‹ Histoire de Normandie (volume 5)Chapitre 2 sur 20 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

lions de parvenir à l'héritage de Téternité , entreprise que la tentation continuelle des péchés rend si difficile à notre faiblesse et à notre lâcheté. Toutefois nous devons , autant qu'il est possible , faire de sincères efforts pour marcher sur leurs traces, jusqu'à ce que , associés à leurs mérites , nous ayons été trouvés dignes de faire partie de l'association des bienheureux.

Je me suis plu à parler dans la précédente partie de quelques amis de Dieu , de quelques maîtres et de quelques chefs de son peuple. Il est agréable pour Famé, et c'est un remède salutaire pour les maladies morales, de s'entretenir de ces choses avec foi. Désormais une autre entreprise m'est prescrite par mes maîtres , et devant moi s'étend une ample matière sur les événemens qui concernent les Normands. Sortis de la Dacie \ ils s'appliquèrent, non pas aux lettres, mais aux armes , et s'occupèrent bien moins de lire ou d'écrire que de combattre , jusqu'à l'époque de Guillaume-le-Bâtard.

Dudon, doyen de Saint-Quentin, a écrit éloquemment les exploits belliqueux de nos trois premiers ducs-, son ouvrage fécond et poétique est leur panégyrique. Il l'offrit à Richard, fîls de Gonnor, dont il desirait captiver les bonnes grâces. Guillaume, surnommé Calcul, moine de Jumiège, venu plus tard,, fit de cet ouvrage un élégant abrégé , et publia en peu

* L^aateur veut dire le Danemarck. A Te'poque où il écrivait, et même long-temps après, on confondait les Daces avec les Danois, la Dacie avec le Danemarck. Joutes les fois qu'Orderic Vital parle de Dacie et de Daces, il entend le Danemarck et les Danois.

Page 1