II
Français (levaient encore délniire deux autres arme'es autrichiennes , et remporter de nouvelles victoires , avant que ce boulevard de ritalie fût en leur pouvoir.
Le conseil aulique ne se découragea pas par les revers de Beaulieu et de Wurmser ; il avait d'ailleurs éprouvé quelques compensations en Allemagne. Il sentit donc le besoin de faire de nouveaux efforts pour rétablir les affaires d'Italie. Deux armées furent rassemblées dans le mois d'octobre ; l'une occupa le Tyrol , l'autre le Frioul ; on les plaça sous les ordres du maréchal Alvinzi : ses instructions portaient de marcher pour sauver Mantoue.
L'armée française avait aussi reçu douze bataillons de renfort ; le moral des soldats était excellent: ils étaient pleins de confiance dans leur chef; l'artillerie était nombreuse et la cavalerie bien montée. Depuis quelques mois, l'opinion était bien changée en Italie: les peuples s'étaient associés à nos succès; leur liberté, leur indépendance s'y trouvaient attachées , et aucune considération politique ou religieuse ne pouvait plus les empêcher de faire cause commune avec la républi([ue française.
A la fin d'octobre, le maréchal Alvinzi perla son quarlier-géne'ral à Conegliano , derrière la Piave. Masséna, placé à Bassano, l'observait. D'un antre côté , Davidowich avait réuni dix-huit mille hommes dans le Tyrol, que Vaubois devait contenir de Trenle. Le grand quartier-général de Napoléon se trouvait à Vérone. Le projet d'Alvinzi était d'opérer dans Vérone même sa jonction avec Davidowich , et de là marcher sur Mantoue. Alvinzi ayant commencé son mouvement sur la Brenta avec quarante mille hommes, Masséna dut se retirer sur Vicence ; Napoléon l'y rejoignit avec la division Augereau et la réserve.
cnovembr;. Lc 6 novcmbrc à la pointe du jour, Napoléon marcha pour livrer bataille à Alvinzi. Masséna attaqua l'avant - garde , et , après un combat de plusieurs heures, il la rejela sur la rive gauche de la Brenta , lui tua beaucoup de monde , et lui fit des prisonniers. Napoléon, à la tête de la division Augereau, rejela sur Bassano tout ce qui lui était opposé ; mais il fallait passer le pont ce même jour , et s'emparer de la ville. On éprouva un retard de deux heures pour enlever un village; et lorsque enfin les troupes
Bataille de la Brenla
( ii5 ) françaises arrivèrent au pont, la nuit était close, il fallut remetlre au lendemain à en forcer le passage.
A deux heures du malin , Napoléon reçut des nouvelles de la division Vaubois : elle avait été repoussée et débordée ; sa position était critique, et pouvait en outre compromettre toute l'armée. Il n'y avait pas à hésiter: Napoléon dut aussitôt abandonner son projet de rejeter Alvinzi au-delà de la Piave, pour courir sur Vérone , si vivement menacée. Il ordonna aussitôt de réunir tous les corps qu'on trouverait sur les positions de laCorona et de Rivoli. L'armée rétrograda, au grand étonnement des habitans, qui venaient d'être témoins de ses succès; Alvinzi se retirait aussi de son côté ; mais, dès qu'il fut instruit de la retraite des Français , il revint svir la Brenta. Napoléon arriva sur le plateau de Rivoli, et maltraita les troupes de Vaubois , qui demandèrent à aller à l'avant -garde.
Le maréchal Alvinzi , battu sur la Brenta, se trouvait cependant maître de tout le Tyrol , et de tout le pays entre la Brenta et l'Adige. I! ne lui restait plus qu'à passer l'Adige pour faire sa jonction avec Da-
( l'G ) vidfnvûli : ruais l'armëe française s'était concentrée à Vérone ; et ce passage devenait bien difficile à opérer. Les Autrichiens s'étaient mis en position, leur gauche aux marais d'Arcole, et leur droite au mont Oiivetto ; leur général semblait disposé à y recevoir la bataille.
