‹ Histoire de NapoleonChapitre 33 sur 33 · ÉTAT (B · texte numérisé non relu

ÉTAT (B

Inventaire des effets que fai laissés chez M. le comte de

Turenne .

4 sabre de Sobieski. ( C’est par erreur qu’il est porté sur l’état A ; c’est le sabre que l’empereur portait à Aboukir qui est entre les mains de M. le comte Bertrand. )

4 grand collier de la Légion d’honneur.

4 épée en vermeil.

4 glaiye de consul.

4 épée en fer.

4 ceinturon de velours.

4 collier de la Toison d’or.

4 petit nécessaire en acier.

4 veilleuse en argent.

4 poignée de sabre antique.

4 chapeau à la Henri IV et une toque , les dentelles de l’empereur.

4 petit médaillier.

TESTAMENT DE NAPOLÉON. 309

2 tapis turcs.

2 manteaux de velours cramoisi brodés , avec vestes et culottes.

1° Je donne à mon fils le sabre de Sobieski.

Idem f le collier de la Légion d’honneur.

Idem y l’épée en vermeil.

Idem , le glaive de consul .

Idem y l'épée en fer.

Idem , le collier de la Toison d’or. • • .

Idem , le chapeau à la Henri IV et la toque.

Idem, le nécessaire d’or pour les dents, resté chez le dentiste.

2° A l’impératrice Marie-Louise , mes dentelles.

A Madame , la veilleuse en argent.

Au cardinal, le petit nécessaire en acier.

Au prince Eugène , le bougeoir en vermeil.

A la princesse Pauline , le petite médaillier.

A la reine de Naples, un petit tapis turc.

A la reine Ilorlense , un petit tapis turc.

Au prince Jérôme , la poignée de sabre antique.

Au prince Joseph , un manteau brodé , veste et culotte. Au prince Lucien , un manteau brodé , veste et culotte.

Ce 24 avril 1821 , Longwood.

Ceci est mon codicille , ou acte de ma dernière volonté .

Sur les fonds remis en or à l’impératrice Marie-Louise, ma très-chère et bien-aimée épouse , à Orléans, en 4814 , elle reste me devoir deux millions, dont je dispose par

TESTAMENT DE NAPOLÉON

le présent codicille , afin de récompenser mes plus fidèles serviteurs, que je recommande du reste à la protection de ma chère Marie-Louise.

1° Je recommande à l'impératrice de faire restituer au comte Bertrand les trente mille francs de rente qu'il

possède dans le duché de Parme, et sur le mont Napoléon de Milan, ainsi que les arrérages échus.

. 2° Je lui fais la même recommandation pour le duc d’Istrie , la fille de Duroc , et autres de mes serviteurs qui me sont restés fidèles et qui me sont toujours chers ; elle Jes connaît.

3° Je lègue, sur les deux millions ci-dessus mentionnés, trois cent mille francs au comte Bertrand , sur lesquels il versera cent mille francs dans la caisse du trésorier , pour être employés , selon mes dispositions , à des legs de conscience.

4° Je lègue deux cent mille francs au comte Montholon, sur lesquels il versera cent raille francs dans la caisse du trésorier , pour le même usage que ci-dessus.

5° Idem , deux cent mille francs au comte Las-Cases , sur lesquels il versera éent mille francs dans la caisse du trésorier , pour le même usage que ci-dessus.

6° Idem , à Marchand , cent mille francs , sur lesquels il versera. cinquante mille francs dans la caisse, pour le même usage que ci-dessus.

7° Au maire d'Ajaccio , au commencemnt de la révolution , Jean-Jérôme Lévi , ou à sa veuve , enfants ou petitsenfants , cent mille francs.

’ 8° A la fille de Duroc , cent mille francs.

9° Au fils de Bessières, duc d’Istrie, cent mille francs.

TESTAMENT DE NAPOLÉON

10° au général Drouot, cent mille francs.

