‹ Histoire de NapoléonChapitre 57 sur 75 · ÉT.\T · texte numérisé non relu

ÉT.\T

frères el sœurs , neveux , nièces, au cardinal , et un plus considérable pour mon lils.

30 Marchand enverra une de mes paires de boucles îi souliers, en or, au prince Joseph.

•40 l'ne petite paire de boucles en or à jarretières au prince Lucien.

50 Une boucle de col en or au prince JérOme.

Inventaire de mes effets que Marchand doit garder pour remettre à mon fils

io Jlon nécessaire d'argent, celui qui est sur ma table, garni de tous ses ustensiles, rasoirs, etc.

2» Mon réveille-matin. C'est le réveille-malin de Frédéric II, que j'ai pris Su Postdam [dans la boite no III )

30 Mes denx montres avec les chaînes des cheveux de l'impératrice . et une chaîne de mes cheveux pour l'autre montre. Marchand la fera faire à Paris.

40 Mes deux sceaux (un de France renfermé dans la boite no III.)

so La petite pendule dorée qui est actuellement dans ma chambre à coucher.

6° Mon lavabo, sou pot h eau et son pied.

70 Mes labiés de nuit, celles qui me servaient en France, et mon bidet de vermeil.

80 Mes deux lits de fer, mes matelas el mes couvertures , s'ils se peuvcnl conserver.

90 Mes trois llacons d'argent où l'on mettait mon eaude-vie, que portaient mes chasseurs eu campagne.

100 Ma lunette de France.

1|o Mes éperons, deux paires.

120 Trois boites d'acajou, n"' 1 , II, III , renfermant mes tabatières et autres objets.

130 L'ne cassolette en vermeil.

Linge de toiletle.

6 Chemises.

6 Mouchoirs. 6 Cravates.

6 Sei^iclies.

6 Paires de bas de soie.

>i Cols noirs.

6 Paires de chaussettes.

2 Paires de draps de batiste.

2 Taies d'oreiller.

2 Robes de chambre.

2 Pantalons de nuit.

1 Paire de bretelles.

H Culottes-vestes de casimir blanc.

6 Miidras.

6 Gilets de flanelle.

4 Calerons.

6 Paires de gants.

1 Petite boite pleine de mon tabac.

1 Boucle de col en or.

1 Paire de boucles i jarretière en or.

1 Paire de boucles en or à souliers.

j renfermée»

J dans la petite I boite no III.

Iluhilkmcnl.

1 ruiforme de chasseur.

Itlem de grenadier.

Iilcm de garde national.

1 Capote grise el verte.

1 Manteau bleu (celui que j'avais à Marengo.)

1 Zibeline-pelisse verte.

2 Paires de souliers.

2 Paires de bottes.

1 Paire de pantoullcs.

C Ceinturons.

Inventaii-e des effets que fui laissé.

\ Sabre de Sobieski(r.

1 Grand collier de la LcsioinrHoiiiieiir. 1 Épéc en vermeil.

1 Glaive de consul.

1 Épée en fer.

1 Ceinturon de velours.

\ Collier de la Toison-d'Or.

1 Pclit nécessaire en acier.

I Veilleuse en argent.

1 Poignée de sabre anti([ue.

1 Chapeau à la Henri IV et nue loque, les denlelles de TEmpereur.

\ Petit luédaillicr.

2 Tapis turcs.

2 Manteaux de velours cramoisi brodes, avec vestes et

culottes.

10 Je donne à mon dis :

Le sabre de Sobieski.

Le collier de la Lcgion-d'Honneur.

L'épée en vermeil.

Le glaive de consul.

L'épée en fer.

Le collier de la Toison-d'Or.

[\] C'est par erreur que ce sabre est pnric sur l'étal A. Celui est entre les mains de M. le comte Bertrand.

■ chez M. le comte de Turenne.

Le chapeau â la Henri IV et la toi|ue.

Le nécessaire d'or pour les dents, reste chez le dentiste.

2» .\ liniiiératiice Marie-Louise, mcsdeniclles.

A Madame, la veilleuse en argent.

Au cardinal, le petit nécessaire en acier.

.\u prince Eugène, le bougeoir en vermeil.

A la princesse Pauline, le petit médaillier.

A la reine de Naplcs, un petit lapis turc.

.\ la reine Hortensc, un petit lapis turc.

Au prince Jérôme, la iwrgiiée de sabre auliqae.

Au prince Joseph, on manleau brodé, veste et culottes.

Au iiriuce Lucien , un manteau brodé , veste et culottes.

