Journal du général Thiébaut
2. Les Mémoires extraits des papiers de Masséna, par le général loch ne laissent rien subsister de ces imputations. V. .tome IV.
de Gènes dans un écrit qui est un monument de cy< nique ingratitude, seule récompense du grand et mémorable service qu'il avait reçu de Masséna.
Bonaparte ne quitta Milan que le 9 juin. Pendant qu'il réunissait à Stradella tout ce qui lui restait de forces disponibles, après avoir couvert de troupes la ligne du Tessin et du Pô depuis le lac Majeur jusqu'à Crémone, Mêlas qui opérait sa concentration à Alexandrie tenta un nouvel effort pour reprendre la route de Plaisance avant que nos dispositions fussent complètes. Il dirigea sur ce point le corps d'armée de Ott qui revenait de Gênes après la capitulation de Masséna. Ott ne pouvait gagner Plaisance sans passer par Stradella où nos brigades se portaient à marches forcées pour occuper leurs positions. C'est un peu en avant de ce point, c'est-à-dire entre Casteggio et Montebello qu'il vint se heurter contre le corps de Lannes. La position de Lannes était fort aventurée, car Bonaparte regardait comme certain que les troupes qui pouvaient l'attaquer en ce moment « devaient être tnférieures à dix mille hommes^. » Par suite de ce défaut de prévoyance, Lannes n'avait qu'environ huit mille hommes à opposer à une armée qui était plus do double. Mais ce général répara tout par son ardeur et son élan. Il supporta sans plier les efforts acharnés de l'ennemi pour rouvrir la route, et la division Chambarlhac étant arrivée à temps à son secours, il fit tourner par une brigade le bourg de Casteggio où les Autrichiens s'étaient fortement retranchés; puis, après avoir plusieurs fois perdu et repris cette position, il