11° Au comte Lavallette , cent mille francs.

12° Idem , cent mille francs; savoir :

Vingt-cinq mille francs à Piéron , mon maître Thotel ; Vingt-cinq mille francs à Noverraz, mon chasseur; Vingt-cinq mille francs à Saint-Denis , le garde de mes livres ;

Vingt-cinq mille francs à Santini , mon ancien huissier.

13° Idem , cent mille francs ; savoir :

Quarante mille francs à Planat, mon officier d’ordonnance ; Vingt mille francs à Hébert , dernièrement concierge à Rambouillet , et qui était de ma chambre en Égypte ; Vingt mille francs à Lavigné, qui était dernièrement concierge d’une de mes écuries , et qui était mon piqueur en Égypte ;

Vingt mille francs à Jeannet-Dervieux , qui était piqueur des écuries, et me servait en Égypte.

44° Deux cent mille francs seront distribués en aumône aux habitants de Brienne-le-Château qui ont le plus souffert.

Les trois cent mille francs restant seront distribués aux officiers et soldats du bataillon de ma garde de l’île d’Elbe, actuellement vivants , ou à leurs veuves ou enfants , au prorata des appointements , et selon l’état qui sera arrêté par mes exécuteurs testamentaires, les amputés ou blessés grièvement auront le double. L’état en sera arrêté par Larrey et Emmery.

Ce codicille est écrit tout de ma propre main , signé et scellé de mes armes.

Napoléon.

TESTAMENT DE NAPOLÉON

8° A mon aide de campCaffarelli, cinquante mille francs.

9° À mon aide de camp Dejean , cinquante mille francs.

40° A Percy , chirurgien en chef à Waterloo , cinquante mille francs.

11° Cinquante mille francs; savoir :

Dix mille francs à Piéron , mon maître d’hôtel ;

Dix mille francs à Saint-Denis, mon premier chasseur ; Dix mille francs à Noverraz ;

Dix mille francs à Cursot , mon maître d’office ;

Dix mille francs à Archambaud , mon piqueur.

12° Au baron Menneval , cinquante mille francs.

13° Au duc d’Istrie , fils de Bessières, cinquante mille francs.

14° A la fille de Duroc, cinquante mille francs.

45° Aux enfants de Labédoyère, cinquante mille francs.

46° Aux enfants de Mouton-Duvernet , cinquante mille francs.

47° Aux enfants du brave et vertueux général Travot, cinquante mille francs.

48° Aux enfants de Chartrand, cinquante mille francs.

49° Au général Cambronne , cinquante mille francs.

20° Au général Lefèvre-Desnouettes , cinquante mille francs.

24° Pour être répartis entre les proscrits qui errent en pays étrangers, Français, ou Italiens, ou Belges, ou Hollandais, ou Espagnols, ou des départements duRhin, sur ordonnancesde mes exécuteurs testamentaires, cent mille francs.

22° Pour être répartis entre les amputés ou blessés grièvement de Ligny , Waterloo , encore vivants , sur des états dressés par mes exécuteurs testamentaires, aux-

5U TESTAMENT UE NAPOLÉON

quels seront adjoints Cambronue , Larrey, Pcrcy et Emmery , il sera donné double à la garde , quadruple à ceux de Tîle d’Elbe , deux cent raille francs.

Ce codicille est écrit entièrement de ma propre main , signé et scellé de mes armes.

Napoléon.

Ce 24 avril 1821, Longwood.

Ceci est un troisième codicille à mon testament du 15 avril.

1° Parmi les diamants de la couronne qui furent remis en 1814, il s’en trouvait pour cinq à six cent mille francs qui n’en étaient pas , et faisaient partie de mon avoir particulier; on les fera rentrer pour acquitter mes legs.

L 2° J’avais chez le banquier Torlonia de Rome deux à trois cent mille francs en lettres de change , produits de mes revenus de l’île d’Elbe, depuis 1815: le sieur de la Perruse , quoiqu’il ne fût plus mon trésorier , et n’eût pas de caractère, a tiré à lui cette somme ; on la lui fera restituer.

