‹ Histoire de Napoléon Ier (volume 2)Chapitre 276 sur 310 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

L EURO E APRES BAYLEM. — l'ENTHETOE D'eRFI (AOUI-OCTOBflE 1806}.

La nouvelle des capitulations de Baylen et de Cinln produisit dans toute l'Europe une sensation inexpri* mable. Pour s'en faire une Juste idée, il faut se np-. peler les mortelles déraillances, l'ahlme de décoongement où tant de déceptions et de défaites succesuni avaient fait tomber tous ceux qui avaient attends li délivrance des combinaisons politiques et militaires des gouvernemeots. Un instant obscurcie k Eylts, l'étoile de Napoléon avait reparu plus éc)alant« qn jamais. Les plus persévérants s'étaient lassés, Ss considéraient la lutte comme finie- Cette coloaddl domination, appuyée désormais sur la seule puissuB qui eût pu lui faire obstacle, semblait avoir la fat^ des lois inlleïibles de la nature et de l'histoire. CV latent les temps désespérés de l'Empire romain qW revenaient : il fallait vivre, se résignera l'étouffeiMBl. renoncer à combattre contre la force des choses.

En un jour ce lugubre cauchemar se trouva dissIpA et l'espérance renaquit. La grande leçoo que VSâaafftt

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venait de donner au monde était d'autant plus saisissante, qu'elle était justement celle dont l'Europe avait alors le plus besoin. Là en effet ce n'était pas le gouvernement, mais la nation qui avait tout fait. On était découragé, abattu, parce que tous les efforts des cabinets avaient misérablement échoué; eh bienl la révolution espagnole disait aux peuples : « Votre salut est en vous seuls I > Elle disait aux individus : < Ne compte que sur toi-même et tu vaincras ; > et à l'appui de ses paroles, elle montrait ses œuvres. Ce que tous les gouvernements européens coalisés n'avaient pu fiaire en huit années de guerre, elle l'avait fait en une campagne avec quelques poignées d'insurgés. Elle avait par deux fois infligé à ces aigles si redoutées la plus sanglante humiliation qu'eût jamais subie une armée française. Les résultats matériels de cette victoire étaient assez beaux, puisque Tinvasion avait été d'un seul coup refoulée jusqu'aux pieds des Pyrénées, niais son effet moral était incalculable.

Cet enseignement n'avait pas besoin de commentaires : il brillait comme un éclair dans les ténèbres, et frappait en même temps tous les yeux. Le charme était à jamais rompu ; le point faible du colosse était à découvert ; le vainqueur des rois n'était pas encore . le vainqueur des peuples ; l,a partie tant de fois perdue contre lui était à recommencer sur un nouvel enjeu. L'Angleterre résolut de s'unir étroitement à l'Espagne. Elle apporta aux insurgés des subsides, des armes, d'immenses approvisionnements de guerre. Elle pressa avec une activité inaccoutumée l'organisation et l'embarquement de ses troupes toujours si lentes à se mouvoir ; elle se montra décidée k d^teeL-

