoN Mouamor, chee sur le véritable auteur du plan des fortifications de la Ville'Neuue de Nancy , p. 45. M. S. A. L., 1860.

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