CHAPITRE X
Progrès de la souscription nationale.
Faits intéressants qui s'y rattachent.
Et maintenant sur notre Fnnee»
Dont les yeux sont tournés vers toi, Viens briller, gage d'espérance, Symbole cber k notre foi...
Viens ! si dans l'ardente fournaise La valeur, la gloire française Ont jeté le noble métal, Le peuple entier a fait ton moule, Et c'est encor le peuple en foule Qui te met sur ton piédestal.
Léon VÀiitT.
C'est beaucoup qu'un heureux début pour une souscription. Chacun regarde instinctivement ceux qui l'ont précédé et prend pour mesure de ses sacrifices ceux qu'il voit faire. L'Evêque du Puy sacrifiait les deux tiers de son revenu annuel. II était impossible de se montrer plus généreux et plus désireux du succès.
La souscription ouverte par cette royale offrande a rempli une centaine de listes, dont la première date du 28 août 1853 ; la centième n'est pas encore publiée. Le chiffre total des sommes souscrites
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s'élève à 327,284 fr. 66 c. ; mais il faut ajouter i cette somme les intérêts de l'argent placé, le produit de certaines publications vendues au profit de l'Œuvre et du péage imposé aux visiteurs de Corneille, les premières quêtes faites sous l'influence du discours de l'abbé Combalot, etc. On peut donc élever le chiffre des sommes perçues jusqu'à ce jour à41 5,000 fr.
Non-seulement les journaux de la localité, la Haute-Loire eXV Annonciateur, ont publié les listes de souscription, mais encore trois grands journaux de Paris, Y Univers, Y Ami de la Religion, Y Union, plus la Semaine religieuse et le Messager de la charité, M. le baron Sérurier a fait d'inutiles démarches pour qu'elles fussent publiées par le M^mteur, L'OEuvre doit une grande reconnaissance à tous les directeurs de journaux, qui ont bien voulu l'aider de leur Influence avec un désintéressement parfait.
Après Mgr de Morlhon, on voit figurer sur les listes MM. les Grands-Vi(îaires (500 fr.), MM. les Chanoines (300 fr.), MM. les Curés (200 fr.), MM. les Desservants etxVumôniers (lOOfr.), MM. les Vicaires (50 fr.), le Conseil municipal (12,000 fr.), le Conseil général (3,000 fr.). On voit à ces débuts un élan plein d'ardeur et d'unanimité, qui répond dignement à la généreuse initiative de l'Evêque, et il faut dire que plusieurs Curés et Vicaires, surtout dans la ville épiscopale, ne se contentèrent pas de la
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souscription que la généralité de leurs collègues s'imposait de plein gré : ils y ajoutèrent des sommes considérables.
Les communautés religieuses de la ville et du diocèse ne restèrent pas en arrière du clergé séculier. On connaît la riche et intéressante souscription des Frères des Ecoles chrétiennes et de leurs nombreux élèves. Nos Frères du Puy ou de Paradis appelés légalement Frères de CInstruction chrétienne, ne se montrèrent pas moins généreux- Le grand séminaire, si heureusement placé aux pieds de Notre-Dame de France, nous donna une belle offrande collective, plusieurs offrandes individuelles et un concours constant. L'hjstoiredu culte de Marie dans toutes nos provinces publiée sous ce titre : Notre-Dame de France, la collection des documents relatifs à llmmaculée-Conception, offerte partie à Notre-Dame du Puy, partie à Pie IX, nous sont venues de la pieuse société de Saint- Sulpice, formée par les exemples de M. Olier à une tendre dévotion envers Notre-Dame du Puy. Les petits séminaires de la Chartreuse et de Monistrol rivalisèrentde zèle Les RR. PP. Jésuites nous fournirent, avec la souscription de Vais, de leurs trois provinciaux et de leurs divers collèges, la coopération laborieuse du P. Ducis et du P. Nampon, Commissaires de rdîuvre ; celle du P. de Ravignan, du P. Arthur Martin et du P. Cahier, membres de la Commission de Paris ; celle des PP. Bach et Piérart,
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crivent individuellement, tiennent à offrir leur hommage collectif. Le président général des conférences de Saint- Vincent-de-Paul consent à recevoir des souscriptions dans ses bureaux. Le président des conférences de Toulouse communique aux autres présidents qui dépendent de lui une circulaire qui résume très-bien rhistorioue de l'Œuvre et la recommande chaudement.
