‹ Histoire de Normandie (volume 4)Chapitre 22 sur 30 · POST MULTAS STRAGES, PR^DAS, INCENDIA, CEDES · texte numérisé non relu

POST MULTAS STRAGES, PR^DAS, INCENDIA, CEDES

Utile cum Gallis foedus init cupidis.

supplex franconi merdlf baptismate tingi:

Sic periit veteris omne nefas hominis.

Ut fuit ante lupus, sic post fit mitibus agnus.

Pax ita mutatum mulceat ante Deum.

(Duc des Normands, terreur des ennemis, et bouclier des siens , c'est à ce titre que Rollon est enfermé dans ce tombeau. Le mérite de ses ancêtres les éleva si haut qu'aucun d'eux, aïeul, père ou bisaïeul, ne daigna s'abaisser à servir. Au milieu des batailles , il vainquit le roi qui commandait les braves et nombreuses cohortes du Danemarck. Il mit en fuite les Frisons , les gens de Walcheren , de l'Elbe ■ et du Hainaut qui s'étaient réunis contre lui. 11 força les premiers , vaincus dans plusieurs batailles, à lui jurer

' Conjecture aur le mot Halbacenses, qu'on trouve dan» toutes 1?» r opies de cette épitaphe.

36* ORDBRIC VITAL.

fidélité et à lui payer tribut. Bayeux fut pris par lui, et les Parisiens furent deux fois vaincus. Nul ne fut plus que lui redoutable aux bataillons français. Durant trente années il baigna leurs plaines de leur sang, toujours en guerre avec l'indolent Charles-le-Simple. Enfin , après un long carnage , de grandes dévastations et d'affreux incendies, il conclut avec la France empressée un utile traité de paix. Suppliant , il mérita que Francon le baignât dans les eaux du baptême : ainsi disparurent tous les crimes du vieil homme. Comme il avait été loup dévorant, il se montra comme un doux agneau pour ceux qui étaient remplis de douceur. Puisse cette tranquillité le présenter devant Dieu comme s'étant adouci dans son changement! )

Des vers funèbres furent gravés en lettres d'or sur le mausolée de Guillaume Longue-Épée, lequel est situé dans la région du nord.

Épitaphe de Guillaume Longue-Épée.

QUOS DEFENDEBAT GuiLLELMUS NEMO PREMEBAT ,

ÀUXILIO CAHUIT LJEDERE QUEM VOLUIT.

B.EGIBCS AC DUCIBDS METUENDA MANUS FUIT EJUS ,

Belliger Henricus Gjesar EUM TIMUIT.

Rexit Normannos viginti quinque PER ANNOS ,

MlLITIS ATQDE DUCIS PROHPTUS IN OFFICIIS.

cienobium pulchre reparay1t gemmeticense,

Et decrevit ibi ferre jugum monachi.

Fervidus invicti coluit normam Benedicti ,

CUI PETIIT SUBDI, PLENUS AMORE DeI.

DlSTULIT HOC ABBAS MaRTWUS, DIVA POTESTAS SfVA PER ARMA MORI PRjETULIT OMEtf El :

Namqde dolis comitis Arnulfi NECTDS INERMIS Corroit. JEthereum possit habere Deum !

Amen.

( Nul n'osait attaquer ceux que protégeait Guillaume ; ceux qu il voulut frapper demeurèrent sans défense. Sa main fut toujours redoutable aux rois comme aux princes : le belliqueux empereur Henri lui-même craignit sa valeur. Pendant vingt-cinq ans il gouverna les Normands, toujours actif en ses travaux, soit comme soldat, soit comme capitaine. Il répara avec pompe le couvent de Jumiège , et même il eut le projet dy porter le joug monacal. Dans sa ferveur, il respecta la règle de l'invincible Benoît et demanda, plein de l'amour de Dieu, à se soumettre à ses lois. L'abbé Martin l'en dissuada , et la puissance divine lui présagea la mort au milieu des cruautés de la guerre. Aussi tomba-t-il sans défense enlacé dans les pièges du comte Arnoul. Puisse-t-il jouir de la présence du Dieu des cieux ! Ainsi soit-il. )

L'an de l'Incarnation du Seigneur io63, l'archevêque Maurille dédia , avec une grande joie , au mois d'octobre, en l'honneur de sainte Marie, mère de Dieu , la basilique métropolitaine que Robert avait commencée dans la ville de Rouen. Cette année était la huitième du règne de l'empereur Henri iv, et la quatrième de celui de Philippe fils de Henri, roi des Français. En cette année , les Normands s'emparèrent de la ville du Mans 11 y avait dix ans que la bataille de Mortemer a avait eu lieu , et dix-sept que Guillaume et Gui avaient combattu au val des Dunes 3 . Alors Michel précipita du trône impérial

' Eo 1064.

* Mortcmer-sur-Eaulne, qu'il ne faut pas confondre avec Mortemeren-Lions dans le Vexin. Celte bataille est de io55 et non de io34 , comme le dit Guillaume de Jumiège. Les époques fixées ici par Ordcric Vital ne laissent d'ailleurs aucun doute à cet égard.

3 En 1047 /selon Guillaume de Jumiège.

364 ORDEMC VITAL.

Diogène son beau - père , et s'empara du sceptre de Constantinople qu'il ne tarda pas à perdre honteusement. En Angleterre , à la mort du roi Edouard , il s'éleva de grands troubles lorsque le parjure Harold, fils de Godwin , qui ne sortait pas du sang royal , s empara du trône par violence et par artifice. L'an 1066 depuis que le Verbe fut engendré , le territoire des Anglais vit la chevelure d'une comète , présage de la chute d un roi orgueilleux.

Ce fut cette année qu'eut lieu la bataille de Senlac % et qu'après la mort de Harold , Guillaume triompha le 2 des ides d'octobre (14 octobre) , et fut couronné roi le jour de la naissance du Seigneur \

Pervigil aniistes in eadem se de Joannes Legis apostolicœ studuit documenta tenere.

( Jean , prêtre vigilant , s'appliqua sur le siège de Rouen à observer les documens des lois apostoliques).

Fils de Raoul) comte d'Ivri et de Bayeux, il fut évêque d' Avranches , et passa de là à l'archevêché de Rouen, qu'il occupa dix ans avec éclat du temps des papes Alexandre et Grégoire vu.

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