L. -J.-A. Désy, avec le concours des officiers suivants
M. le notaire Wilfrid-Dieudonné Denis, comme protonotaire, et M. Octave Hébert, comme shérif, jusqu’en 1922, alors qu’il fut remplacé par le lieutenant-colonel P. -H. Bourque. A ces officiers a été ajouté, en 1919, un percepteur du revenu, dans la personne de M. Ernest Bélanger, de Sainte-Monique.
4. Le bureau d’enrégistrement du comté de Nicolet, qui se tenait à Bécancour, fut partagé en deux divisions distinctes le 1er mai 1900 (1), à savoir : la division de Bécancour, restée sous la direction de M. J. -A. Blondin, et celle de Nicolet confiée à son conjoint, le docteur
(1) Statuts de Québec, 1900, 63 Vict. Chap. 8, p. 37 et suivantes.
Gustave Turcotte, qui tint le bureau d’abord dans la maison de M. Noël Côté, puis à la résidence même du docteur, devenue aujourd’hui la propriété des Chevaliers de Colomb.
Le docteur Turcotte s’étant décidé, en 1907, à briguer les suffrages des électeurs pour la Chambre des communes, dut désigner ses fonctions de régistrateur. Il fut remplacé, le 1er janvier 1908, par M. le protonotaire J.W. Denis qui remplit encore ces fonctions au nouveau palais de justice.
5 La cour des commissaires civils a été organisée par S. G. Mgr Gravel, le premier évêque de Nicolet, dès la prise de possession de son diocèse, en 1885. Cette institution, de même que la loi qu’elle est appelée à faire fonctionner, sont dues à l’initiative discrète autant que dévouée de Sir Georges-Etienne Cartier. Voici en quelques mots le rôle des commissaires civils : lorsque l’évêque d’un diocèse désire établir une nouvelle paroisse, il l’érige canoniquement, et, en vertu de la loi dont nous venons de parler, ce décret épiscopal entraîne, au moyen d’une procédure très simple, l’existence civile de la nouvelle société religieuse. Pour assurer à l’Eglise la plénitude de sa liberté en ce qui touche l’érection ou la réparation des églises, presbytères, cimetières, etc., il fallait une organisation spéciale qui pût agir de concert avec l’autorité ecclésiastique, et l’on eut les commissaires civils, nommés par le lieutenant-gouverneur au nombre de cinq, avec quorum de trois membrs. C’est à eux qu’il appartient de permettre la cotisation des propriétés, pour les fins indiquées plus haut, d’homologuer les répartitions, etc. (1).
(1) Statuts Refondus Bas-Canada, Ch. 18, maintenant Statuts Refondus P. Q., Ch. 1er, Titre IX.
M. LE PROTONOTAIRE J.-VV. DENIS Réglstrateur
La première assemblée des commissaires civils de Nicolet a été tenue le 7 décembre 1885 et se composait de MM. Georges David, Eusèbe Beaubien, P.-A. Papillon, Théophile Saint-Laurent et G.-H. Giroux, nommés le 8 octobre précédent.
Voici les noms des autres commissaires qui se sont succédé depuis cette date (1), M. F. -R. Saint-Germain, nommé le 12 septembre 1889, en remplacement de M. David. M. Oscar Rousseau, le 16 septembre 1892, succède à M. Eusèbe Beaubien. MM. A. -O. Cloutier et J. -N. Jutras, nommés le 22 juin 1909, le premier remplaçant M. Saint-Germain, et l’autre M. Saint-Laurent, absent de Nicolet. MM. Honoré Dufresne et Harry Smith, le 26 septembre 1914, à la place de MM. Oscar Rousseau et A. -O. Cloutier. M. Emmanuel Rousseau succède, le 22 janvier, à M. Charles Giroux. MM. J.-N. Denis et H. -R. Dufresne, le 1er juin 1920, en remplacement de MM. Jutras et Honoré Dufresne.