L'université ne veut pas rester étrangère à un monument élevé à la gloire de Marie Immaculée. Elle n'a pas oublié que l'ancienne université de^ Paris s'engageait par serment à défendre le privilège de rimmaculée-Conceplion. M. Portoul avait fait espérer à Monseigneur la souscription de tous les lycées de France. Il fallut se contenter de beaucoup moins. Les fonctionnaires et élèves des lycées, collèges et écoles primaires de la Haute-Loire, du Puy-de-Dôme, de l'Allier, du Cantal, de la Creuse et de la Corrèze envoyèrent à Notre-Dame de France près de 2,500 francs. Le lycée de Grenoble, le collège de Brioude souscrivirent avec le même empressement. La Société française pour la conservation des monuments et son président, M. de Caumont, tinrent toutes les promesses qu'ils nous avaient faites et allèrent an delà.
Plusieurs particuliers couvrent sous le voile de l'anonyme de riches offrandes. D'autres nous édifient en groupant leurs noms vénérés dans les listes de la Haute- Loire ou àeV Univers. Ce
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sont d'abord nos magistrats, c'est notre antique noblesse, c'est notre commerce et notre industrie qui tiennent à se montrer reconnaissants envers la bienfaitrice constante de la contrée. Presque tous les Cardinaux français et plusieurs Cardinaux italiens sont inscrits sur nos registres. Les noms des maréchaux Saint-Arnaud, Canrobert, Télissier, etc., de l'amiral Dupetit-Thouars, des généraux de la Hitte, de la Motte-Rouge, de Cotté, Couston, Pélion, etc., se pressent près des noms des sénateurs Amédée Thayer, de la Roche-Lambert, etc., de conseillers d*Etat et de membres de Tlnstitut.
Nulle part cependant l'empressement des populations ne revêt une couleur politique. Nos souscripteurs se trouvent parmi les chrétiens de toutes les conditions et de tous les partis. L'Evêque du Puy s'adresse à la reine d'Espagne aussi bien qu'à l'Empereur Napoléon UI. Le duc de Polignac se trouve sur nos listes près de S. Exe. M. Billaull, ministre de rintérieur. Une dame appartenant à là haute noblesse de Russie se trouvait au Puy pendant qu'on construisait le piédestal : non-seulement elle voulut souscrire, mais elle fit confectionner des habits de laine pour en couvrir les ouvriers exposés sur le rocher aux plus violents courants d'air. D'autre part, les Polonais réfugiés en France, oubliant leur pénurie, nous envoyèrent à plusieurs reprises des dons considérables. Ils nous firent remarquer que le 12 septembre, jour de la
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bénédiction de notre monument, était l'anniversaire de la grande victoire de Sobieski qui sauva Vienne et la chrétienté. A côté des députés qui représentent aujourd'hui le département au Corps législatif, se trouvent ceux qui siégèrent au Palais- Bourbon sous la Restauration, sous Louis-Philippe et sous la République.
Le nom de Notre-Dame de France^ que, d*après Vincent de Beauvais, l'Espagne donnait à Notre- Dame du Puy, ressuscite à propos. Partout il est bien venu, accueilli, fôté. Il est tout un programme. Notre* Dame'dU'Puy'Sur'Corneille , dont parle le premier prospectus , ne produisait pas à heaucoup près un pareil enthousiasme. Toutefois, nous devons en convenir, Mgr Sibour revendiqua pour Paris l'honneur de posséder Notre-Dame de France. Lyon, qui nous fournit un sculpteur et un fondeur, se montrai, comme Paris, quelque peu jaloux An Puy- Noire-Dame.
Ce qu'il nous fallait surtout, c'étaient les noms de NN. SS. les Evêque: en tôte de nos listes : leur adhésion entraînait celle de leur Eglise; et l'assentiment de toutes les Eglises de France, ou du moins de la plupart, faisait de notre Œuvre un monument national dignement baptisé du nom de Notre-Dam^e de France, Les Evoques que le diocèse du Puy a fournis à l'Eglise , Mgr de Jerphanion, archevêque d'Alby, Mgr de Charbonnel, évèque de Toronto, montrèrent en cette circons-
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tance un attachement généreux à leur pays. Les Evêques fournis par le Rouergue tinrent à témoigner à Mgr de Morlhon qu'ils lui étaient particulièrement dévoués; à leur tête il est juste de placer l'Evêque de Bayonne, qui souscrivit des-premiers, et pour 600 francs.
