‹ Histoire de Paris, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 37 sur 91 · HISTOIRE D« PAEIS. Uite-MM · texte numérisé non relu

HISTOIRE D« PAEIS. Uite-MM

à pi«d el servaient d^^ajm en tenant le dieyal du pape par

la bride. Les juifs de Paris, qui étaient accourus Hir leur passage, avec une grande affluenoé de peuple, parësentèrent an souverain pontife le Kvre de la loi en rouleau couvert d'un voile. Le pape leur dit ; «c Plaise à Dieu d'oter le yç|ile jde vos coBur»! w II arriva ensuite à la grande église, qui.^lait richement décorée. Après avoir célébré la messe il descendit avec sa suite dansles cloîtres, où Ton avait dressa les tables du festin. L'asaemblëe mangea d'abord l'agneau pascal , couchée sur des tapis à la manière des anciens ; ensuite ou continua le repas à 1 ordinaire^ £q sortant de Saittt*^DiBniB le pape vint à Paris. Toute la ville se porta a sa rencontre pour honorer son entrée. Le roi Lquis le Gros et son fils ^ Philippe, déjà associé au troue, mais qui ne devait pas survivre à son père, se portèrent h sa rencontre et le reçurent avec les plus grands témoignages de respect. A la sortie de Paris les noble$i les seigipeurs )Ç(le& fidèles sè firent un devoir de l'efoorter de liu prodiguer to^tes sortes d'honneur.

Peu de mois après, le prince Philippe s fils d^ Louis le Gros, passait dans les rues de la ville. Un pourceau s' étant jeté dans les jambes de son cheval, l animal effrayé ^ cabra , jeta à terre son cavalier, et Philippe, à peine âgé de seize ans , mourut des suites de cet accident.

Louis le Gros s'éteignit à son tqur, vers Tau ii37, après avoir eu la gloire* de commencer ^ même temps l'affranchissement de la rovautc et celui des communes.

Son siiocesseur, IjOUÎs Vil ^ dit le J^une-, éta^ âgé de dix-huit ans, et venait d'épouser la trop fameuse Eléonore, héritière des ducs tl Aquitaine. Le règne de ce prince fut long et signalé par des événements importants, par des

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guerres féodales et par l'une des phis sanglantes croisades dont Thistoire ait gardé souvenir. Nous, ne raconterons ni êes mUrepirises^ m ces épreuves; elles ii*cxerc^nt qu*uae influence inaperçue sur la condition de la capitale, et notre mission n'est point de réproduire ici, en sous-œuvre, les awiales de la France et de TEiirope catholique, mais de mentionner les faits particuliers à Paris. Au point de vue artistique, monumentalet inteUectuei^ cette ville, déjà puis» -mnte^ étah le fo^r d*un développemenrt contimi qoe imos retracerons tout à l'heure; mais sa population était caiine, jouisiiiit de la^séeurité.et du biearétre, et assistait, sans y participer d'une mantère très««ctivé, aux incidents généraux, tels que les guerres soutenues contre les grands vassaux, rimmense mouvement des guerres saintes et la querelle terminée en Angleterre par le martyre de saint Thomas Becket.

Louis le Jeune s'imagina de -méconeaîtFe les pouvoirs ecclésiastiques de l'archevêque de Bourges, régulièrement éb par les chanoines de cette ville et sacre par le pape } il vit mettre en interdit son royaume , et , pendant phisieors années , toutes les églises de Paris et de la France furent désertes {11^2). Le roi s'étant repenti et ayant fiût sa sonmission , le pape Gélestin II consentit à relever ce prince desceusures ecclésiastiques. « Le roi, disent les chroniques, envoya des députés à Célestin pour traiter avec lui, et ils obtinrent tant de sa douceur qu'e» leur présence ^ et devant tous ces nobles qui fréquentent Rome, il leva la main aiFec bonlé , et , étant debout , il fit le signe de k croix'du côté de la France et lui donna l'absolution de l'interdit porté contre elle (C/iro/i. Maurin.^ p« 87). »

L'orgueil de Louis ¥11, cpii attira dans cette circoinstanee

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le fléau de l'interdit sur Pam et sur le royaume , n*était point dans les habitudes de ce prince ; les écritains eon-