Le 1 1 novembre , l'armée française passa
les ponts de Vérone, et culbuta Favant-
garde ennemie La nuit, on prit position au
pied de Caldic^ro. Alvinzi s'était couvert par
iinovembre. dcs rcdoutcs fomiidablcs ; sa gauche était
Baïaîiie incxpuguablc , mais sa droite parut mal
fleCaldiero. ^ J^ r . .. ' tv/t ' i
appuyée. Lue tut attaquée par Massena ; le feu s'engagea sur toute la ligne et se soutint toute la journée malgré la pluie qui tombait par torrens. L'artillerie française ne pouvait faire aucun mouvement, tant les terres étaient trempées. Celte balaille n'eut aucun résultat: les deux armées bivouaquèrent dans leurs positions respectives. La pluie continua toute la nuit. Napoléon jugea convenable de rentrer dans son camp en avant de Vérone ; les avantpostes autrichiens s'avancèrent alors, et la situation de l'armée française devint vraiment critique. Vaubois avait fait des pertes
( ÏI7 ) considérables ; les autres corps qui s'étaient battus sur la Brenla et à Caldiero , ne comptaientplus que treize mille hommes; le sentiment de la supériorité des forces de Tennemi était dans toutes les tètes. Alvinzi ne doutait plus de la délivrance de Manloue et delà conquête de ritalic. Napoléon releva , par des ordres du jour, le moral des troupes, et les prépara ainsi aux grandes choses qu'elles devaient encore faire.
L'armée française semblait réduite par- is.iceti?
^ 1 1 ' r ' ri-\ » 1 1 novembre.
tout a la deiensive. lout - a - coup, dans la soirée du i4 novembre, le camp de Vérone «lArcoie. prend les armes ; trois colonnes traversent la ville en silence , et vont se former sur la rive droite de l'Adige. L'heure du départ , la direction, le silence, tout fait présager une retraite. L'anxiété se peint sur toutes les figures ; les habitans suivent , le cœlir serré , les mouvemens de cette armée qui empoi'te toutes leurs espérances. Quinze cents hommes seulement restent dans Vérone, sous les ordres du général Kilmaine-, en ferment les portes, et interdisent toute communication avec la rive gauche de l'Adige, afm de laisser l'ennemi dans l'ignurance i]vs mouvemens de 1 armée.
Napoléon , au lieu de prendre la route de Peschiera, comme tout semblait l'annoncer, longe l'Adige, et arrive avant le jour au village de Ronco , où le général Andréossi venait de faire jeter un pont. Par un simple à gauche, l'armée se trouve sur l'autre rive. Ofticiers et soldats commencent à deviner les intentions du général en chef: il veut tourner Caldiero, et, ne pouvant lutter en plaine, il porte son champ de bataille sur des chaussées, où le nombre ne pourra rien contre le courage : l'espoir de la victoire ranime tous les cœurs.
Trois colonnes s'engagèrent sur les trois chaussées qui partent du pont de Ronco. L'une remonta l'Adige ; celle du centre se porta sur Arcole. Les Frauçais se trouvèrent ainsi sur les derrières des Autrichiens. Alvinzi, apprenant que tout était tranquille à Vérone, crut que ce mouvement n'avait été fait que par des troupes légères, et se contenta d'envoyer deux divisions pour les chasser. Ces deux divisions furent enfoncées, et presque entièrement détruites dans les marais par Masséna el Augereau. Il fallait alors s'emparer d'Arcole, défendu par des Croates, afin d'occuper le poiil de Villa-
( i'9 ) nova , qui élait la seule retraite d'Alvinzi; mais Arcole re'sista à plusieurs attaques. Napoléon voulut essayer un dernier effort ; il saisit un drapeau, s élance sur le pont, et l'y place. La colonne qu'il conduisait était déjà à moitié du pont , lorsque l'arrivée d'une division ennemie, et un feu de flanc firent manquer l'attaque. Les grenadiers de la tête se trouvèrent abandonnés par ceux de la queue; mais, ne voulant pas laisser leur général , ils l'entraînèrent avec eux au milieu des morts et des mourans ; il fut précipité dans un marais , où il se trouvait au milieu des ennemis ; les grenadiers s'aperçurent du danger de Napoléon : un cri spontané se fit entendre : En avant pour saiwer le général! ces braves revinrent au pas de course sur l'ennemi , le repoussèrent au-delà du pont , et Napoléon fut sauvé. Cette journée est considérée comme celle du dévouement. Lannes , blessé , accourut se placer entre l'ennemi et Napoléon, et reçut trois nouvelles blessures, sans vouloir le quitter. Muiron , aide-de-carnp du général en chef, le même qui s'était tant distingué au siège de Toulon , fut lue en couvrant le corps de son général ; plusieurs autres gé-
néraux se firent tuer sur ie ponl en rame- ■ nant les troupes en avant.