Sous l'inspiration de l'abbé James , un nouveau jprospectus fut rédigé, intitulé : Hommage à Notre-Dame de France. Il demandait à tous les Français le sou de Marie, je veux dire l'obole de cinq centimes, payée une fois pour toutes, ce qui ne pouvait appauvrir personne ; il disait que le sou de Marie servirait en même temps à élever la statue et à publier YHigtoire de Notre-Dame de France. Il donnait ensuite les noms des Commissaires de Paris et des écrivains qui avaient accepté l'honorable emploi d'historiographes de Notre-Dame. Des masses de ce prospectus furent envoyées par la poste à tous les évêchés. En même temps l'Abbé Lucien, M. James, M. Hamon, etc., se firent les apôtres de Notre-Dame de France auprès des Evêques qu'ils connaissaient personnellement.
Sur ce, plusieurs Prélats recommandèrent notre Cffiuvre, soit dans une circulaire spéciale, soit dans quelque appendice ajouté à leurs mandements» soit même daus un mandement exprès.
S. Em. le Cardinal de Bordeaux, qui plus tard éleva sur la tour Pey-Berland la statue de Notre- Dame d'Aquitaine, se signala par son empres-
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sèment à acclamer Notre-Dame de France; une note était annexée à son mandement du 25 janvier 1856, relatif à la mission générale qui se préparait à Bordeaux pour le carême prochain; cette note, que nous transcrivons aux Pièces justificative-^ , faisait appel à la piété généreuse de tous les fidèles du diocèse de Bordeaux. J'obtins l'addition suivante à celte note : t Une quête sera faite, dans toutes les églises et chapelles de Bordeaux et des villes ci-dessous nommées, le saint jour de Pâques. Elle sera annoncée le dimanche précédent. » Les villes désignées pour la quête, en dehors de Bordeaux, furent la Bastide, Bazas, la Sauve, Libourne, Lesparre, la ^ole, Blaye, Cadillac, Pauillac, Saint-André-de-Cubzac, Castillon, Ambarès, Sainte-Foy, Toulenne.
Le Cardinal- Archevêque de Besançon, dans une circulaire à son clergé datée du 26 avril 1858, n'était pas moins pressant. Il provoquait une quête dans toutes les paroisses urbaines et rurales. Il voulait qu'on lui envoyât les noms de tous les souscripteurs, afin de pouvoir les transmettre lui» même à FEvêque du Puy.
L'Iîvéque de Rodez terminait sa circulaire du 30 janvier 1856, en signalant à ses Curés un projet pieux dont les développements avaient atteint Fimportance d'une entreprise catholique et nationalo... Conçu par un vénérable Prélat auquel le diocèse de Rodez se glorifie d* avoir donné nais-
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sance, ce projet a été ctcamlli avec un empressement tout'à fait providentiel,,. Du sommet de la tour de la cathédrale de Rodez où sa statué plane dans les airs, la Vierge Immaculée semble couvrir d'une protection maternelle le projet monumental de Notre-Dame de France et sourire auœ efforts qui seront faits pour seconder Fun de s^ illustres enfants ...
Le pieux Evèque de Mende écrit à son clergé le i 4 mars 1856 : // n'est pas U7i cœur chrétien qui ne soit heureux d'offrir son obole pour la statue que tout un peuple élève à la gloire de sa Reirhe et de sa Mère.
La religieuse Vendée était également appelée par ses Uvéques à concourir à nos efforts. Dans son mandement pour le carême de 1858, l'Evêque de Luçon affirmait que toute la fiation s'associait aveo reconnaissance et enthousiasme à Vérection d'une statue colossale et magnifique en thonneur de la Vierge Immaculée.
La Corse elle-même, bien que séparée du continent, s'empressa d'offrir un généreux hommage à Notre-Dame de France. L'Evêque d'^jaccio publia une circulaire, datée du 16 août 185S, dont voici les passages les plus significatifs... Après avoir exposé r(Euvre qui se propose d'ériger à l'auguste Patronrie de la nation très-chrétienne uns statue monumentale sous le titre de Notre-Dame de France, il disait : Il s'agit d'associer à cette Œuvre
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éminemment religieuse et nationale toutes les âmes catholiques de France... Un appel a été fait dans ce but à tous les Evêques de F Empire ^ et, par eux, à tous leurs diocésains. Les uns et les autres y ont répondu par une prompte et unanime adhésion.
Mais nous devons citer ici tout au long le mandement très-court, mais très-éloquent, de Mgr Thibault, évoque de Montpellier.
« Charles-Thomas Thibault... Au clergé et aux fidèles, salut et bénédiction en Notre-Seîgneur Jésus-Christ.
