BALLADE
Lorsque la nuit au front d'ébène Étend son voile dans les airs ,
Que de sa lueur incertaine La lune au loin blanchit les mers , Sur cette roche solitaire Où viennent se briser les flots , Loin de son fils, le pauvre Pierre Exhale sa peine en ces mots :
■ Des premiers jours de ton enfance » Que j’aime à me ressouvenir!
» Jeune et couronné d’innocence ,
» Sous mes yeux je te vis fleurir !
» Loin de Boulogne, hélas ! peut-être » D’affreux écueils, des bords déserts , » Ont vu ton bateau disparaître ,
» Englouti dans les flots amers ! *
Un soir, du chagrin qui le ronge Le vieillard déposant le poids, S’endort bientôt , et dans un songe De son fils il entend la voix:
POÉSIES
« O vous , qu’afflige mon absence , » Pour votre Paul priez le ciel ;
» Et qu’en ce jour son assistance » Me rende au foyer paternel I »
A ces mots le vieillard s’éveille , Le songe s’est évanoui ;
B regarde, il prête l’oreille :
Tout est muet autour de lui.
L'image du fils qu'il adore Trouble pourtant ses sens émus :
Ainsi l’airain murmure encore Lorsque le son n’est déjà plus.
Mais le jour fuit , et le vieux Pierre , Afin de retrouver la paix ,
Implore , en son humble prière , Notre-Dame du Boulonnais.
B retourne vers sa chaumière ,
D’un pieux espoir enflammé ;
II arrive : et ce tendre père Retrouve son fils bien aimé.
Ali ! qui peindra leur douce ivresse ?
Qui dira leurs transports joyeux J Leurs cœurs palpitent d’allégresse ;
Des pleurs d’amour baignent leurs yeux Et depuis ce jour mémorable ,
Tous deux, au sein de leur foyer, Bénissent la main secourable Qui protège le marinier.
JJoeaiea lie fripera tuteurs.