Quelques instans après ce terrible moment, une brigade française ayant passé l'Adige à Albaredo, prit Arcole à revers; mais déjà Alvinzi, instruit du véritable état des choses , et sentant le danger de sa position , avait abandonné Galdiero, détruit ses batteries , et fait passer le pont à son artillerie et à ses parcs. Les soldais français virent avec douleur cette proie leur échapper: ils jugèrent alors toute l'étendue du plan de Napoléon, et sentirent quels auraient pu être les résultats d'une combinaison si profonde et si hardie.
Arcole fut pris sans coup férir ; mais alors il n'avait plus la même importance : Galdiero était évacué, et Vérone ne courait plus aucun danger. On avait fait un grand nombre de prisonniers , qui , en défilant au milieu du camp, remplirent les soldats d'enthousiasme et de confiance.
Cependant, Napoléon n'était pas sans crainte sur la situation de Vaubois ; il sentait que si ce général avait été battu par Davidowich, le blocus de Mantoue, et la retraite de l'armée pouvaient à la fois être
compromis, s'il ne prenait des dispositions analogues. Dans l'ignorance de ce qui s'était passé , il fit évacuer Arcole , et replia l'armée sur la rive droite de l'Adige, ne laissant qu'une brigade de l'autre côté. Alvinzi , apprenant la marche rétrograde des Français , fit occuper Arcole , et dirigea deux colonnes sur les digues. Napoléon apprit , à quatre heures du matin , que Yaubois était en position , et que Davidowich n'avait pas bougé. L'armée prit alors les armes , repassa le pont de Ronco au pas de charge , tomba sur les deux divisions ennemies , les rompit , et les poursuivit jusqu'aux marais. Ainsi, deux nouvelles divisions d'Alvinzi furent défaites dans cette seconde journée. Le soir, par les nnêmes motifs de la veille, Napoléon fit encore une marche rétrograde, et concentra son armée sur la rive droite de l'Adige.
Le lendemain , Alvinzi croyant que les Français avaient marché sur Mantoue, déboucha de son camp sur Pionco. Au même instant , Napoléon apprenait que Davidowich n'avait point fait de mouvement , ce qui le mettait à même d'agir sans crainte contre Alvinzi. L'armée repassa , pour la
froisième fois , le pont de Ronco ; les colonnes se rencontrèrent à moilié des digues: le combat fut long-temps opiniâtre et inde'cis ; mais une brigade , place'e par Napoléon en embuscade , ventre à terre , se releva si à -propos, qu'elle culbuta toute une colonne de Croates dans les marais , oii ils périrent tous. Masséna, qui venait d'éprouver des vicissitudes , marcha alors à la tête de ses troupes , son chapeau au bout de son épée, et fit un horrible carnage de la division qui lui était opposée. A midi, le général en chef jugea que le moment d'en finir élait arrivé; il ordonna de sortir des marais , et d'aller attaquer en plaine Alvinzi afïaibli. Ces trois journées avaient tellement relevé le moral des soldats français , que la victoire élait alors assurée. A deux heures, les armées étaient en présence; la canonnade fut vive sur toute la ligne. Quelques troupes arrivèrent alors sur les derrières de l'ennemi ; il fut mené battant toute la soirée. Alvinzi avait perdu dixhuit mille hommes dans les trois journées d'Arcole, dont six mille prisonniers ; quarante-huit drapeaux , et dix-huit pièces de canon étaient aussi restés en notre pouvoir.
( 123 ) Les débris de son armée ne tenaient plus nulle part , et son arrière-garde avait déjà évacué Montebello , au moment où les derniers rapports arrivaient au quartiergénéral. Napoléon , jugeant dès lors qu'il n'aurait rien à faire de quelques jours sur la rive gauche de TAdige , se porta vers Vérone , pour aller attaquer l'armée du Tyrol. L'armée française rentra triomphante dans cette ville , par la porte de Venise , trois jours après en être sortie mystérieusement par celle de Milan. L'étonnement et l'enthousiasme deshabitans furent au comble. Ils firent un accueil attendrissant aux soldats français ; mais Napoléon ne s'arrêta que quelques instans à Vérone. L'armée passa l'Adige , joignit Vaubois à Rivoli ; Augereau fit quinze cents prisonniers , et Davidowich fut rejeté dans le Tyrol. On ne l'y suivit pas , parce que l'armée était accablée de fatigue.