» Des hommes en possession des sympathies et de l'estime de tous ont eu la pensée. Nos Très-Chers Frères, de perpétuer au milieu de nous le souvenir de la proclamation du dogme de Tlmmaculée- Conception, en élevant à Marie un monument qui fût comme un ex-voto de la France entière. Quand ce projet d*uu hommage de piété nationale envers la Vierge Immaculée a été connu, il a été partout accueilli avec le plus religieux empressement, et la statue colossale qui doit en être la magnifique et prochaine réalisation n'est déjà plus appelée que du nom de Notre-Dame de France.
» C'est Notre-Dame du Puy, N. T.-C. F., qui devient ainsi la Patronne avouée de notre pays... Cette gloire était due à son sanctuaire placé au centre de la France «it si vénéré d'ailleurs à toutes les époques de nolie histoire religieuse. Nous autres, catholiques, nous aimons les vieilles légendes et nou$
avons en grande estime ce qui se perd dans la nuit des temps. Vouée à Marie par un de ses Rois, il y a deux siècles, notre France lui devait, N. T.-C. P., cette saisissante personnification de son culte, qui se réalise aujourd'hui. Aussi l'élan vers la Vierge du Puy est-il aussi vif que général. Dé tous côtés, l'Cffiavre^ de Notre-Dame de France est applaudie, et de partout lui arrivent des encouragements et des offrandes qui en assurent le complet succès. Rome elle-même vient de l'approuver et de la bénir par un bref spécial, et le Chef de TEtat, à une souscription personnelle dont le chiffre est considérable, ajoute le don des canons de Sébastopol pour la fonte de la statue.
» Le diocèse de Montpellier ne peut pas rester étranger à une pareille démonstration. Il faut qu'on le retrouve ici ce qu'on l'a toujours vu en présence de toutes les œuvres grandes et saintes. Votre religion envers Dieu et votre piété envers Marie sont trop connues, N. T.-C. F., pour que vous ne preniez pas une large part à l'édification d'un monument qui va dire au monde catholique tout entier : C'est ainsi qu'en France la Vierge Marie est aimée !
» A CES CAUSES, Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit :
V Article premier. A l'occasion du mois de mai prochain, une quête sera faite dans toutes les églises et chapelles où les exercices du mois de Marie
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ont lieu, les dimanches 17 et 31 du même mois, en faveur de TCEuvre dite de Notre-Dame de France.
» Art, 2. Celte quête sera annoncée les dimanches 10 et 24 mai prochain et faite, autant que possible, aux jours des dimanches ci-dessus indiqués, par MM . les Curés eux-mêmes.
» Art. 3/Le produit de cette quête sera immédiatement versé entre les mains de MM. les Curés, Doyens et Archiprêlres, pour être par eux transmis, imuîédiatementaussi, au secrétariat de notre évêohé.
» Art. 4. Par les soins du Secrétaire général de mitre évêché, il sera rendu compte du produit détaillé des deux quêtes ci-dessus ordonnées.
» Ce produit et le compte-rendu ci-dessus prescrit seront immédiatement adressés à Mgr TEvêque do Puy, avec prière de placer d'une manière spéciale les fidèles de notre Diocèse sous le patronage auguste de Notre-Dame de France.
EtseranotreprésentmandementluetpubUé,elc.
» Donné à Montpellier, en notre palais épiscopal, etc., le 27 avril 1857.
» t CHARLES, év. de Montpellier.
» Par mADdement :
fi BoNiOL, chan., secret, génér. »
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Pendant que se publiaient ces précieux écrits, qui rappelaient les plus beaux jours du règne glorieux de Notre-Dame du Puy, des paquets énormes d'Hommages à Notre-Dame de France restaient enfouis au secrétariat de plusieurs évêchés. C'est là qu'arrivent journellement des prospectus, des catalogues, des demandes de secours, des publications de toutes sortes, dont la lecture absorberait souvent plus d'une journée. Pour exhumer ces imprimés et les mettre en circulation, il fallait d'intrépides quêteurs, habiles à commenter le prospectus et à repousser les mille fins de nonrecevoir qu'on oppose constamment aux œuvres nouvelles. Ces qu^Meurs s'offrirent d'eux-mêmes à l'Evèque du Puy, et parmi eux doivent être mentionnés l'abbé Payolle, alors vicaire à Saint-Laurent aujourd'hui aumônier de Noire-Dame ; l'abbé Hedde, alors vicaire de la Cathédrale, aujourd'hui curé de Saint-Paulien, et l'auteur de cet écrit, constamment secondé par ses confrères, comme lui trop heureux d'avoir à remplir une si belle mission.