Secrétaires : M. Charles Borromée Guillet, avocat, depuis le 7 décembre 1885 jusqu’à sa mort, le 1er juillet
M. l’avocat Wilfrid Camirand, depuis le 10 juillet
Nous avons eu communication, par M. le secrétaire actuel, du relevé des séances tenues par les Commissaires civils pour le diocèse de Nicolet et des répartitions de paroisse, depuis 1885 à 1923. Nous n’en donnerons pas ici le détail qui serait un peu long. Qu’il suffise de rappeler, pour donner une idée du travail accompli par cette institution si utile, qu’il a été tenu dans cet espace de trente-huit années 517 séances, et que les répartitions homologuées se montent à près de deux millions de piastres, exactement $1,984,788.54. Ce dernier chiffre nous
01) Notes fournies par M. l’avocat Camirand.
donne aussi un aperçu de ce que représentent de sacrifices généreusement consentis les établissements religieux de nos paroisses, surtout des nouvelles.
fi. Le bureau de poste de Nicolet a été ouvert en 182fi et tenu dans des maisons particulières jusqu’en 1908, date de l’ouverture du bureau actuel. MM. Luc- Michel Cressé, de 1826 au 2fi novembre 1850, — Henry-A. Chillas, du 26 novembre 1850 au 3 novembre 1868. — Mlle Margaret Chillas, de 1868 à 1908, — M. Narcisse Jutras, de 1908 à 1911. — et enfin depuis 1911, M. Alfred Gaudet, fils de M. Joseph Gaudet qui fut député pendant dix-neuf ans (1858-77) se sont succédé jusqu’à nos jours dans la charge de maîtres de poste.
Pendant les vingt-quatre premières années, le notaire Luc-Michel Cressé tenait le bureau de poste dans la maison actuelle de M. Joseph Duval, à l’angle des rues Saint-Jean-Baptiste et Cressé. Cette dernière rue doit probablement son nom au fameux notaire qui l’a habitée.
De 1850 au 11 juillet 1891, les maîtres de poste Henry Chillas et sa fille Margaret l’ont tenu dans le vieux collège, aujourd’hui académie des Frères des Ecoles Chrétiennes, au centre du corps principal d’abord, où ils ont vécu avec madame Georges Proulx, puis à l’angle sud, près des pins, après le départ du poète L.-H. Fréchette (fin d’août 1888) qui l’occupait depuis quelques années. Cet immeuble était, depuis 1831, partagé en plusieurs logements habités par des locataires. L’arrivée des Parères, en 1887, lui fit reprendre sa destination première, qui était celle de l’enseignement, et obligea Mlle Chillas à transporter, bien à regret paraît-il son domicile et le bureau ailleurs.
En quittant le vieux collège, elle s’installa sur la rue Brassard, dans la maison de M. Legendre que venait d’acquérir l’abbé Moïse-Georges Proulx, et y tint le bureau jusqu’à la nomination de son successeur, en 1908. C’est la maison occupée de nos jours par M. le maître de poste Gaudet et le barbier Lambert.
Le bureau de poste actuel a été bâti aux frais du gouvernement, en 1905 et 1906, grâce aux démarches et à l’influence de l’honorable Rodolphe Lemieux, élu député de Nicolet en 1904. Cette dernière date inscrite sur le cadran de l’horloge rappelle, non l’époque de sa construction, mais celle de l’élection de M. Lemieux qui marquait, par l’offrande de ce bel édifice, sa reconnaissance à ses mandants de Nicolet.
Mlle Chillas ne jugea point à propos d’y résider, et le bureau resta inoccupé jusqu’à la nomination de M. Narcisse Jutras, en 1908.
Le bureau de poste du Port Saint-François a été ouvert en 1836 et fermé en 1858. Il était tenu par M. Smith Leith, agent du Port Saint-François et de la British American Land Co.
