‹ Histoire de Paris, composée sur un plan nouveau (volume 2)Chapitre 72 sur 74 · PRISONS DU GR.\ND CHATELET · texte numérisé non relu

PRISONS DU GR.\ND CHATELET

Ces prisons , excessivement malsaines , sont détruites en 1 802 avec rédilice qui les contenait.

LA TOURNELLE , sur la rive de la Seine , au-dessus du pont de

ce nom.

Cotte ancienne forteresse faisait partie de rencointc do Paris 60ua Phi lippe- Auguste ; elle est démolie en 1790.

DEPUIS LOUIS xy ivaqv A aoejouBs. xx)

PRISON DE L'ABBAYE-, tne SainCe-|Ittg«icnte. Prison militaire, aatrefois prison de U justice du seigneur abbé de Saint - Germain. Les prisonniers militaires sont détenus là en attendant leur jugement devanUtt^ conseil de guerre. Si , à défaut de moyens» ils ne prennent pas la. FStolb , on ne leur donne aue le pain de munition et du bouillon pour nourriture ; pour lit , de la paille. On ne se sert plus des cachots de cette prison monacale , où il était impossible qu^un prisonnier Unt debout et pût vivre long-temps. Les a et 3 septembre 1792 , les prisonniers de TAbbaye sont impitoyablement massacrés.

LA FORGE , rue du Roi-de-Sicile et rue Pavée. Ancien hôtel du roi de Sicile, puis du duc de la Force. — Prison en 1780. Gette prison contient huit cours et une chapelle ; cVst une des plus vastes et des mieux distribuées de Paris. On n^y renferme que des prévenus.

LA PETITE-FORGE , contignê à la précédente.

Gi-devant hfttel de Brienne. Les femmes publiques, dites prohibées, sont détenuéi dans cette maison, où on les occupe à filer et à coudre. La Grande et la Petite-Force ne forment plus aujourd'hui qu'un seul éteblissement.

SAINT-LAZARE, rue du faubourg Saint-Deûis.

Jusqu'à la fin du XIII* siècle, ce fut un hôpital pour les lépreux. Depuis, Saint-Vincent de Paule établit à Saint-Lazare la congrégation qu il avait fondée en i635. Plus tard, les pères de la mission y confinèrent, ^L jeunes gens débauchés et les prêtres qui mécontentaient leurs supérienR. On y renferme actuellement les femmes condamnées à une réclusion temporaire ou perpétuelle , pour des délits plus ou moins graves, et celles arrêtées pour dettes. Toutes ces femmes sont occupées à des ouvrages de couture et de broderie, ou à la filature de la laine et du coton : ouvrages dont elles retirent un salaire qui , amassé par elles, et conservé par l'administration , devient une ressource précieuse pour celles qui peuvent recouvrer la liberté , et même pour celles qui ne doivent pas rentrer dans le sein de la société. Il est a remarquer que , dans cet établissement comme à la Force, la surveillance la plus active ne saurait empêcher les liaisons honteuses et contre nature qui existent entre les prisonniers. Parmi les hommes, ce sont des accouplemens qu'ils ne rougissent pas de tijualifier du nom de mariages ; chez les femmes , les affections désordonnées sont plus violentes encore que chez les hommes. Tranquilles en apparence pendant les heures de travail, leurs animosités ou leurs passions amoureuses se montrent dans toute leur fureur au moment de la promanade. Alors elles s'invectivent, se déchirent, ou se caressent. La jalousie en fait de véritebles ftiries , si celle qui est l'objet de leur indigne amour a quelque complaisance pour une rivale ; dans ce cas , il n'est point de bornes à leur colère ou plutôt à leur rage, et elles n'aspirent qu au moment de l'assouvir. Telle est la vie de la plupart des détenus, à quelques exceptions près. Dans le nombre des prisonniers de l'un et l'autre sexe, il se trouve néanmoins des individus doués d^une certaine éducation , qui ne partagent ni les emportemens, ni les désirs impies que nous venons de signaler. Gcux-là se montrent laborieux, soumis, et s'appliquent à faire oublier la ca* se

uùj poiTDAnoirs nvum»

de leur détention; par nne bonne conduite , qui trouva sa récompense dans remploi de plusieurs d^entre eux comme che& d'ateliers.