ar« >f s:»' 5* Ifc Péninsule comme son propre Icni-

Li K.'iiBiLrx.lz -Lt:?^^^ODp des éTénemeLts dl9- Mrnf \l: ^ltt srric ie trœsaillement électrique q^i èimxd TiL lî^LTT^ & zi.^ chcvse qui n avait pas eiisté 7Ufi:Ti- j . :: Ti-i.T. zZ'^.i-.Ii. La grande renaissiii^rf :-i^.:-:rDil^ 5r î'AlIrmagne du dii-hu:tiême stTj: f L : sLis :or.* pr^piré les roîes enconstàioant u 3t^-vii.r.L« i rf:-Tilr d^ ce pecple : mais c'est an m r:u :b^ ; :'-:'fc:^ 5* la coLq'.:ête tt de rcompatioa «iTiiV- - "•'^ 5"ii."tr:r::-::î ce gl.rieux enfinteioeiit, tt r:*t f ::■:•: >; 7«ir-r £l!r2iânde fat io:irlî?r«nièrç ùi> :r:.: : :; i^5 :f nride. T:us les rie;:! àL^^ip- TiiaD:>. 1 : » >;* rLi»:-2es surannées en::* r.\aem.^ : . '''■:ri :: ^fllr iu M;i:. tn-^e les CTindse: ifs :^^..^ :"^^. fîi r-f !i5 irlD^fs i: l'm^itnne noblesse min * «-■-. :Ttri -t l'.'^-f c» ^f *< îirrec-is, ectn u jiiûio: i i.i*rjrJ:»f e: Il Eiison de Br4r.ceroiirg, isjmra-i':: jl'^tdzzilz^iltlI pour faire ;.:«>* à en SMaiiiwi:: i.z.^çz-'. :i tilne de :a dominàDM française 1^.1^1 If -'irr^-Jnt à aucune classe en pirticuîitf. rtr *- uz:T:r5^-.:e et simultanée. C'est on pr:fessear *?c::>s::i:r, M^urJce Arndt. qui fonde It T'jge^ *»:. Criie -i*:cii;;j-i dt ia ttrtu oj sVnrvMent àiâ *è Crs àTLs^irs et des grands seigneurs, des œiiit«ns tt des i-^^-gteis. L'exF-érKnce lavait dénioDtif. tes ncœ.rs t: la rature da pays étaient éminemmenî défiT.^-ablfs i ure guerre de p-artisans. L'intrépi* BUjor Scii:: lul-siéme arait été contraint de recon- ■atoe ce;:e Tèriîê après ses eflforts aussi malheureni fQ*hên:i^ues, ^\ir organiser aoe insuirecUon en ItQSse pten-\aiL\ \a caok^^soft \tt ^v^j^c». L'occupa-

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tion française était d'ailleurs, grâce à la Ck>Dfédération du Rhin et au nombre énorme de nos troupes» beaucoup plus enracinée en Allemagne que dans la Péninsule. Cette grande insurrection nationale fut donc forcée d'agir à l'état latent et de se déguiser sous forme de sociétés secrètes.

L'organisation du Tugendbund est assez semblable à celle qu'adopta plus tard la Ckarbonnerie. Un comité central, placé hors des atteintes de la police impériale, dirige de loin l'association qui se fractionne en une multitude de comités particuliers. Les comités provinciaux restent sans conununication entre eux, en sorte que la découverte des uns ne peut en rien exposer la sûreté des autres. L'association se propage ainsi de proche en proche jusque dans les provinces de la Confédération du Rhin; elle prépare ses forces en silence en attendant l'heure d'un soulèvement national. Les plus grands comme les plus humbles se font gloire d'y être afGliés. Les anciens ministres Hardenberg et Schamhorst, les généraux Blucher et Gneisenau,le duc de Brunswick OEls, le major Schill, le docteur Jahn, en sont les membres les plus actifs. Bientôt le sol de la vieille Germanie se couvre d'associations analogues qui viennent se greffer sur cette institution mère. L'action des gouvernements réduite comme celle des particuliers à la dissimulation, à l'emploi des moyens détournés et clandestins, seconde admirablement cette vaste conspiration. Elle a pour serviteurs deux ministres dont la fermeté de caractère égale la haute intelligence : en Prusse, le baron de Stein, en Autriche, le comte de Stadion.

Le baron de Stein semble avoir èlê die \iû\x% ^ia^

380 HISTOIRE DE NAPOLÂON V.

compatriotes celui qui comprit le premier que TAUemdgne ne pouvait être sauvée que par un grand soulèvement national. Dans tous les cas on ne peut lui refuser la gloire d'en avoir été le promoteur le plus hardi, le plus persévérant et le plus habile. Ce grand ministre est encore plus un graud citoyen. U sent qae pour remuer profondément les masses populaires jusque-là déshéritées de toute participation aux gnnds intérêts du pays, il faut les appeler à la vie publique: il sent qu'on ne fait pas des patriotes avec des hommes attachés à la glèbe, qu'il faut profiter de cette occa- ■ sion unique pour imposer à la noblesse le sacrifice de ses principaux privilèges. Il veut donc que le prélude de la guerre d'indépendance soit TaiTrancbissement du tiers-état prussien. C'est avec des hommes libres qu'il combattra le despotisme de Napoléon. II efface de la législation prussienne les derniers vestiges du servage, et fait du paysan un citoyen. Il abolit la corvée ; il autorise les grands propriétaires à diviser leurs domaines ; il apporte aux communes le droit de s'administrer elles-mêmes en leur attribuant la nomination de leurs conseils municipaux, et les transforme ainsi en autant de petits centres pleins de vie, d'activité, d'émulation civique. Il accorde aux bourgeois la faculté d'acquérir la propriété territoriale, jusque-là privilège exclusif de la noblesse, et il ouvre aux nobles l'accès des professions industrielles et commerciales, tolérance qui leur était odieuse, parce qu'elle était un signe d'égalité. Tel fut l'objet des trois ordonnances de Memel, décrets sauveurs, rendus dès les mois d'octobre et de novembre 1807, et auxquels \a (tus^ ^ ài^ ^<^ x^^sX^t une nation. Et

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toutes ces réformes qui sont uue révoIutioD, il les opère sans bruit, sans éclat, sans aocune de ces récompenses de popularité si chères au vulgaire des tribuns.

