‹ Histoire de Notre-Dame de BoulogneChapitre 60 sur 89 · BALLADE · texte numérisé non relu

BALLADE

Lorsque la nuit au front d'ébène Étend son voile dans les airs ,

Que de sa lueur incertaine La lune au loin blanchit les mers , Sur cette roche solitaire Où viennent se briser les flots , Loin de son fils, le pauvre Pierre Exhale sa peine en ces mots :

■ Des premiers jours de ton enfance » Que j’aime à me ressouvenir!

» Jeune et couronné d’innocence ,

» Sous mes yeux je te vis fleurir !

» Loin de Boulogne, hélas ! peut-être » D’affreux écueils, des bords déserts , » Ont vu ton bateau disparaître ,

» Englouti dans les flots amers ! *

Un soir, du chagrin qui le ronge Le vieillard déposant le poids, S’endort bientôt , et dans un songe De son fils il entend la voix:

POÉSIES

« O vous , qu’afflige mon absence , » Pour votre Paul priez le ciel ;

» Et qu’en ce jour son assistance » Me rende au foyer paternel I »

A ces mots le vieillard s’éveille , Le songe s’est évanoui ;

B regarde, il prête l’oreille :

Tout est muet autour de lui.

L'image du fils qu'il adore Trouble pourtant ses sens émus :

Ainsi l’airain murmure encore Lorsque le son n’est déjà plus.

Mais le jour fuit , et le vieux Pierre , Afin de retrouver la paix ,

Implore , en son humble prière , Notre-Dame du Boulonnais.

B retourne vers sa chaumière ,

D’un pieux espoir enflammé ;

II arrive : et ce tendre père Retrouve son fils bien aimé.

Ali ! qui peindra leur douce ivresse ?

Qui dira leurs transports joyeux J Leurs cœurs palpitent d’allégresse ;

Des pleurs d’amour baignent leurs yeux Et depuis ce jour mémorable ,

Tous deux, au sein de leur foyer, Bénissent la main secourable Qui protège le marinier.

JJoeaiea lie fripera tuteurs.

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