IX
per des paragraphes, y intercaller des phrases, des mois dissémines, mais relatifs au même ëviénement^ à la même circonstance.
Cette compilation devenait alors daiitant plus lahoriease, que Je m'étais impose la loi de ne comprendre dans VHhtoire de Napoléon ^ d après lui-même y rien, absolument rien qui n'eut ëtc dicté , corrige , expliqué par Napoléon , ou recueilli de sa bouche.
Ainsi, àrexception des trois premières pages du chapitre 1", et à quelques mots près, tel que : cependant , alors ^ toutefois, eîiLre temps, pendant que, néanmoins, etc., que j'ai dû ajouter parfois , pour lier des phrases , des paragraphes ou des chapitres entre eux , afin de faire disparaître les nuances de cette Marqueterie, tout ce que contient cette histoire e&t entièrement de Napoléon.
.l'ai pousse' le scrupule jusqu'au point de
copier exactement, de ne rien changer au style, de le conserver tel que je l'ai trouve'. De là , ces différences sensibles que Ton remarquera parfois entre ce qui a été dicte' dans le recueillement , revu et corrigé , et ce qui a e'të recueilli dans des conversations courantes. 11 ne m'en revient donc aucune part d'eloges ni de critique.
En suivant un autre système , en voulant retoucher, de mon autorité , les phrases lâches ou décousues , les mots qui pouvaient me paraître impropres, j eusse ôté le principal mérite au livre que j'offre au puhlic, celui de la plus grande et de la plus exacte authenticité.
J'avais commencé par citer les ouvrages et les pages dans lesquels étaient pris les morceaux dont se compose ce volume; mais ces citations étaient souvent si nombreuses dans une même page, qu'elles entravaient la lecture , nuisaient
à l'elëgance typograph'ujiic, et devenaient ennuyeuses. J'ai dii les supprimer; mais je reste prêt à indiquer la source authentique de toute
phrase , de toute assertion, ([ue l'on pourrait croire ne pas être de Napoléon.
JJ/iistoifc de Napoléon, d'après lui-même est tellement de lui , qu'on pourrait presque dire que c'est lui-même qui l'a écrite en entier; car la seule chose qui m'appartienne, dans cet ouvrage , c'est la coordonnation des matériaux. J'aurais pu, sans trop de présomption, le faire parler lui-même ; mais , comme César et Frédéric , Napoléon a écrit à la troisième personne : j'ai conservé le mode qu'il a adopté (i).
Peut-être me reprochera-t-on de m'être plus étendu sur tel événement que sur tel autre, d'avoir fait des chapitres longs et
(i) Mémoires pour sennr à rhistoire de France^ sous Napoléon^ tom. I , par le général Montholon,y/per^/.îsement des Editeurs,