Pendant l’existence de ce bureau, une diligence partait trois fois par semaine du Port Saint-François pour Nicolet, La Baie, Saint-Zéphirin, Drummondville, Durham jusqu’à Melburne, et une autre diligence faisait le trajet de Melburne à Sherbrooke. Elle transportait régulièrement la malle, mais elle était aussi à la disposition des voyageurs (1).
(1) Notes de M. Rodolphe Courchesne.
7. Nicolet a aussi ses sociétés de bienfaisance : Chevaliers de Colomb, Artisans Canadiens-français, dont il convient de dire un mot ici.
Chevaliers de Colomb— Conseil de Nicolet No 1326. Cet ordre constitue une société de bienfaisance essentiellement catholique, dont le but est de secourir et d’assister mutuellement ses membres et ceux qui en dépendent. Le Conseil de Nicolet a été fondé le 1er mai 1908.
Le 10 mai suivant, avait lieu aux Trois-Rivières, sous la présidence du Député F. Murphy, district No 2, la première initiation des membres au 1er degré, au 2e et au 3e, donnant au Conseil 11 nouveaux membres, auxquels s’adjoignaient neuf autres membres transférés, formant un total de cinquante membres.
Après la cérémonie, on procéda à l’élection des premiers officiers, que l’on désigne par les dénominations suivantes : Grand Chevalier, Député Grand Chevalier, Chancelier, secrétaire-archiviste, secrétaire-financier, trésorier, conférencier, avocat, cérémoniaire, garde intérieur, garde extérieur, syndics, chapelain.
Depuis sa fondation, le Conseil de Nicolet a compté trois Grands Chevaliers : M. Arthur Trahan, du 10 mai 1908 au 22 octobre 1912. M. J.-E. Belcourt, du 22 octobre 1912 au 14 septembre 1919. M. le docteur Harry Smith, depuis le 14 septembre 1919 jusqu’aujourd’hui.
Le 13 août 1920, le Conseil No 1326 s’est constitué en corporation, par lettres patentes émises par le lieutenant-gouverneur de la province de Québec, sous le nom de Les Chevaliers de Colomb de Nicolet ”, avec bureau à Nicolet.
Depuis 1908 à 1920, les Chevaliers de Colomb avaient leur lieu de réunion dans la maison de M. le docteur H. Charland, aujourd’hui la Pharmacie Nicolet, sur la rue Brassard. Ils ont acquis, en 1920, la résidence de feu le docteur Turcotte, rue Panet.
Les Artisans canadiens-français — C’est une société de bienfaisance essentiellement catholique et canadiennefrançaise, comme son nom l’indique. Son but est de protéger les membres qui la composent, de leur venir en aide par une assurance en maladie, et à leur mort de secourir leur veuve et leurs orphelins. A ce but de bienfaisance qui lui est commun avec d’autres sociétés similaires, elle ajoute celui de grouper les Canadiensfrançais dans une pensée de patriotisme qui soit ellemême une force, et d’écarter ainsi la tentation toujours dangereuse que constituent, pour un bon nombre des nôtres, les promesses alléchantes des sociétés neutres.
M. John O’Shaughnessey en a été l’introducteur à Nicolet. A une assemblée tenue à l’hôtel de ville, le 17 février 1908, il fit valoir les avantages de cette société et rallia sans peine à son projet les citoyens marquants, qui tinrent à honneur de faire partie de la société.
M. O’Shaughnessey fut alors nommé président, et a conservé depuis ce poste. Le secrétaire trésorier actuel est M. Donat Fontaine.
Il reste à dire un mot des institutions financières de Nicolet, dont quelques-unes ne vivent plus que dans le souvenir, mais qui ont permis de donner alors à certaines entreprises commerciales ou industrielles un développement plus considérable, et par suite ont été une source de prospérité pour la région nicolétaine.