An dos des feuilles pliées cl scellées, renfennani l'ensemble du Testament , se lisait :

" Ceci eut mon testament écrit tout entier (te ma propre

Sii/iié NAPOLÉON.

-là est le sabre que l'Empereur portait à Aboukir, el qui

Avril, le te. — 1821. Longwood.

1° Je dt'sirc que mes cendres reposent sur les bords de la Seine, au milieu de ce peuple français que j'ai tant aimé.

2° Je lègue aux comtes Bertrand et Montholon, et à ^Marchand, fargent, bijouv, argenterie, porcelaine, meubles, livres, armes, et généralement tout ce (pii m'appartient dans l'île Saintes-Hélène '.

Ce codicille , tout entier écrit de ma main , est signé et scellé de mes armes.

Sipié NAPOLÉON.

Au dos se lisait : (( Ceci est un Codicille de mon Testament, écrit tout de ma

propre main. »

1. Le Teslament et les Codicilles de TEmpereur ont été imprimés pUisieui's fois, el se trouvenl dans divers ouvrages; mais le pins souvent ils sont inconiplels el dans un ordre interverti. La plupart des éditeurs ont négligé celui-ci. Surpris de trouver à l'article 1=' la répélilion littérale d'un paragraphe du Teslament et de voir le second en contradiction manifeste avec le contenu de ce même Testament, et ne pouvant s'expliquer cette singularité, ils ont pensé qu'ils n'avaient rien de mieux à faire que d'éluder la difliculté qu'ils ne pouvaient résoudre, et l'ont laissée de côté. Toutefois, en voici l'explication bien simple. Le Testament était la pièce réelle et secrète, confiée aux soins des exécuteurs testamentaires ; le présent Codicille, la pièce fictive et oslensihle qui, présentée à sir Hudson Lowe, laissait les exécuteurs testamentaires en pleine liherlé d'agir d'après leurs instructions. Sans cette précaution nécessaire, le gouverneur n'eût pas manqué de faire mettre le scellé sur tout ce qui appartenait à Napoléon, et l'ertl l'ail trausuiettre eu Kiiiope à son gouverneinenl.

Ce '2i avril 18-21. I.onijwood.

Ceci est mon Cudicille , ou acte de ma dernière volonté.

Sur la liquidation de ma liste ti^iie d'Italie, tels que argent, bijoux, argenterie, linge, meubles, écuries, dont le vice-roi est dépositaire, et qui m'appartiennent, je dispose de deuv millions que je lègue à mes plus fidèles serviteurs, .l'espère que , sans s'autoriser d'aucune raison , mon (ils Eugène Napoléon les acquittera fidèlement. 11 ne peut oublier les 40 millions que je lui ai donnés soit en Italie, soit par le partage de la succession de sa mère.

1° Sur ces deux millions, je lègue au comte Bertrand .300,000 francs, dont il versera 100,000 dans la caisse du trésorier, pour être employée selon les dispositions à l'acquit de legs de conscience.

2" Au comte Montholon, -200,000, dont il versera 100,000 dans la caisse pour le même usage que ci-dessus.

3° Au comte Las-Cases, 200,000, dont il versera 100,000 dans la caisse pour le même usage que ci-dessus.

4-° A Marchand, 100,000, dont il versera 50,000 à la caisse pour le même usage que ci-dessus.

5° Au comte Lavallette, 100,000.

6° Au général Hogendorf, Hollandais, mon aide-de-camp, réfugié au Brésil, 50,000 (cinquante mille francs).

7° A mon aide-de-camp Corbineau, 50,000.

8° A mon aide-de-camp Caffarelli, 50,000.

9° A mon aide-de-camp Dejean , 50,000.

10' A Percy, chirurgien en chef à Waterloo, 50,000.

11" 50,000, savoir: 10,000 à Pierron, mon mailre d'hcMel; 10,000 à Saint- Denis, mon premier chasseur ; 10,000 à Noverraz; 10,000 à Cursor, mon maitre d'office: 10,000a Archambaud, mon piqucur.

12° Au baron de Menneval, 50,000.

13" Au ducd'Istrie, fils de Bessières, 50,000.

l'i.° A la fille de Duroc, 50,000.

15" Aux enfants de Labédoyère, 50,000.

16" Aux enfants de Mouton-Duvernct, 50,000.

17° Aux enfants du brave et vertueux général Travost, 50,001).

18° Aux enfants de Chartrand, 50,000.

19° Au général Cambronne, 50,000.

