INTRODUCTION
ous rejetons avec dédain renseignement du passé. Il semble que notre jeune expérience ne puisse rien apprendre on lisant l'histoire de nos aïeux; et cependant les questions qui s'agitent sont toujours les mêmes et n'ont changé que de forme. Les Pères de réglise ont discuté toute la morale : leurs écrits renferment des dogmes éprouvés que vérifie la science physiologique , et contre lesquels se briseront les ardeurs réformatrices de nos romanciers. — Lorsque Abeilard et son maître disputaient sur les universaux , Abeilard était spiritualiste , et son maître panthéiste. Gomme protestation contre Tart grec , le moyen-âge a laissé dans cette ville , ses maisons et ses sculptures en bois , ses dentelles de pierre , la façade
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intérieure du châleau, la psaiiette, la maison des sœurs de Saint- Vincent-de-Paule , le tombeau des Carmes et la cathédrale de Saint-Pierre.
Les costumes depuis le X.* jusqu'au XVII. « siècle, semblent avoir été constamment étudiés par des artistes de talent : alors le cérémonial des réunions publiques était réglé d'avance avec le plus grand soin , de manière à mettre d'accord les opinions du temps et les exigences du bon goût.
Les élections du clergé par le peuple , l'élection directe des maires , des échevins, des membres de la chambre et du tribunal de commerce, ont été faites sans conteste pendant des siècles avant que Ton se fût occupé de prouver dans les assemblées législatives du pays , qu'il vaut mieux que les intérêts privés d'une ville soient confiés de loin par le pouvoir à des élus , qu'il ne connaît souvent pas , et qui n'ont parfois d'autres titres que leur plus grande habileté dans l'intrigue.
Le passé nous donne encore sur le paupérisme , sur la question des salaires , sur le maximum , sur les maîtrises et la concurrence , des renseignements précieux qui servent à résoudre les plus graves problèmes de notre époque.
Lorsque en 1831 j'écrivais V Histoire des Progrès de Nantes, ces dernières questions étaient palpitantes, et mon livre s'en ressentit ; forcé par l'éditeur de resserrer mon étude en 360 pages grand in-18, je m'occupai presque exclusivement de la vie politique et commerciale de nos pères, laissant le reste dans l'ombre. Plus libre cette fois , j'essaie de compléter mon œuvre , en ajoutant aux faits que j'avais recueillis une foule de détails sur la vie intime, les coutumes, les costumes , les œuvres d'art et les mœurs de chaque siècle , détails que quatre années d'études m'ont permis de réunir. Un habile artiste , M. Hawke , m'est venu en aide , et sa pointe d'acier , si facile et si fidèle , a reproduit sur le cuivre tout ce que notre ville possède de curieux. Grâce à lui, de nombreuses gravures enrichiront un texte parfois trop aride , et délasseront le lecteur par un enseignement d'une autre forme.
Cet ouvrage, on le voit suffisamment par ce qui précède, n'est point une spéculation : le dessinateur et les éditeurs qui me prêtent leur concours , ont compris comme moi qu'une grande cité ne doit point marcher vers l'avenir si peu connu qui nous est réservé , saps avoir recueilli tous les restes des civilisations passées , comme