‹ Histoire de NancyChapitre 86 sur 642 · POSSESSIONS DE LA COMMANDERIE. 9I · texte numérisé non relu

POSSESSIONS DE LA COMMANDERIE. 9I

route qui de Nancy mène à Laxou. Il y avait là, soit en bloc autour de la Commanderie, soit englobés en d'autres parcelles, i jour de chenevière, 127 jours de terres labourables, 69 fauchées de prés, dont quelques-uns, ceux qui étaient éloignés de Tétang, étaient d'excellente qualité. Plus tard, s'ajoutèrent à ces biens 6 jours d'excellente vigne bien exposée au soleil sur la côte dite « Côte des Chanoines*». C'était là un corps de biens considérable qui fut, dans les temps modernes, affermé à une ou plusieurs personnes. Près de la chapelle s'élevaient les bâtiments d'exploitation. Naturellement ces bâtiments ont été souvent détruits, puis reconstruits au cours des âges, lis subirent notamment de graves dégâts en i633, lors du siège de Nancy par Louis XIII. Mais ils furent reconstruits à grands frais par le commandeur Charles Saladin d'Anglure et il n'est pas impossible de retracer l'aspect qu'ils présentaient aux xvn* et xvm* siècles. Sur une cour spacieuse, donnait, au sud-est, la petite chapelle, puis, des autres côtés, toute une série de bâtiments variés : maison du fermier, écuries, vacheries, bougerie où se trouvait le pressoir, granges vastes et spacieuses. Au-devant de la cour, du côté sudouest, était un vaste colombier carré que représentent les gravures d'Israël Silvestre et de Dominique Collin fils*. Dans ce colombier, près de 600 ramiers avaient leurs nids. Il était placé à peu près à l'endroit où s'ouvre de nos jours la rue Saint-Lambert. En face, de l'autre côté de la rue de Laxou, se trouvait une pittoresque fontaine avec une auge où venaient boire les chevaux 5. Ajoutons qu'au-devant de la chapelle s'étendait une belle allée de tilleuls qui était chère aux Nancéiens. Tous ces biens devinrent sous la Révolution biens nationaux. Ils furent adjugés en bloc, le 8 vendémiaire an III, pour une somme de 226,000 livres à Joseph Lionnet, marchand de vin à Nancy, et Nicolas Leclerc, jardinier, ce dernier agissant pour le compte de Josephlierre Litaise^.

Le moulin cédé par Mathieu I**^ aux chevaliers de l'Hôpital était situé à l'es! de la commanderie, par suite plus rapproché de Nancy. Il était mis en mouvement par les eaux sortant de l'étang Saint-Jean : on l'appelait le moulin Saint-Jean 5 et on le distinguait du moulin de l'Étanche^qui était la propriété des moines de Clairlieu. Il subsista jusqu'à la fin du xvi* siècle ; on le démolit, quand on construisit les fortifications de la Ville-Neuve et sur l'emplacement d moulin se dressa le bastion Saint-Thiébaut, au travers duquel s'écoulait, par un conduit souterrain, le trop-plein de l'étang. Les commandeurs réclamèrent longtemps une indemnité ; ils revenaient encore à la charge

Page 1