20" Au général Lefebvre-Desnouettcs, 50,000.

21" Pour être répartis entre les prosirils (|ui errent en pays étrangers. Français, ou Italiens, ou Belges, ou Hollandais, ou Espagnols, ou des départements du Rhin, sur ordonnance de mes exécuteurs testamenlaires, 100,000.

536 TESTAMENT DE ^'APOLÉON.

22° Pour être répartis entre les amputés ou blessés grièvement de Ligny , de Waterloo, encore \ivants, sur des états dressés par mes exécuteurs testamentaires, auxquels seront adjoints Cambronne, Larrey, Percy et Emmery; il sera donné double à la garde, quadruple à ceux de l'île d'Elbe ; 200,000 francs.

Ce Codicille est écrit entièrement de ma propre main, signé et scellé de mes

armes.

Au dos était écrit : a Ceci est mon Codicille , ou acte de ma dernière volonté ,

dont je recommande l'exacte exécution à mon fils Eugène Napoléon. 11 est tout

écrit de ma propre main. »

« NAPOLEON. B

Ce 24 avril 1821, à Longwood.

Ceci est un troisième Codicille à mon testament du 1.5 avril.

1° Parmi les diamants de la couronne qui furent remis en 1814, il s'en trouvait pour 5 à 600,000 francs qui n'en étaient pas, et faisaient partie de mon avoir particulier. On les fera rentrer pour acquitter mes legs.

2° J'avais chez le banquier Torlonia, de Home, 2 à 300,000 francs en lettres de change , produit de mes revenus de l'ile d'Elbe ; depuis 181.5, le sieur de Peyrusse, quoiqu'il ne fût plus mon trésorier et n'eût pas ce caractère, a tiré à lui cette somme : on la lui fera restituer '.

3° Je lègue au duc d'Istrie trois cent mille francs, dont seulement cent mille réversibles à la veuve, si le duc était mort lors de l'exécution du legs. Je désire, si cela n'a aucun inconvénient , que le duc épouse la fille de Duroc.

k° Je lègue à la duchesse de Frioul , fille de Duroc, deux cent mille francs. Si elle était morte avant l'exécution du legs, il ne sera rien donné à la mère.

5° Je lègue au général Rigaud, celui qui a été proscrit, cent mille francs.

6° Je lègue à Boisnod , commissaire ordonnateur, cent mille francs.

7° Je lègue aux enfants du général Letort, tué dans la campagne de 1815, cent mille francs.

8° Ces 800,000 francs de legs seront comme s'ils étaient portés à la suite de l'art. 36 de mon Testament, ce qui porterait à 6,'i00,000 francs la somme des legs dont je dispose par mon Testament , sans comprendre les donations faites par mon second Codicille.

Ceci est écrit de ma propre main, signé cl scellé de mes armes.

1. M. G. Pojnisse a juslilio, par un iiu'nioii'e imprime <■! par les dcilaralioiis aiillionlii|uos i\r messieurs les exéculeurs leslamenlaires, insérées ilaiis le Moiiileur du 11 mai 1831, qu'il u'avail disposé d'aucune des sommes réalisées à la caisse du liau(|uier Torlouia, el que l'article du Teslamenl de l'empereur Napoléon le conceruaul avail élé rédiiîé dans une supiwsilion qui s'est ainsi trouvée saus l'oudemenl.

Au dos se lisait :« Ceci est mon troisième Codicille à mon Testomont, tout entier écrit de ma main , signé et scellé de mes armes.

«Sera ouvert le même jour, et inmiédiatement après l'ouverture de mon Testament. »

Ce a aviil 1821, 1.onswood.

Ceci est un qnatrirme Codirlllp à mon testament ;

Par les dispositions que nous avons faites précédemment, nous n'avons pas rempli toutes nos obligations, ce qui nous a décidé à faire ce quatrième Codicile.

1° Nous léguons au fds ou au petit-fils du haron Dutheil, lieutenant-général d'artillerie , ancien seigneur de Saint-André , qui a commandé l'école d'.Vuxonne avant la révolution, la somme de cent mille francs ( 100,000), comme souvenir de reconnaissance pour les soins que ce brave général prit de nous lorsque nous étions comme lieutenant et capitaine sous ses ordres.

2° Idem au fds ou petit-fds du général Dugommier, qui a commandé en chef l'armée de Toulon, la somme de cent mille francs (100,000). Nous avons sous ses ordres dirigé ce siège et commandé l'artillerie. C'est un témoignage de souvenir pour les marques d'estime, d'affection et d'amitié que nous a données ce brave et intrépide général.

