EN TÊTE DE L’EDITION DE
En donnant cette nouvelle édition de l'histoire . du Notre-Dame de Boulogne, notre intention a été de satisfaire au vœu de beaucoup de fidèles , qui se plaignaient de ce que cet ouvrage était devenu tellement rare , qu’il était a peu près impossible de se le procurer. Plusieurs personnes désiraient qu’on changeât le manuscrit de M. Leroy » en substituant à quelques tournures de phrases, à quelques expressions qui ont vieilli, un langage plus élégant, et des formes de style plus nouvelles; d'autres, au contraire , et c’était le plus grand nombre , demandaient que le texte de l’ancien ouvrage ne subit aucune altération. Nous avons adopté l’avis do ces derniers; et les motifs qui nous y ont engagés seront sans doute généralement appréciés. C’est en 1703 que M. Leroy, chanoine aussi recommandable par sa piété que par sou instruction, mettait la dernière main à son histoire du Notre-Dame de Boulogne. A. celte époque, le siècle de Louis xiv, si fécond en génies de tous les genres, et qu’on a surnommé arec raison le grand siècle de lu France , avait imprimé à notre langue le caractère qu’à peu du choses près elle couscrvcra toujours. M Leroy, qui écri ■ vit vers la fin du ce siècle , et qui avait profité des leçons que nous donnent encore chaque jour dans leurs udmiru-
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blés ouvrages les Bossuet, les Fénélon et les Pascal , n’a rien de gaulois dans son style , qui réunit la précision à la clarté. Les expressions qu’il emploie ne sont pas ambitieuses : il ne cherche pas , comme beaucoup de nos auteurs , à faire de l’effet ; il raconte avec simplicité des faits miraculeux qui ont été les objets de la vénération de nos pères; et sous ce rapport son travail a un genre de mérite qui disparaîtrait totalement si l’on y substituait la prétention et la recherche. Son livre n’est point une pièce d’éloquence , c’est la narration d’événements dont la plus grande partie se rattache aux temps antiques de la foi , cl il a conservé h cette narration le cachet que la tradition lui avait transmis. En l’habillant à la moderne, nous lui eussions fait perdre ce cachet de naïveté si rare aujourd’hui, et qui donne tant de prix h nos vieilles chroniques. Tout nous imposait donc la loi de respecter le texte de l’ouvrage que nous faisions réimprimer.
Les mêmes motifs n’existaient point pour les notes , puisqu’il ne s’agissait que de les augmenter, en offrant pour ces augmentations des explications intéressantessur certaines parties du texte. 11 devenait aussi nécessaire de remplir les lacunes qui existaient dans l’histoire de Notre- Dame, depuis l’époque où M. Leroy l’avait écrite jusqu’à nos jours; et c’est ce que nous avons taché do faire, en ayant soin de n’employer pour cela que des renseignements dont l’authenticité nous a été certifiée.
Enfin, l’histoire de Notre-Dame de Boulogne contenait une ode en vers latins, très- bien faite, par le père Commire. En conservant celte ode, nous avons cru devoir, pour ceux qui ne savent point la langue latine, ajouter à notre édition des vers français et des cantiques, qui ont pour objet de célébrer la Mère du Sauveur , la
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consolatrice des affligés, la céleste messagère de nos plaintes près du Très Haut. Ces cantiques rappellent principalement le culte que les mariniers , et en particulier nos bons pécheurs Boulonnais., ont voué à celle dont la puissante intercession arrête la foudre prête à frapper , et calme les flots soulevés par la tempête.
Dans le peu que nous avons ajouté à ce livre, nous avons consulté de respectables ecclésiastiques, afin qu’il ne contint rien qui ne fût d’accord avec les principes d’une religion sage et éclairée. Les personnes pieuses peuvent donc le lire en toute sûreté : c’est pour elles que nous avons publié cette nouvelle édition. Obtenir leur suffrage est le but que nous désirons atteindre ; et si cette récompense nous est accordée , nos désirs seront remplis.
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