LIGUE DES NEUTRES
dre 1 et il était tout naturel que Pitt se retirât devant le refus qui mutilait et déshonorait son ouvrage.
Il est si peu exact que Pitt ait reculé devant une situation plus forte que son courage 2 que, moins d’un mois après l’offre de sa démission, se considérant comme dégagé pour un temps envers les catholiques et par les efforts qu’il venait de faire en leur faveur, et par l’aggravation de difficultés que le nouvel accès de folie du roi apportait au gouvernement et au pays, il autorisait de secrètes démarches auprès d’Addington qu’il avait lui-même désigné comme son successeur, afin de le décider à résigner le ministère. Mais Addington fît la sourde oreille et garda ses fonctions avec l’imperturbable confiance que lui donnait sa médiocrité. En réalité, la situation était beaucoup moins alarmante qu’elle ne le semblait au premier abord, parce que jamais la nation n’avait montré plus de confiance dans ses propres forces. Elle portait avec aisance les charges écrasantes que lui imposait la guerre, et, chose presque sans exemple, Pitt avait trouvé l’unanimité dans le Parlement pour son dernier budget. C’est que l’immense accroissement de la prospérité industrielle de l’Angleterre réfutait victorieusement les prédictions de ses ennemis comme les plaintes des alarmistes. Chaque déclaration de guerre des puissances continentales n’ayant en définitive d’autre résultat que de la délivrer d’une concurrence
I. Voici en quels termes Macaulay parle du projet de Pitt : <c C’est être seulement juste envers sa mémoire, que de dire que ce projet était si grand et si simple, si équitable et si humain, qu’il suffirait à lui seul pour lui assurer un haut rang parmi les hommes d’État. >» Uiographical essays.
2 T hier s : Histoire du Consulat et de l'Empire.
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