‹ Histoire de Notre-Dame de BoulogneChapitre 86 sur 89 · FIN DES PREUVES · texte numérisé non relu

FIN DES PREUVES

Styptutou* aux

Ce n’est point an milieu du fracas des cités,

Ce n’est point aux jardins pompeusement plantés, Que ta main désigna ta demeure divine ,

O Vierge de Boulogne , ô patrone des mers !

Mais parmi la bruyère et les joncs toujours verts Et l'odorant genêt d’une agreste colline.

• Ce n’est pas au milieu du bruit et des splendeurs ,

» Ni dans l’entraînement des profanes ardeurs ,

» Qu’on trouve le bonheur auquel toute ame aspire ;

» Mais c’est dans le travail , sous un toît simple et pur, » Au foyer d’un ami toujours vrai , toujours sûr ,

» Que le coeur satisfait se dilate et respire. »

Un temple s'éleva décoré par la foi ,

Et les grands y venaient s’incliner devant toi ;

A ton pavé brillait la fleur, royal emblème ;

Et sept flambeaux d'argent et trois lampes d'or fin , O Vierge de Boulogne , illuminaient sans fin Des plus riches clartés ta sainteté suprême.

- Ainsi , dans la retraite et le recueillement ,

» Notre ame se transforme en noble monument ;

POÉSIES

■■ De riantes vertus brillent au sanctuaire ;

» L’espérance , la foi , l’ardente charité - Y rayonnent sans fin, flambeaux de pureté ,

>> Et l’homme avec respect adore leur lumière. »

Mais le temple s'ébranle et croule dévasté ; Albion sacrilège a détruit sa beauté ,

Et fait tonner la mort où s’épanchait la vie !.. Sa profane victoire emporte sur les flots ,

O Vierge de Boulogne , espoir des matelots , L'image à ton autel cruellement ravie.

« Ainsi les passions répandent le trépas ,

» Et l’effroi dans l’esprit qu’envahissent leurs pas ;

•> Toute vertu se trouble au contact de leur ombre ;

» Leur passage emportant, dans son cours furieux,

» L’image qu’on aimait et chérissait la mieux ,

» Ne laisse que débris dans le cœur froid et sombre. »

Veuf de ton effigie et de ]tes saints flambeaux ,

Tes murs abandonnés, abritent des tombeaux.

* Telle , quand de nos jours la tourmente est passée , » L’ame s'enveloppant de regrets et de deuil ,

» Dans son morne désert n’est plus que le cercueil » De tout ce qui charma notre jeune pensée. »

Mais la foi te rappelle et tu vas luire encor Sur ton pavé royal , parmi tes lampes d'or Et les flambeaux d'argent de ta sainte chapelle.

« L’immortelle espérance ébranlée un moment » Se raffermit bientôt dans le recueillement « Et pleine d'avenir s’épanouit plus belle. »

POÉSIES

C’est ainsi qu’explorant tes fastes vénérés, J’entendais une voix dont les accords sacrés En faisaient exhaler de pieuses pensées.

J’écoutais attentif ; tout ce qu’elle chanta Ma plume l'écrivit , et mon cœur ajouta :

« Ne renouvelons pas les tristesses passées !

Oh ! ne t’éloigne plus , mère des matelots 1 Reste pour protéger leur esquif sur les flots ,

Dans ces murs dont pour toi la splendeur se relève ! Que la noble cité grandisse dans ta foi 1 Que ses vierges toujours voient émaner de toi La paix et le bonheur que la jeunesse rêve 1

Jules Canonge. [1] Nîmes , mari <840.

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