En même temps qu'il porte sur les vieux abus sa main hardie, Stein lutte obstinément contre nos exigences dans la fixation des contributions de guerre que Napoléon traîne en longueur depuis Tilsit. afin d'occuper plus longtemps le territoire prussien. Il organise contre l'administration française en Prusse une résistance sourde et passive qui se dérobe lorsqu'on la dénonce, et qui, se faisant sentir partout et toujours, y paralyse toutes nos mesures. Cette singulière conspiration était d'autant plus facile à discipliner, qu'elle avait pour instruments les administrateurs eux-mêmes ; car Napoléon, en confiant l'administration de la Prusse à son représentant Daru, avait été forcé d'y conserver la plupart des anciens employés prussiens. Les ordres de Daru n'étaient jamais discutés, mais on ne les exécutait pas, ou on les exécutait à contre-sens en feignant de les avoir mal compris. De là des tiraillements incessants, des difficultés sans cesse renaissantes qui irritaient profondément les populations prussiennes, déjà exaspérées des charges écrasantes qu'on faisait peser sur elles '.

La sphère d'action du baron de Stein ne se bornait pas à la Prusse; il travaillait efficacement à l'étendre à toute l'Allemagne, et principalement aux provinces qui étaient liées à l'empire français : < L'exaspéra-

1 . Mémoires tiret des papiers d^un homme d^État (Hardenberg). — Scbœll : Hist. abr. des Traités,

38i HISTOIRE DB NAPOLiON I*'.

lion augmente tons les jours en AUemagney écriyait-fl k 15 août 1808 an prince de Sayn WiUgenstein, alors inx eaux dans le Mecklembourg. Il faut la nourrir et diercher à trayailler les hommes. Je voudrais tneo qu*on pût entretenir des relations dans la Bem et dans la Westphalie^ qu'on s'y préparât à de cerbdos éréoementSy qu'on cherchât à y lier des rapports mt des hommes d'énergie et de bonne volonté... Lis affaires d^Esp^^^ne font une impression très-mœ. EUespmh wnl ce que depuis longtemps on aurait dû entrevoir. D serait tr^s-utile d'en répandre les nouvelles d'une manière prudente... > Cette lettre signiGcatiTe ht saisie à Spandau sur M. de Koppe, et aussitôt transmise à Napoléon par le maréchal Soult. Bien qu'dk ne soulev^^t qu*un coin du voile, elle en disait assex long pour éclairer l'Empereur sur la gravité des é?*nements qui se préparaient en Allemagne. Mais, inâtué d orgueil et tout entier déjà à ses projets de se venger de l'Espagne par un châtiment exemplaire, il ne vit dans la lettre de Stein qu'un moyen péremptoire d'en finir avec les objections que la Prusse opposait à ses demandes pécuniaires, et de contraindre le roi Frédéric- Guillaume à renvoyer son ministre. Obligé de faire un pas rétrograde pour concentrer toutes ses forces contre les Espagnols, il oiit à profit cet incident pour opérer cette retraite le plus avant!geusement possible. Il se servit donc de la lettre, mais il dédaigna l'avertissement qu'elle contenait D la fit imprimer dans le Moniteur * en l'apostillant de ces simples paroles : « On plaindra le roi de Prusse

l'europs Apnis batlih. 383

d'avoir des ministres aiun malhabilet que pervers, » Cette courte senteoce était rarr£t de mort de l'admi» nislratîon de Stein. Le grand patriote se retira pour ne pas compromettre son pays ; mais ses plans et ms réformes n'en devaient pas moins rester l'âme da ^ gouvernement prussien, et c'est là qu'était le danger : « J'ai demandé, écrivait Napoléon à Soult le 10 septembre, que Stein fût chassé da miniature, sans quoi I le roi de Prusse ne rentrera pas dans ses États, l'ai fait mettre le séquestre sur ses biens en West- . phalîe.»