Nous avons divisé l’histoire de Nicolet, au point de vue de l’industrie, en trois périodes : celle des débuts de la colonie où les habitants demandent surtout à la chasse ou à la pêche la subsistance de leur famille ; l’ère de
1 industrie domestique et l’ère de l’industrie laitière. L’histoire économique comprendrait, elle aussi trois phases distinctes : il y aurait d’abord celle de l’économie familiale. L échange alors n’existait pas : chaque producteur devenait lui-même le consommateur du fruit de son travail. On se contentait de tirer du modeste champ que 1 on cultivait, ou du métier que l’on exerçait, les resources indispensables à la vie et c’était tout.
Peu à peu, on s’enhardit cependant. Les terres ayant pris de la valeur, on connut le commerce local, timide encore mais qui se développa avec les années. On eut même, après 1848, une fonderie, puis bientôt la tannerie. Le commerce du bois de chauffage était lui aussi une source précieuse de revenus, et déjà les premières scieries en opération donnaient de belles espérances.
Avec la construction des nouveaux moulins plus considérables, dits moulin Girardin, moulin McCaffrey, Lecomte et Bail, le premier en 1862, l’autre en 1868, moulin Bail, en 1872 et moulin Tourville en 1880 (bien qu’ils aient changé de propriétaires assez souvent), le commerce de bois prit un plus large essor et nécessita l’ouverture de maisons de crédit. La première fut le comptoir d’escompte, tenu par le notaire Jacques, pour la compagnie Cressé-Lecomte dont le chiffre d’affaires était considérable pour l’époque. Le notaire P. Désilets y fut plus tard employé.
En 1880, la banque Ville-Marie, fondée à Montréal en 1872, ouvrait à Nicolet une succursale. Elle eut son bureau dans le salon de M. Théophile Saint-Laurent, marchand de cette ville. Le premier gérant fut un M. Lefebvre, qui après quelques mois seulement fut remplacé par M. C.-A. Sylvestre. Celui-ci eut pour successeur M. Ludger Bélaire. Le 25 juillet 1899, la banque Ville-Marie se déclarait insolvable, et du même coup disparaissait sa succursale de Nicolet.
M. LE CHANOINE J.-E. BELLEMARE (Ancien curé de la Baie-du-Febvre, Auteur de l’Histoire de cette paroisse) 1849-1924
Il y eut alors un deuxième comptoir d’escompte ouvert par Lecomte et Beaubien, et qui put se maintenir de 1899 à 1910, époque où il lui fallut à son tour liquider.
Dans l’intervalle cependant, Nicolet avait vu s’ouvrir une succursale de la Banque Nationale de Québec, en août 1901. Ses gérants ont été MM. F.-A. Gauthier, de 1901 à juin 1909 ; Joseph Dallaire, de 1909 à mai 1922 ; et Honorius Fortier, depuis le 15 mai 1922. Par suite des pertes considérables qu’elle vient de subir, la Banque Nationale s’est vue obligée de se fusionner avec la Banque d’Hochelaga, et par suite disparaît la succursale, avec le 1er mai 1924.
La banque d’Hochelaga, fondée à Montréal en 1873, avait ici un bureau depuis le 5 mai 1919. C’est ce bureau qui continue les opérations des deux banques ainsi fusionnées. Les gérants ont été jusqu’ici : MM. Louis Dubuc, Jules DeSerres, 8 juillet 1919, Bobert Dandurand, avril 1921, Léopold Trottier, 1er septembre 1922.
NOTE DE L’EDITEUR. — Devant la mort qui venait, M. l’abbé Elzéar Bellemare a dû, en cette fin de février 1924, déposer la plume, avec le regret de ne pouvoir terminer son travail. Ce> premier volume de l’Histoire de Nicolet en était à ses dernières pages, et il n’a même pu en voir l’impression. Une main pieuse a recueilli ces feuillets épars qui trahissaient de si touchante façon l’effort d’une volonté persévérante. C’est donc sa pensée, rendue avec toute la fidélité qu’inspirait le respect de sa mémoire et de son talent d’historien, qu’offrent aux lecteurs ces deux derniers chapitres de l’Histoire de la seigneurie de Nicolet.
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