* L'abbé Payolle se mit en route le 27 avril 1858, se dirigeant sur la Bretagne ; il recueillit Toffrande de Mgr l'Evèque de Rennes et celle de plusieurs communautés, et, avec l'autorisation de Mgr l'Evèque de Saint-Brieuc, il prêcha dans sa cathédrale et dans les principales églises de la ville épiscopale et du diocèse, ainsi qu'à Brest, à Coutances et à Rouen. Sa
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mission fut trop tôt terminée, et cependant il n'eut ' qu'à se féliciter de l'accueil que fit à Notre-Dame de France celte Eglise de Saint-Brieuc , qui devait bientôt nous céder un de ses plus zélés dignitaires pour occuper le siège du Puy et mettre la dernière main à l'Œuvre de Mgr de Morlhon. Le Curé de la Cathédrale, qui avait fait à l'abbé FayoUe les honneurs de sa chaire, devait accompagner au Puy Mgr Le Breton en qualité de Vicaire général.
L'abbé Hedde prêcha des sermons de charité, en faveur de l'CSluvre, dans les cathédrales de Valence, de Grenoble, de Langres, de Belley, de Châlons-sur- Marne, de Bourges et de Quimper; il n'hésita pas à quêter à domicile à Saint-Etienne et ailleurs. Il obtint la souscription du cardinal Morlot, archevêque de Paris, de plusieurs Evoques et de quelques généraux et Préfets.
Le troisième prédicateur de Notre-Dame de France, qui, durant plusieurs années, par amour pour Noire-Dame et pour la ville du Puy, affronta tout ce qu'il y a de tlifficile et de répugnant dans l'offlce de quêteur, fut la Compagnie de Jésus. Plusieurs de ses membres ont fait à Vais leurs • études théologiques, ils exercent le ministère de la prédication dans la plupart des villes de France. Ils n'avaient qu'à être encouragés par leurs Supérieurs et acceptés par NN. SS. les Evêques comme - panégyristes-quêteurs de Notre-Dame : le succès d'une pareille mission était assuré. Ils furent en-
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couragés(l), ils furent acceptés, ils obtinrent le succès attendu. Je vois, dans la cathédrale de Ghartres(2),leP. Hacquin; dans les chaires de Poitiers et de Limoges, le P. Peyrard, natif de Saint-Didier- la- Séauve (3) ; dans la cathédrale d'Evrcux, le P. Chervaux(4); dans la cathédrale de Soissons, le P. Gruel.
J'ai pour ma part les cathédrales d'Alby(5), d'Angoulême (6), de Meaux(7), de Metz (8), d'Auxerre (9), de Blois (10), d'Orléans(l 1), d'Avignon (12), d'Aix (1 3), du Mans (14), de Clernjont (15), de Perpignan (16), de Carcassonne (17), d'Amiens (18), de Tarbes (19), d'Aire (20), de Dax (21), de Luçon (22), de Beau- . vais (23).
A Paris, les églises de Saint-Thomas-d'Aqnin (■?4), delaMagdeleine(25), de Notre-Dame -de-Lorette (2fl), de Saint-Sulpice(27), deSaint-Philippe-du-Roule(28), de Saint-Paul-Saint-Louis (29J. Mon lot est assez heureux. S'il fallait mentionner les églises moins
(1) Le P. de Pontlevoy , supérieur de la résidence de Paris , écrivait li propos des sermons de charité qu'on lui demandait pour l'Œuvre : « Voici ce que je vois de faisable. Je puis recommander au P. Lefebvre Quimper. Il en-parleraà Monseigneur, et, après la retraite de Lesneven, il pourrait donner un sermon à Brest. Le P. Hacquin, partant pour Nantes, serait chargé de Luçon. Il a un sermon spécial pour l'Œuvre. Le P. Soimié pourrait peut-être en octobre, après la neuvaine de Saint-Remi, li Reims, pousser jusqu'd Saint-Dié. >
(2) l«f février 1857. — (3) 26 avril et 7 juin 1857. — (4) 31 mai. — (6) 8 décembre 1856. — (6) 25 janvier 1857. — (7) 1" février. — (8) 2 février. — (9) 32 février. — CIO) v5 mars. — (11) 13 avril. — (12) 14 avril.