3° Idem , nous léguons cent mille francs (100,000 au fils ou petit-fils du député à la Convention Gasparin, représentant du peuple à l'armée de Toulon, pour avoir protégé et sanctionné de son autorité le plan que nous avons donné, qui a valu la prisL' de cette ville, et qui était contraire à celui envoyé par le Comité de salut public. Gasparin nous a mis, par sa protection, à l'abri des persécutions de l'ignol'ance des états-majors qui commandaient l'armée avant ^arri^ée de mon ami Dugommier.

V" Idem, nous léguons cent mille fi'ancs (100,000) à la veuve, fils ou petit-fils de notre aide-de-camp Muiron, tué à nos côtés à Aréole, nous couvrant de son corps (1).

I. Beaiifoiip oui ccrilsur le caractèro ol les ([iialiu-s do Napoléon, soit en aUaquc, soit en iléleiise. Que ceux qui sont avides de données propres à les guider dans la vérité s'arrêtent sur ses derniers actes! Il n'est pas un paragraplio, une ligue do son Testament et de ses nombreux Codicilles, (ini, dans leurs préambules et leurs détails, ne jettent de vives lumières, et ne se trouvent caractéristiques. Après U\s avoir lus soignenscmenl , on ne se demand(> pins s'il fut bon citoyen, bon époux, bon père, parent, ami affectionni'; s'il lut siumIiIc aux liii^nlails, aux siT\iics ipi'il rciiit; s'il en perdit jamais le souvenir.

I.e prést'iit Codicille surtout est des plus loucbanis.i cet égard; et combien de si précieux témoigiiagos ne se trouvent-ils pas rehaussés encore par tontes les circonstances dont ils furent entourés ! Napoléon touchait à sa lin, des douleurs arguës le torturaient sans relâche, et c'est dans celte situation désespérée, dans ini même instant, le même jour, qu'il trace avec celle dignité, cette précision, ce même espril d'ordre el de calcul cpd i]iésidaienl à ses décrets, ses (piaire derniers Codicilles!!!

5° Idem (10,000) dix mille francs au sous-officier Cantilion, qui a essuyé un procès comme prévenu d'avoir voulu assassiner lord \\'ellington, ce dont il a élc déclaré innocent. Cantilion avait autant de droit d'assassiner cet oligarque que celui-ci de m'envoyer, pour y périr, sur le rocher de Sainte-Hélène. Wellington, qui a proposé cet attentat, cherchait à le justifier (1) sur l'intérêt de la (irande- Bretagne. Cantilion, si vraiment il eût assassiné le lord, se serait couvert et aurait été justifié par les mômes motifs, l'intérêt de la France de se défaire d'un général qui d'ailleurs avait violé la capitulation de Paris, et par là s'était rendu responsable du sang des martyrs Ney, Labédoyère , etc. , et du crime d'avoir dépouillé les musées , contre le texte des traités.

6° Ces 4-10,000 (quatre cent dix mille francs) seront ajoutés aux 6,V00,00O dont nous avons disposé, et porterons nos legs à 0,810,000. CcsilO.OOO francs doivent être considérés comme faisant partie de notre Testament, article 30, et suivre en tout le même sort que les autres legs.

7° Les 9,000 livres sterling que nous avons données au comte et à la comtesse Montholon doivent, si elles ont été soldées, être déduites et portées en compte sur les legs que nous leur faisons par nos Testaments ; si elles n'ont pas été acquittées, nos billets seront annulés.

.8" Moyennant les legs faits par notre Testament au comte ^lontholon, la pension de 20,000 francs accordée à sa femme est annulée : le comte Montholon est chargé de la lui payer.

9" L'administration d'une pareille succession, jusqu'à son entière liquidation, exigeant des frais de bureau, de courses, de missions, de consultations, de plaidoiries, nous entendons que nos exécuteurs testamentaires retiendront 3 p. 100 (trois pour cent) sur tous les legs, soit sur les 6,800,000 francs, soit sur les sommes portées dans les Codicilles, soit sur les 200,000 du domaine privé.

10° Les sommes provenant de ces retenues seront déposées dans les mains d'un trésorier, et dépensées sur mandat de nos exécuteurs testamentaires.

Il» Si les sommes provenant des susdites retenues n'étaient pas suffisantes pour pourvoir aux frais, il y sei'a pourvu aux dépens des trois exécuteurs testamentaires et du trésorier, chacun dans la proportion du legs que nous lui avons fait par notre Testament et Codicille.

