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DÉCADENCE DU PRIEURÉ NOTRE-DAME

Cependant, au xrv' siècle, commence le déclin du prieuré Notre-Dame. D'autres ordres monastiques s'étaient formés et avaient créé des maisons à Nancy ; celles-ci attiraient désormais les dons des fidèles. Puis le prieuré était habité par quelques moines seulement, et aucun n'a laissé de nom à la postérité par ces travaux littéraires qui ont fait ailleurs la gloire de l'ordre de SaintrBenoît. Ces religieux étaient pour la plupart étrangers à la contrée, envoyés par l'abbé de Molesme. L'on se plaignit de leur influence prépondérante à Nancy, et l'on chercha à la diminuer. Dès 1822, le pape tenta de nommer directement à la cure de Nancy, sans s'inquiéter des droits du prieuré Notre-Dame'. Enfln, le i6 mai i343, par une bulle du pape Clément VI, l'autel paroissial fut enlevé au prieuré ; la paroisse de Nancy fut unie perpétuellement à la collégiale Saint-Georges, nouvellement créée ; à celle-ci de la faire desservir désormais par un vicaire perpétuel*. Le prieuré Notre-Dame ne garda que les droits utiles : les deux tiers des dîmes sur les trois territoires de Nancy, Saint-Dizier et Laxou ; les deux tiers des oflrandes et des revenus de l'autel pour les églises paroissiales de Nancy et de Laxou 5. A la fin du XIV* siècle, le prieuré fut englobé dans la ville dont l'enceinte avait été élargie, et ce fait n'arrêta point sa décadence. La vie commune cessa dans le couvent : à peine si deux ou trois moines continuaient d'y vivre, pour garder les bâtiments. Bientôt les relations du prieuré avec Molesme furent interrompues : vers le milieu du xv* siècle, la maison fut mise en commende, et, au xvi* siècle, des princes de TÉglise, nommés par les ducs de Lorraine S jouirent de ses revenus. Ainsi, vers i52i, la maison fut possédée par Théodore de Saint-Cliamond, abbé de Saint-Antoine-en-Viennois, qui était venu à Metz combattre les progrès de Thérésie^ Le 5 janvier i528, elle fut livrée à Jean de Lorraine, fils de René II, évêque de Metz et de beaucoup d'autres diocèses, cardinal du titre de Saint-Onufre*^, et, après lui, à son neveu, Nicolas de Lorraine, fils du duc Antoine, évêque de Metz, le futur duc de Mercœur7. Ces hauts personnages sous-inféodaient en quelque sorte le prieuré à des clercs de rang secondaire, ainsi à Sébastien Prévôt, curé de Neufchftteau^, à Claude Hordal', etc. Le prieuré de Notre-Dame entrait ainsi peu à peu dans la famille de Lorraine. Or, en l'année 1662, au moment

I. Documenté, n9* 37 et 38. A celle occasion pourtant, rarchidiacre de Toul proclama de nouveau les droits du prieuré Notre-Dame sur la cure de Nancy. Il écarta le candidat du pape, Thierry de Minonrille, et proclama élu Henri de Laitre-sous-Amance, présenté par le prieur.

s. Nous reviendrons sur ces faits à propos de la collégiale Saint-Georges.

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