— (13) 15 avril. — (14) I«'juin. — (15) 7 juin. — (16) 17 septembre. — (17)20 septembre. — (18) 8 novembre. — (19) 24 janvier 1858. — (20) 1" février. — (21) 7 février. — (22) 11 février. — (23) 7 août lt59. — (94) 31 mai 1856.— (26) 27 mai 1857.— (26)27 mai 1857. — (27) 31 mai 1857.
— (28) 2 juin 1857. — (29) limai.
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importantes, je ferais une énumération fastidieuse. Je me contenterai de mettre en note cette nomenclature, tout en prévenant qu'elle est fort incomplète (1).
Dieu me garde d'oublier les services importants que le R. P. Laurent, provincial des Capucins, rendit à Notre-Dame de France ! 11 intéressa à sa cause tes clergés de Cahors, d'Aix, de Soissons, d'Albi réunis en retraite pastorale, et la paroisse de Notre- Dame de Bordeaux où il prêcha la mission.
Le P. Chaignon recueillit aussi des offrandes pour notre monument parmi les prêtres de divers diocèses.
Ce mouvement religieux dépassa nos frontières. A Gand , comme à Toulouse et ailleurs, je cherchai à faire connaître Notre-Dame de France aux conférences de Saint- Vincent-de-Paul réunies sous la présidence des Evéques de Gand et de Liège.
Après mon exposition, TEvéque de Gand tira les conclusions suivantes :
a Messieurs, je souscris et je vous engage à sous- » crire pour TOEuvre qu'on vient de vous faire con- » naltnî, car des liens intimes unissent la France à > la Belgique. La France a dans nos contrées son
(l) Je trouve dans mes souvenirs ou dans mes notes Castres, Tarascon, Beaucaire, Figeac, Âuriliac, Decazeville, Auzitz, Marvejols, Boieyne» Saint- Pierre-de-Boleyne, Fontenay, Rochefort, Moot-de-Marsan, Saint-Sever, Pan, Tartas, Montbrison, Issoire, Notre-Dame de Bourges, Notre-Dame du Martburet ii Riom, Moissac, Jarnac, Ca&teinaudary, Saint-Quentin, Tonneins, les chapelles du Bon-Secours et des Carmes de Bordeaux, une foule de chapelles de collèges ou de communautés.
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» berceau, et nos provinces lui ont fourni ses pre- » miers rois. Ensuite il est un proverbe qui dit : » Quandil tonne en France y il pleut en Belgique. » Nous sommes donc intéressés à savoir la France » calme, prospère et couverte de l'égide de Marie. « Enfin, puisque Notre-Dame de France'a déjà obf^ tenu à ses entants la victoire de Sébastopol, ayons D recours à elle pour obtenir aussi la victoire sur > tous les ennemis de la religion et de la pa- » trie. »
Le prédicateur avait manifesté l'intention d'intéresser à notre entreprise les dames françaises résidant à Gand. M'»^ de Hemptine, présidente des dames de charité, lui écrivit que « puisqu'il s'a- » gissait d'une œuvre de piété envers Marie et de » sympathie pour la France, toutes les Dames de » charité de Gand demandaient à être réputées « Françaises, » Noble procédé, expression délicate, quête abondante, tout est au mieux.
Mais passons la mer. Je vois à Rome un sergent de l'armée d'occupation qui fait une quête dans sa compagnie.
Ou écrit de Cayenne, sous la date du 17 septembre 1857 : « Nos transportés de l'Ilot La Mère, qui se sont pris d'enthousiasme pour Notre-Dame de France,, vous prient de remettre pour eux soixante-trois francs. Pour réunir cette petite somme, il leur a fallu s'imposer des privations, se priver de tafia. Il n'y a pas jusqu'à quinze Arabes
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qui n*aient voulu faire leur offrande : ils ont apporté d'eux-mêmes chacun un sou.
Des Nègres de la Sénégambie nous ont également envoyé leur obole prélevée sur leur plus strict nécessaire.
On écrivait de Constantinople, sous la date du 13 février 1858 : € Des Arméniens et des Grecs » encore schismaliques , voire, même des musul- ^ • mans, ont souscrit avec les catholiques de Cons- » tantinople, pour l'érection prochaine de la statue » colossale de Notre-Dame de France sur le mont • Corneille, au Puy. Plusieurs enfants turcs ont i> sacrifié volontiers, en faveur de Notre-Dame, ce » que le Sultan leur avait donné pour leurs menus » plaisirs. »
Que feront donc pour Notre-Dame de France des enfants chrétiens, catholiques, français? — Nos élèves de Saint-Joseph d'Avignon s'éprennent pour elle de Famour le plus généreux. Un élève sacrifie sur ses menus plaisirs, à lui seul, 40 francs; avec ses camarades, près de 1,000 francs. Cet amour se communique avec son enthousiasme aux élèves de •tous nos collèges .