12° Si les sommes provenant des susdites retenues sont au-dessus des besoins, le restant sera partagé entre nos trois exécuteurs testamentaires et le trésoriei', dans le rapport de leurs legs respectifs.

1. Quelques-uns ont blAiné, clans co qualriùme Coilieillo, l'articlo du subalterne Dtniillon, comme pouvant, suivant euN, Otre pris pour un sentiiiieni île liaine et avoisiner la justification du meurlri»; mais nuUemenl; el ce serait bien mal lire. Napoléon ti'a voulu, an contraire, par une siniililutle frappante, (pie mieux constater un grand principe de morale, et faire res.sortir plus l'Uerjiiiiuenienl tout TediiMix du raifonnenieni, de la vioU^nce, de l'assiissinal même, solon lui, employés contre .s;» personne

13' Nous noiiinioiis le comte Las-Cases, et, à son défaut, son fils, et, à son défaut, le général Drouot, trésorier.

Ce présent Codicille est entièrement écrit de notre main , signé et scellé de nos armes.

Signé NAPOLÉON.

Ce 2i aviil 1821, ;'i Limgwûod.

Ceci est mon Codicille, ou acte de ma dernière volonté.

Sur les fonds remis en or à l'impératrice Marie-Louise, ma trés-chère et bienaimée épouse, à Orléans, en ISli, elle reste me devoir deux millions, dont je dispose par le présent Codicille , afin de récompenser mes plus fidèles serviteurs , que je recommande du reste à la protection de ma chère Marie-Louise.

1° Je recommande à l'impératrice de faire restituer au comte Bertrand les 30,000 francs de rentes qu'il possède dans le duché de Parme et sur le Mont- Napoléon de Milan , ainsi que les arrérages échus.

2" Je lui fais la mrme recommandation pour le duc d'Istrie, la fille de Duroc , et autres de mes serviteurs qui me sont restés fidèles, et qui me sont toujours chers ; elle les connaît.

3° Je lègue sur les 2,000,000 ci-dessus mentionnés, 300,000 francs au comte Bertrand, sur lesquels il versera 100,000 dans la caisse du trésorier pour être employés, selon mes dispositions, à des legs de conscience.

4" Je lègue 200,000 au comte de Montholon, sur lesquels il versera 100,000 dans la caisse du trésorier pour le même usage que ci-dessus.

5° Idem 200,000 au comte Las-Cases, sur lesquels il versera 100,000 dans la caisse du trésorier pour le même usage que ci-dessus.

6° Idem , à Marchand 100,000, sur lesquels il versera 50,000 dans la caisse pour le même usage que ci-dessus.

7° Au maire d'Ajaccio, au commencement de la révolution, Jean- Jérôme Levie , ou à sa veuve , enfants ou petits-enfants , 100,000 francs.

8° A la fille de Duroc, 100,000.

9" Au fils de Bessières, duc d'Istrie, 100,000.

10° Au général Drouot, 100,000.

11°. Au comte Lavallette , 100,000.

12° Idem 100,000, savoir : 25,000 à Pierron , mon maîti-e d'hôtel; 25,000 à Noverraz, mon chasseur ; 25,000 à Saint-Denis, le garde de mes livres ; 25,000 à Santini, mon ancien huissier.

13° Id£,n 100,000, savoir : 40,000 à Planât , mon officier d'ordonnance ; 20,000 à Hébert, dernièrement concierge à Rambouillet , et qui était de ma chambre en Égy|)te ; à Lavigne, qui était dernièrement concierge d'une de mes écuries, et qui était mon piqucur en Egypte; à Jeanet Dervicux, qui était piqueur des écuries, et me servait en Egypte.

14° Deux cent mille francs seront distribués en iiumôncs aux liabilanls de Brienne-le-Chilteau qui ont le plus soulTert.

15° Les 300,000 francs restants seront distribués aux officiers et soldais du bataillon de ma garde de l'Ile d'Elbe actuellement vivants, ou à leurs veuves et enfants , au prorata des appointements, et selon l'état qui en sera arrêté par mes exécuteurs testamentaires. Les amputés ou blessés grièvement auront le double. L'état en sera arrêté par Larrey et Emmery.

Ce Codicille est écrit tout de ma propre main, signé et scellé de mes annes.

Au dos était écrit : «Ceci est mon Codicille, ou acte de ma dernière volonté, dont je recommande l'exécution à ma très-chère épouse l'impératrice Marie- Louise. »

Signé NAPOLÉON.

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