. Ces satisfactions lai furent accordées comme toutes I celles qu'il demanda dans ce moment critique; maia la facilité même avec laquelle il les obtint aurait dâ . loi prouver qu'on comptait sur des moyens encore dissimulés, mais certains, de prendre plus tard une revanche. Le prince Guillaume de Prusse était depuis plusieurs mois k Paris pour le règlement définitif de , la dette prussienne. Ghampagny lui signifia au nom de Napoléon qu'il fallait accepter dans le plus brtf délai le chiffre de cent quarante millions fixé par l'Empereur. Le prince dut se soumettre en même temps aux dures conditions qu'on imposait à son roi. Id convention qui fixa le montant de la dette stipulait que jusqu'à son entier acquittement, dix mille Français continueraient à occuper les places de Glogau, Stettin et Custrin ; qu'ils y seraient entretenus sinon soldés par le roi de Prusse; que l'armée prussienne serait réduite pendant dix années consécutives au nombre de quarante-deux mtUe hommtt, sans que le roi pût en aucun cas y suppléer en levant des qûlices (articles séparés, 1 et III). Enfin le roi Pcédé.no-

HuHxxnK f is^^aç^biû a. -s» «e coerre contre YkJh Tnne 4 iiif!trif i ^i^wsL^om de l'Empereur une n^sim it SS3S: mlLt iuoiiBes .art. T .

Tti Iiï: ït TTsmisr fnâ: df la polîtiiiie de Stdi. AiiS sa. wsûe fOït lius ufORBfee q«e rédle, or fl siînïc zajs sf« i^'aos Àf »s: posssn* i rextrètne^et i nmiTcat tltiis ior ift àe9Hs:<4r produit par Feicès ât 3ZSL. rK sxr js Kcses ^ftbdeiès de la poLtiqne de rniijztts. là rrTDfi ijos àe !a bret De pooraîl ai défi* nirit mi sertir ss fiesseiss. atâsove, dans la situa* ^iia JXûrmrÛLff rii jfor cckî faîte, la monarclûe ei jft 3iik:*iir TrzsstfizAs se pc«iaieDt plus lirre désormtj* rii^-ioiz ia rjiisc 71:303 F^^^caiente. Onanft tfc ■-•-rr: ^i 5::J:!r j; :rij:;é; 00 Télada. Le ministre i» j. r;»rrr« fciLjmicrs: réalisa an point de »tic mi- Ixxrr rrt.if* -fs r»:>r=e5 q;je son ami Siein tnft iT^:c.L-:rs iiz3 1 rrire c:t1I. C ouirit aux boargeois Jic^rs i-is xTTiits K::rfr.rv:T5: il maintint ostensîhi^ sseiic rir::Lrf^ ai zzfSz^ ce -à2,000 hommes, mais il «r i'zz t2 rfsL::ê i:o.>:o. p-â.'e i une sorte de roeieci'ic: nr ir ::i: ne ^ssait les troupes sous le dnpfo:: :: je jTi^le ie teaip^ néoessaire à leur inst^l^

Ea Azztrlcre. le coxte de Stadion, forcé de méoit»r ;i:>* aiis^xraLe toute-puissacte et un cler^ le* Sv^r::. ne poaiait pas procéder par grandes réfomies popa'i n». Il n arait pas d'ailleurs pour poict d'appsi les f o tes e: sérieuses populations du nord. Mais s'A employait des mesures moins radicaltrs, il ne traTtillait pas arec moins d'énergie au salut de la cause

1. CdC'tadaiut «^vea^.ti Wkii . De C ercq : Becusû dm tniits»

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commune. L'armëe autrichienne avait été réorganisée au grand complet par l'arctiiduc Charles qui l'exerçait sans relâche. A cette armée active de 300,000 hommes on avait joint une réserve qui en comptait près de 100,000. Stadion avait fait décréter en outre, dans tonte l'étendue de l'empire, l'institution de milices nationales. La population valide presque tout entière s'y était enrôlée avec un enthousiasme extraordinaire, sans distinction de classes. Les dons volontaires adluaient dans les caisses du gouvernement. Pour la première fois enSn un mouvement patriotique se produisait dans cet empire artificiel qui n'a jamais été une patrie. L'Autriche devenant une nation par haine et par peur de la domination étrangère, l'Autriche faisant appel à l'opinion publique par la plume éloquente de Gentz, l'Autriche devenue le champion du droit des gens et de la liberté européenne, ce phénomène h lui seul jugeait la politique de Napoléon. Il disait combien les râles étaient interveriis en Europe ' depuis les grands jours de la Révolution française-, et combien le prétendu héritier des hommes de. 69 était loin des principes qui les avaient inspirésl