Dans un pensionnat de jeunes filles, la Supérieure, ne comptant pas sur le sermon, avait fait faire la quête avant l'arrivée du Père quêteur. Le produit n'avait pas été considérable : Ignoii nulla CMpfdo. Mais voici le prédicateur qui arrive : Notre- Dame de France apparaît dans toute sa beauté; c'est
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le monument national érigé en mémoire de Flmmaculée-Conception ; c'est la consécration renouvelée de la France à Marie ; c'est le chef-d'œuvre de Tart chrétien et son suprême effort pour rendre sensible le chef-d'œuvre de la création... etc., etc. L'orateur, qui n'est pas au courant des circonstances, conclut en disant : ta plus jeune va faire la quête. Alors la Supérieure fait un signe à la dépositaire de la petite somme perçue ; et celle-ci de s^avancer timidement et de présenter son offrande d'un air embarrassé, disant : Mon révérend Père , nous avons fait la quêt3 avant le sermon, et je viens vous en présenter le produit. Pendant que le prédicateur accepte avec reconnaissance quelque petite monnaie enveloppée dans du papier, la plupart des jeunes demoiselles baissent les yeux ou fixent sur leur maîtresse un regard indigné, qui semble lui dire : Vous nous faites faire une maladresse ! A peine sorties de l'église , à l'insu de leur Supérieure, elles font une seconde quête qui donne vingt fois le produit de la première; quelques semaines plus tard, elles en font une troisième plus fructueuse encore ; et, par je ne sais quelle voie, l'argent traversait chaque fois incognito la clôture du couvent pour arriver à sa destination.
A Montbrison, les petits enfants des écoles poursuivaient le Père quêteur pour lui faire accepter leur offrande : le sou, quelquefois le gros sou de Marie I
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A Angoulême, le prédicateur avait dit en finissaiU : Vous donnerez dans la mesure de votre amour pour Marie. Il y avait dans Tauditoire une petite fille de cinq ans, pleine d'intelligence et de cœur, qui dit à sa mère après le sermon : Maman, donnez-moi de Vargent pour la quête, — Sa mère lui donqe un franc. — Alors la petite fille se met à dire tout haut et d'un air qui fit sourire notre Mère qui est au ciel : Ah maman! j'aime la Sainte Vierge pour plus de vingt sous!
Quelquefois le quêteur a fait une partie de sa recette en voiture, en wagon... et le conducteur de la diligence a été amené lui-même à débourser. On lit sur les listes de la souscription : Le cofiducteur de la diligence de Ville fort à Langogne, deux francs.
En chemin de fer on va bien plus vite, et le pèlerin de Notre-Dame est transporté par Yecrpress, le jour de Pâques 1867, à Blois; le lundi de Pâques, à Orléans; le mardi, à Avignon, qu'on ne pouvait atteindre alors qu'en passant par Paris (862 kilomètres) ; le mercredi, à Aix ; le jeudi, à Montpellier.
En divers lieux, la quête a été demandée, obtenue, organisée par les enfants du Puy, pleins du souvenir de la patrie absente : ainsi, la comtesse de Villeneuve avait tout prépare pour la quête de Montbrison; M«^« de Ribains avait organisé celle d'Orléans ; M"« Pélion, celle de Clermont ; l'abbé Gory, celle de Saint-Philippe-du-Roule ; l'abbé Bertrand , celle de Saint-Sulpice, etc.
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Une des villes qui ont accueilli avec le plus d'empressement Notre-Dame de France, c'est la bonne ville de Metz. La veille du jour fixé pour la quête (2 février 1857), le vénérable Evoque avait lui-même annoncé et recommandé la réunion du lendemain. Quand j'arrivai de Meaux, où j'avais prêché le matin, je trouvai des affiches placardées, des quêteuses désignées, tout le collège des Pères en émoi pour préparer un grand salut en musique à exécuter à la cathédrale. Le lendemain, à l'heure du sermon, la vaste cathédrale fut comble, le chapitre et le clergé de la ville entouraient l'Evêque ; le collège avec ses professeurs s'y trouvait au grand complet; la quête fut très-fructueuse, et néanmoins les Enfants de Marie me firent supplier de leur adresser le lendemain une exhortation suivie d'une nouvelle quête pour l'OEuvre.