' LES MADELONNETTES , rue des FonUînes.

Cette prison , autrefois couvent del^îgieuses pénitentes , était destinée aux femmes prévenues de quelques délits, et à celles condamnées s des peines correctionnelles. Dans des bâtimens séparés étaient détenues les Kmmes arrêtées pour dettes. De jeunes filles étaient aussi confinées dans cette maison par reffet de la puissance paternelle. En 1817, on j construisit une chapelle. Cet établissement est aujourd'hui mUcraemeat destiné aux jeunes condamnés de seize ans au plus. Les femmes, dont il a été parlé plus haut, sont maintenant enfermées à Saint-Laxare. Le régime actuel des Madelonnettes est véritablement patetnei. Hoanev aux citoyens qui ont conçu Tidée philanthropique de raasociation, dont le but est de veiller à Téducation et à i*améIioratîo& des mœurs de ces cnfans que Fabandon, Tinexpérience ou la corruption conduiraient dans le chemin du vice, peut-être dans celui du crime. Il existe aux Made* lonnettes une école et des ateliers de travail où les jeunes détenus sont occupés d*études et de divers travaux, pendant lesquels ils sont soumis sa silence le plus rigoureux. C'est ainsi que, pendant tout letemps que doit durer leur détention, on procède à leur instruction morale et manuelle. A Tépoquc Je l^élargissement, on leur remet le produit de levr travail , acciunulé dans une caisse d'épargne établie dans la mabon même, et , à cette époque , la société protectrice choisit au sortant un patron, qui demeure chargé de le guider dans le monde où il rentre , jusqu'i sa majorité.

SAINTE-PÉLAGIE, rue de la Clé.

D'abord couvent , puis maison de détention pour les tt^unes àe mauvaise vie , les jeunes filles et les épouses dont la conduite est de'réglée. Plus tard, ou y enferme les prévenus de délits politiques ; des jciuies gens y sont détenus par Tautorité paternelle ; enfin de^ débiteurs y sont écroués par leurs créanciers. Tout récemment , ou a scparu les prisonniers pour dettes des autres détenus.

PRISON de la rue de GLichy.

Cette prison , nouvellement établie , est uniquement destinée au prisonniers pour dettes. Il n^existe plus maintenant à Saintc-PéU^^' aucune personne détenue pour cette seule cause.

BICÊTRE , prison et hospice.

Six corps de bâtimens , à plusieurs étages , et dont les fenêtres s<irit garnies de barreaux de fer, composaient primitivement les prisons. Ce> bâtimens , entièrement séparés de ceux affectés à Thospice , au milieu desquels ils se trouvent , se sont augmentés dans la suite pour Tavantagc des prisonniers. Deux autorités distinctes administrent cette maison : la Préfecture de Police et la Préfecture de la Seine. La premier: a, sous .sa direction, le greffe , la conciergerie , les guichetiers . otc . la seconde dirige et nomme les régisseurs , les commis , etc. , etc. l'nc* compagnie de vétérans , casemée dans les bâtimens do la pri>on . ^ maintient l'ortlre. On renferme à Bicètre les condamnés aux fers et j Ij «létcntion jasqu'au moment où ils commencent à subir leur peine.

PRISON MUNICIPALE, à la Préfecture de Police. LVllc prison se divise en deux parties principales : la première, con*-

DEPUIS LOUIS XV JUSQUE If 08 JOURS. XXlij

posée de chambres particulièreis , assea commodes , est nommée Salle St. -Martin. Cette partie est destinée aux personnes arrêtées qui peuvent fournir aux frais de leur logement et de leur nourritare. La seconde partie consiste en un ancien bâtiment à trois étages : Au premier, sont logées les filles publiques; au second et au troisième , les prévenus. Chaque étage se compose d^une pièce longue , étroite et obscure , de sombres cabinets , pour les prisonniers mis au secret , et de plusieurs cachots.

PRISON MILITAIRE DE MONTAIGU , rue des Sept-Voies.

Ancien collège , fondé en i3i4» pai* Tarchevéque de Rouen, du nom de Montaigu. Depuis 1 792 , prison où sont renfermés les militaires déserteurs ou accusés , et ceux condamnés pour fautes graves.

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