Après les journées d'Arcole , le maréchal 1797. Alvinzi s'était retiré sur la Rrenta, où il recevait journellement des renforts duRhin, et de l'intérieur de l'Autriche. Au commencement de janvier 1797, son armée se composait de soixante-dix mille comballans,
non compris la garnison de Manlouc.
Wurmser avait l'assurance d'èlre bientôt secouru : dans tous les cas , il avait ordre de ne pas se rendre, et de se retirer sur la Romagne , lorsqu'il serait obligé d'évacuer la place.
L'armée française avait aussi reçu quelques légers renforts; mais ilscompensaient à peine les pertes d'Arcole el du blocus de Mantoue. On comptait en tout quarante-trois mille hommes , dont trente-un mille seulement à l'armée d'observation surl'Adige. Cette fois , l'armée autrichienne devait opérer sur deux points bien distincts: le premier était celui de Vérone; l'autre, le Bas-Adige. Alvinzi, avec quarante-cinq mille hommes, avait établi son quartiers Pioveredo : le général autrichien Provera, commandant une autre armée de vingt mille hommes, était à Padoue. Napoléon avait organisé plusieurs bataillons d'Italiens , qu'à la première nouvelle des mouvemens de rcnnemi, il fit camper sur les frontières de la Transpadane , avec trois mille Français tirés de Bologne. Ces troupes étaient destinées à tenir en échec celles du Pape, avec qui les négociations étaient rompues.
Après avoir fait ses dispositions , Napoléon se rendit à Vérone. Il y arriva pendant le combat de Saint -Michel, oii Masséna avait rompu l'ennemi, et fait quelques prisonniers.
Suivant son système , le général en chef fit concentrer dans la nuit toutes ses troupes, afin de pouvoir les porter là où aurait lieu la véritable attaque de Tennemi. Les rapports firent croire que cette attaque se faisait du côté de Montebaldo , et c[ue le plus grand danger était de ce côté. Toutes les troupes françaises se mirent alors en marche pour liivoli , à l'exception de la division Augereau , c[ui fut envoyée sur le Bas-Adige , pour disputer le passage de ce fleuve au général Provera.
Napoléon arriva à deux heures du ma- u janvier. tin à Rivoli, d'oii il put observer la liorne r^!!l"^
r D de RiToli.
des feux ennemis : il paraissait avoir placé cinq divisions, de manière à attaquer par divers points. Joubert reçut aussitôt l'ordre de reprendre l'offensive; la fusillade s'engagea avec une des colonnes ennemies ; au point du jour, elle était repoussée. Une autre colonne autrichienne pressa alors sa marche sur le plateau de Rivoli ; en moins
( 126 ) (l'une heure, cette seconde colonne fut battue et rompue par Masséna. Une troisième colonne courut au secours de celle maltraitée par Masséna, et voulut déiioucher sur le plateau ; mais Fartillerie française mitrailla tout ce qui se présenta. La cavalerie chargea alors avec la plus grande intrépidité , et l'ennemi fut culbuté dans le ravin. Tout ce qui avait débouché, infanterie, cavalerie, fut pris. Pendant ce temps, une quatrième colonne ennemie arrivait à la position qui lui avait été indiquée : elle se déploya sur les hauteurs de Pipolo, croyant avoir tourné Tarmée française ; il était trop tard : cette colonne n'arriva que pour voir la déroute des trois autres divisions, et pour pressentir le sort qui l'attendait; mitraillée long-temps, et bientôt après débordée, elle fut dispersée et détruite.
Le reste de l'armée d'Alvinzi, n'ayant pu arriver à temps, se rendit inutile. La retraite devint pénible à exécuter ; il l'opéra par l'escalier, non sans peine, et sans éprouver de nouvelles pertes. Sept mille prisonniers , douze pièces de canon , et des drapeaux furent le résultat de la bataille de Rivoli : l'armée d'Alvinzi se trouvait ré-
( 127 ) (luite à la moilié , cl clans un desordre épouvantable. Durant cette journée , Napoléon fut souvent entouré par les ennemis, et eut plusieurs chevaux tués sous lui.