5° Je lègue au duc d’Istrie trois cent mille francs dont seulement cent mille francs réversibles à la veuve , si le duc était mort lors de l’exécution du legs. Je désire, si cela n’a aucun inconvénient ' que le duc épouse la fille de Duroc.

4° Je lègue à la duchesse de Frioul , fille de Duroc , deux cent mille francs; si elle était morte avant l’exécution du legs, il ne sera rien donné à la mère.

5° Je lègue au général Rigaud , celui qui a été proscrit , cent mille francs.

TESTAMENT DE NAPOLÉON

6° Je lègue à Boisnod , commissaire ordonnateur , cent mille francs.

7° Je lègue aux enfants du général Letort, tué dans la campagne de 1815, cent mille francs.

8° Ces huit cent mille francs de legs seront comme s’ils étaient portés à la suite de l’article 56 de mon testament, ce qui porterait à six millions quatre cent mille francs la somme des legs dont je dispose par mon testament, sans comprendre les donations faites par mon second codicille.

Ceci est écrit de ma propre main , signé et scellé de mes armes.

Napoléon.

[Sceau.)

Au dos :

Ceci est mon troisième codicille à mon testament, tout entier de ma main , signé et scellé de mes armes.

Sera ouvert le même jour et immédiatement après l’ouverture de mon testament.

Ce 24 avril 1821 , Longwood.

Ceci esl un quatrième codicille à mon testament .

Par les dispositions que nous avons faites précédemment, nous n’avons pas rempli toutes nos obligations, ce qui nous a décidé à faire ce quatrième codicille.

1° Nous léguons au fils , ou petit-fils du baron Dutheil , lieutenant général d’artillerie , ancien seigneur de Saint-

TESTAMENT DE NAPOLÉON

André , qui a commandé l’école d’Auxonne avant la révolution , la somme de 100,000 (cent mille francs) , comme souvenir de reconnaissance pour les soins que ce brave général a pris de nous , lorsque nous étions comme lieutenant et capitaine sous ses ordres.

2° Idem , au fils, ou petit-fils du général Dugommier, qui a commandé en chef l’armée de Toulon , la somme de cent mille francs (100,000) ; nous avons , sous ses ordres , dirigé ce siège , et commandé l’artillerie ; c’est un témoignage de souvenir pour les marques d’estime , d’affection et d’amitié que nous a données ce brave et intrépide général.

5° Idem . Nous léguons cent mille francs (100,000) au fils ou petit-fils du député à la convention, Gasparin, représentant du peuple à l’armée de Toulon , pour avoir protégé et sanctionné de son autorité le plan que nous avons donné , qui a valu la prise de cette ville , et qui était contraire à celui envoyé par le comité de salut public. Gasparin nous amis, par sa protection, à l’abri des persécutions de l’ignorance des états-majors qui commandaient l’armée avant l’arrivée de mon ami Dugommier.

4° Idem . Nous léguons cent mille francs (100,000) à la veuve , fils ou petit-fils de notre aide de camp Muiron , tué à nos côtés à Arcole , nous couvrant de son corps.

5° Idem , (10,000) dix mille francs au sous-otficier Cantillon , qui a essuyé un procès comme prévenu d’avoir voulu assassiner lord Wellington , ce dont il a été déclaré innocent. Cantillon avait autant de droit d’assassiner cet oligarque, que celui-ci de m’envoyer pour périr sur le rocher de Sainte-Hélène. Wellington , qui a proposé cet attentat , cherchait à le justifier sur l’intérêt de la Grande-

TESTAMENT DE NAPOLÉON

Bretagne , Cantillon , si vraiment il eût assassiné le lord , se serait couvert , et aurait été justifié par les mêmes motifs , l’intérêt de la France , de se défaire d’un général qui, d’ailleurs, avait violé la capitulation de Paris, et par là s'était rendu responsable du sang des martyrs Ney, Labédoyère, etc. , et du crime d’avoir dépouillé les musées, contre le texte des traités. ¥

6° Ces 400,000 fr. (quatre cent mille fr.) seront ajoutés aux six millions quatre cent mille francs dont nous avons disposé, et porteront nos legs à six millions huit cent dix mille francs; ces quatre cent dix mille francs doivent être considérés comme faisant partie de notre testament , art. 35 , et suivre en tout le même sort que les autres legs.