Parmi les curés les plus empressés d'accueillir et la quête et le Père Jésuite quêteur, j'aime à mettre en première ligne le vénérable curé de Saint-Sulpice, M. Hamon, et le recteur de Saint- Louis-des-Prançais, à Rome, Mgr Level, et l'excellent curé de Fontenay en Vendée. Ce dernier nous a appelés, fêtés, et n'a rien omis de ce qui pouvait engager ses paroissiens à donner, à donner encore, à donner toujours pour Notre-Dame de France. Que Notre-Dame de France attire sur lui et sa paroisse les plus abondantes bénédictions I
A la Magdeleine, le P. Lavigne prêchait le mois
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de Marie en 1857. Son auditoire était nombreux, assidu, choisi ; mais le 27 mai, le prédicateur voulut être remplacé, attendu qu'il devait se rendre en pèlerinage à Chartres, avec les élèves de l'école de Sainte-Geneviève. Comptant bien que ce jour-là M. Hamon me remplacerait à Saint-Sulpice , où j'avais également le mois de Marie à prêcher , je m'offre au P. Lavigne pour le remplac<T le 27. J'invite la marquise de Lubersac à vouloir bien être quêteuse. — f accepte, mon Père, me répond-elle, mais comme vous me prenez au dépourvu, f accepte à condition que je quêterai deux fois, — Encouragé par cet accueil si gracieux, je moule en chaire et je déliute ainsi : Mes frères, vous aurez ce soir le P, Lavigne de moins et une quête de plus... Malgré la brusquerie de cet exorde, personne ne sortit; et la quête improvisée produisit plus de 1 ,000 francs.
Notons, en terminant, diverses manières de contribuer à notre (Euvre, que l'esprit de zèle sut suggérer à plusieurs. A Toulouse, quelques bons ouvriers, désireux de voir couler en bronze notre statue, se mirent à recueillir de vieux sous, des anneaux, des robinets, des chaudrons, des chandeliers en cuivre, etc. Ils voulaient que ce métal servit au moins à faire les têtes de la Vierge et de l'Enfant Jésus !
Les habitants de Blavozy, au nombre de quarante, signèrent une requête à l'Ëvêque; dans le but de lui
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offrir chacun un ou plusieurs chars de pierre pour la construction du piédestal.
Une bonne dévideuse de Lyon, très-timide et très-pauvre, mais pleine de zèle et de générosité, qui a réussi, à force de quêtes et de sacrifices personnels, à relever dans cette grande ville cette multitude de statues de la Vierge ou des Saints qui décorent les carrefours et les rues ( 1 ), a voulu s'intéresser aussi à notre statue colossale. Elle nous a envoyé soixante-deux francs.
De Lyon nous avons aussi reçu la lettre suivante du notaire Berloty :
« Un de mes bons clients, qui s'intéresse vivement à rOEuvre fondée pour l'érection de la statue de la Sainte Vierge du Puy, me charge de prendre des informations sur la situation financière de l'dluvre, et, dans le cas où le produit des souscriptions n'aurait pas été suffisant pour tout, payer, il serait très-disposé et très-heureux de contribuer pour un chiffre assez notable à cette pieuse entreprise. Auriez-vous la bonté de me donner, dès que vous le pourrez, quelques renseignements sur cet objet, afin que je puisse les mettre sous ses yeux? lisseront accueillis de la manière la plus favorable. »
(1) M"« Colette Buisson doit être regardée comme la vra'e fondatrice de l'œuvre appelée : des Servantes de Marie, approuvée par S. Em. le Cardinal de Lyon, et qui a pour but spécial de replacer les statues de la Sainte Vierge et des Saints dans les anciennes niches exposées dans les rues et les places de la ville de Lyon.
Avant que cett« Société se constituât, M"* Buisson, s'aidant du concours
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Il y a mieux encore. Un artiste d'un vrai mérite, disciple de Flandrin, M. de Vaines, qui a décoré de fresques remarquables la chapelle du grand séminaire de Blois et plusieurs églises, s'offrit à peindre également notre cathédrale érigée en Basilique. Il écrivait le 12 avril 1857 : « Je serais assurément heureux et fier de contribuer à l'ornement d'une Basilique telle que celle de Notre-Dame du Puy, et de rendre ainsi un nouvel hommage à la Très-Sainte Mère de Dieu et des hommes, t Dans
de qaelqoes-unes de ses amiesi avait réossi 2i relerer une centaine de ces statues. Depuis 1853 jusqu'en décembre 1869, voici les recettes et les dé. penses de la Société :