Cependant, le même jour, le général Provera avait passé l'Adige près Legnago, et marchait sur Mantoue. Augereau ne put Tat laquer que le i5: il prit les pontons et la garde ; mais Provera avait une marche sur lui , et le blocus de Mantoue se trouvait compromis. Napoléon apprit, sur le plateau de Rivoli , les dispositions que faisait le général Provera pour passer TAdige ; il prévit dès lors ce qui arriverait. Laissant aussitôt à Masséna , à Murât et à Joubert, le soin de poursuivre Alvinzi ; il partit à l'instant avec une seule division , pour se rendre devant Mantoue. Il arrivait à Roverbello, au moment où Provera faillit surprendre Saint- Georges. Heureusement , les Autrichiens furent reconnus , et Miollis se défendit toute la journée , ce qui donna le temps aux renforts de Rivoli d'arriver.
Le général Provera était parvenu , dans la journée du i5, à communiquer avec le maréchal Wurmser ; ils avaient ensemble concerté leurs opérations du lendemain.
Le i6 janvier, au jour, Wurmser sortit avec la garnison de Manloue, et prit position à la Favorite. Napoléon avait , dans la nuit , placé sa division de manière à empêcher la jonction de cette garnison avec le corps de Provera. Serrurier, avec les troupes du blocus , attaqua la garnison ; et Napoléon ordonna au général Victor de marcher sur l'armée de secours. La 55^ , qui acquit à cette bataille le nom de Terrible, aborda la ligne autrichienne , et renversa tout ce qui voulut lui résister. Au bout de quelques heures, la garnison fut rejetée dans la place. Provera fut alors obligé de capituler, et de poser les armes ; tout resta au pouvoir du vainqueur. L'arrière-garde de Provera fat en même temps baltue et prise par Augereau. Enfm , des vingt mille hommes que le général autrichien avait sous ses ordres , deux mille seulement , restés derrière l'Adige, purent s'échapper.
Du côté de Rivoli , le maréchal Alvinzi fut poussé si vivement , qu'on lui coupa et prit encore six à sept mille hommes. Trente , Bassano et Trévise lurent occupés par les troupes françaises. Les débris de l'armée autrichienne ne trouvèrent de salut que der-
rière la Piavc , ou derrière les neiges qui couvraient le Tyrol autrichien,
Mantoue , le constant objet de tous les efforls des Français, le boidevard de l'Italie, ne pouvait tenir long-temps après cette campagne : on savait que la garnison était à la demi -ration. Wurmser tint pourtant encore tout le mois de janvier ; mais , lorsqu'il n'eut plus que pour trois jours de vivres , il envoya le géne'ral Klénau au quarfier-ge'néral , pour connaître les conditions qu'on lui ferait. Napoléon, voulant honorer Fage, la bravoure et les malheurs de "Wurmser, eut pour lui les procèdes les plus généreux , et lui accorda , au-delà de tout ce qu'il pouvait espérer. La capitulation fut signée le 2 février : vingt mille hommes, dont douze mille combattans , et trentequatre généraux , ainsi que tout l'état-major du maréchal, défdèrent devant le général Serrurier. Napoléon ne voulut point assister à un spectacle aussi flatteur : il s'était mis en marche pour la Romagne. Wurmser lui écrivit pour lui exprimer toute sa reconnaissance , et , quelques jours après , ce fut ce vieux maréchal qui l'instruisit d'une trame d'empoisonnement, ourdie contre ses jours.
( -30 ) Napoléon dut peut-êlre la vie à celui qu'il avait vaincu tant de fois , et dont il s'était fait un ami par la générosité de ses procédés.
Ce fut après la reddition de Mantoue que le général en chef de l'armée d'Ilalie , envoya au Directoire les drapeaux pris sur les ennemis de la France dans ces mémorables campagnes. Le général Bessières en présenta soixante et onze pris dans les diverses batailles livrées par les Français , et le général Augereau fut chargé d'en apporter soixante autres trouvés dans Manloue. La vue de ces trophées excita en France des transports d'admiration pour l'armée qui les avait si vaillamment conquis , et pour le jeune général qui était à la tête de ces braves.
>—»•»»»< ta»c«*aa«*»j««>**»»««»«»*»a«^«»«* "8 «•»*»•»•*•