7° Les neuf mille livres sterling que nous avons données au comte et à la comtesse Montholon , doivent, si elles ont été soldées , être déduites et portées en compte sur les legs que nous leur faisons par nos testaments; si elles n’ont pas été acquittées, nos billets seront annulés.

8° Moyennant le legs fait par notre testament au comte Montholon , la pension de vingt mille francs accordée à sa femme est annulée; le comte Montholon est chargé de la lui payer.

9° L’administration d’une pareille succession, jusqu’à son entière liquidation , exigeant des frais de bureau , de courses , de missions , de consultations , de plaidoiries , nous entendons que nos exécuteurs testamentaires retiendront trois pour cent sur tous les legs, soit sur les six millions huit cent mille francs , soit sur les sommes portées dans les codicilles, soit sur les deux cents millions de francs du domaine privé.

TESTAMENT DE NAPOLÉON

10° Les sommes provenant de ces retenues seront déposées dans les mains d’un trésorier , et dépensées sur mandat de nos exécuteurs testamentaires.

11° Si les sommes provenant desdites retenues n’étaient pas suffisantes pour pourvoir aux frais , il y sera pourvu aux dépens des trois exécuteurs testamentaires et du trésorier , chacun dans la proportion du legs que nous leur avons fait par notre testament et codicille.

12° Si les sommes provenant des susdites retenues sont au-dessus des besoins , le restant sera partagé entre nos trois exécuteurs testamentaires et le trésorier, dans le rapport de leurs legs respectifs.

15° Nous nommons le comte Las-Casês, et à son défaut, son (ils, et à son défaut, le général Drouot, trésorier.

Ce présent codicille est entièrement écrit de notre main, signé et scellé de nos armes.

Napoléon.

Première lettre. — A M. Laffitte.

Monsieur Laffitte , je vous ai remis en 1815 , au moment de mon départ de Paris, une somme de près de six millions, dont vous m’avez donné un double reçu ; j’ai annulé un des reçus , et je charge le comte Montholon de vous présenter l’autre reçu, pour que vous ayez à lui remettre , après ma mort , ladite somme , avec les intérêts à raison de cinq pour cent, à dater du 1 er juillet 1815, en défalquant les payements dont vous avez été chargé en vertu d’ordres de moi.

TESTAMENT 1>E NAPOLEON

3ia

Je désire que la liquidation de votre compte soit arrêtée d’accord entre vous, le comte Montholon , le comte Bertrand , et le sieur Marchand , et , cette liquidation réglée , je vous donne , par la présente , décharge entière et absolue de la dite somme.

Je vous ai également remis une boîte contenant mon médaillier; je vous prie de le remettre au comte Montholon.

Cette lettre n’étant à autre fin , je prie Dieu , monsieur

Laffitte , qu’il vous ait en sa sainte et digne garde.

Napoléon.

Longwood, île Sainte-Hélène, 25 avril.

Seconde lettre. — AM. le baron Labouiïlerie.

Longwood, île Sainte- Hélène, ce 25 avril 1821.

Monsieur le baron Labouiïlerie, trésorier de mon domaine privé , je vous prie d’en remettre le compte et le montant, après ma mort, au comte Montholon, que j’ai chargé de l’exécution de mon testament.

Cette lettre n’étant à autre fin, je prie Dieu, monsieur le baron Labouiïlerie , qu’il vous ait en sa sainte et digne garde.

Napoléon.

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