Les armements de l'Autriche ne pouvaient manquer d'attirer l'att'-ntion de l'empereur des Français; car en s'attrîbuànt le droit d'avoir 800,000 hommes sous les armes, Napoléon n'était nullement disposé i tolérer rien de semblable de la part d'une puissance étrangère. Dès le 16 juillet Cbampagny interpellait ]f. de Uetternich sur les intentions de son gouvernement, en prenant occasion de prétendues violences exercées contre les sujets français. Pen de jours après il revenait avec une insistance des plus aigres ft\K \».

386 HISTOIRE DE HAPOlAoN I*.

question des armements ; « Que veut Yotre gouYerne^nent ? poarquoi trouble-t-il la paix da continent! Tos princes parconrent tos provinces; ils appellent le peuple à b défense de la pairie. Tonte la population depuis dix-huit ans jusqa*i quarante-cinq esl mise sous les armes... Totre peuple est dans l'épon- Tante, tos voisins s*alarment. Partout on dit : « Que Teut r Autriche? quel danger la menace? etc. ^ • La réponse de Metternich (en date du 8S juillet 1808J est aussi nette qu'irréfutable. Tous les États vmsins de l'Aut-iche, Tltalie, la BaTi^«, la Westphaiia et jusvju'au gnnd -duché de VarsoTie, ont transformi leurs institutions militaires et adopté la conscriptioo firacçaise. L'Autriche ne peut demeurer en arrière àt ce mouTement sans compromettre la sécurité de ses peuples ; elle imite donc ses voisins en opérant uoe transformation ana!ogue à celle qu'ils ont réalisée. Si résen e et ses gardes nationales sont une institutioB qu'elle ne fait qu'emprunter à la France, afin de se mettre sur le pied d'égalité avec les autres États de FEurope. Ce qu*on appelle ses armements n'a pas d'autre sens *.

A cette réplique embarrassante Champagny riposte en battant la campagne au sujet de propos tenus aux bains de Tœplitz et de Carisbad. 11 allègue Tarrests- Uon de d^-ux courriers qui se rendaient en Dalmatien arrestation qui se transformera plus tard en assassmtt dans les manifestes de Napoléon; enfin il offre de

1. Pièces commuoiquèes au Sénit dinsla léance du 14 «Tril 1809, A- II], Arch. ftarl.

% IM., tt>T.

L'EUROPE APRÈS BATLBN. 387

lever les camps de la Silésie, mesure que le gouver^ nement français était décidé à prendre dans tous les cas par suite des événements d'Espagne. Hais il n'offre pas la seule mesure qui eût été concluante, c'està-dire une rédaction des armées françaises et alliées proportionnelle à celle qu'il prétend obtenir de TAutriche * . Dès lors les exigences de Napoléon ne pouvaient avoir d'autre caractère que celui d'une violence diplomatique.

C'était bien là au reste la portée qu'il voulait leur donner. Il comprit vite qu'au point de vue du droit international il ne pouvait forcet l'Autriche dans la position toute défensive qu'elle avait choisie; et, résolu dès ce moment à l'en faire sortir par la guerre, mais ne voulant faire cette guerre qu'après avoir dompté l'Espagne, il se détermina à gagner du temps par la menace et l'intimidation, moyens encore efficaces envers une puissance dont les préparatifs étaient loin d'être achevés. A peine de retour à Paris de son voyage dans les provinces du midi et de Touest (14 août 1808), Napoléon reprend avec Hettemich le dialogue au point où Ta laissé Ghampagny. Le 15 août, au milieu d'une audience solennelle donnée aux grands corps de l'Ëtat et aux membres du corps diplomatique, l'Empereur interpelle personnellement l'ambassadeur d'Autriche. Il s'abandonne en présence de l'assemblée interdite à une de ces divagations violentes qui sont devenues célèbres depuis l'entrevue avec lord Whitworth. Il met à profit la réserve forcée du diplomate pour l'accabler à son aise d'invec-

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