lemporains, et particulièrement Etienne de roui nay, lémoignent du respect du roi pour les droits des églises. « Un jour que le roi , disent les chroniques , revenait à Paris , il fut surpris par la nuit et coucha dans un village des clianoines de Notre-Dame, appelé Créleil (Christalium), Les habitants fournirent la dépense deson séjour . Le lendemain, étant à Paris, Louis suivautsou usage, se rendit à l'église de Notre-Dame pour assister aux offîces. A son rivée il vit avec surprise que les portes de cette église lui étaient fermées; il demanda la cause de cet affront, ajoutant que, si qudqu'un avait offensé le chapitre, il voulait le dédommager, «c Vraiment, Sire, lui répondirent les chanoines, c'est vous-même qui, contre les coutumes et libertés sacrées de cette sainte église, avez soupe hier à Gréteil 9 non à vos dépens, mais à ceux des habitants de ce village. Voilà pourquoi Téglise a suspendu les offices et vous a fermé sa porte. Plutôt que de souffrir la moindre atteinte aux droits de leur église, tous les chanoines sont prêts , s'il est nécessaire , à endurer toutes sortes de tourments. » À ces mots le roi, frappé de terreur, gémitf soupira, vma des larmes, et s'excusa en disant aussi hum* blement qu'il lui fiit possible : « Je ne l'ai point fait ex« près; la nuit m'a swpris en chemin; il était trop tard pour que je pusse continuer ma route et aller jusqu'à Paris. Les habitants de Gréteil se sont empressés de fournir à mes dépenses; je ne les y ai point forcés, mais je n'ai pas voulu repousser leur accueil obligeant. Qu'on fasse venir l'évéque Thibaut et le doyen Clément, tout le cliapitrc , et même le clianoine prévôt de ce village;

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si je suis dédarë ooupaUe , je ferai satis&ctioo. le m'en rapporte à leur décision sur mou innocence. »

Après avoir aînsî parié le roi restait devant la porte de Notre-Dame,, en attendant le résultat de ses demandes, et récitait dévotement ses prières. L'évêque faisait des dë« marches auprès des chanoines, sollicitait en &veur du roi et offrait d*élre garant dè ses promesses. Les chanoines în^ traitables ne se confièrent ni auK paroles du roi, ni à celles de leur évécpie ; ils ne cédèrent que lorsque ce prélat leur eut remis deux chandeliers d'argent pour gage de la parole de ce prince. Alors seulement ils lui ouvrirent les portes de leur église. Louis Vil , après avoir restitué les frais de son souper à Créteil, vint déposer solennellement sur l'autel de Notre-Dame, cœnme un monument éternel du respect dû aux biens de TEglise, une baguette sur laquelle était inscrit le récit succinct du délit et de sa réparation. Étîenne de Tournay ajoute que Ton conservait cette ba» guette dans les archives du chapitre.

Louis le Jeune, comme Louis le Débonnaire et Robert, ne savait point faire respecter les légitimes privilèges du pouvoir temporel; il s*humiliait sans nécessité , non devant la religion, dont Tautorité est infaillible, mais devant des moines y parfois ignorants, souvent ambitieux, et qui trop souvent abusaient de sa piété timorée et scrupuleuse pour revendiquer des droits abusifs. L abbé de Saint- Denis, Suger, le tenait en garde contre de pareilles exigences et cherchait à le convaincre de rimportance des devoirs de la royauté. Suger n'avait point désapprouvé, comme on le lui impute , la croisade prêchée par saint ikruard à Yézelan, en iil\6j mais il avait conseillé au roi de rester en France et de laisser ses vassaux et ses

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advemires s'aveaUirer dans odtte eipédîtioa liuiitaîiie.

Louis VII insista et partitpour la Terre-Sainte (i 147-1 ^^9)' Durant l'absence du roiSiif;er gouverna le pays, à titre de régent, et Paris eut beaucoup à- a*applaydir de la s^ gesse de son administration.

Louis VU, après avoir célébré la fête d^ Baipies à Saint*Dênîs, en 1 1479 Avee le pape EugènellI, avait tenu à Paris un concile asssemblé pour examiner les doctrines de Gilbert de la Porréei évâque de Poitiers. Ce prélat affîrmtît , entre autres choses, que ressenoa divine n'était pas Dieu, et que la nature divine ne s'était pas incarnée , mais scuiemèat la-personne du Fils. L'année suivante, .les mêmes doctrines ayant été soumises au jugement du concile de Reims, Gilbert de la Porrée consentit à se rétracter.

£n I i5a le roi de France se ligua avec qudques vas» saux contre Henri II , roi d'Angleterre. Les deux princes luttèrent ensemble pendant quelques années; mais, bien que leurs querelles fussent, par intervalles, mêlées de traités de paix., on pouvait prévoir dès lors cette longue rivalité entr^ la Fraisée et TAngleterre, rivalité qui, aprèa des fleuves de sang répandu, n'est point encore entièfia» ment éteinte.

Henri II eut été &âltoeRt vainqueur de Louis k Jeune, méitis puissant que lui. Déjà il gouvernait la Flandre

comme tuteur ( t gardien j en l'absence du souverain. 11 contraignit ensuite les comtM de Toulouse à lui rendre hommage , réduisit à son obéissance le Berri , le Limousin , la Marclie , l'Auvergne et le Quercy , de telle sorte qu'il en vint à posséderen France uné-éiéndtte dentier* ritoire correspondant à quarante-sept de nos départements actuels, tandis que Louis ¥11 en avait à'peime vingt, en

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comptant ses donaittes et eeiix des granck vassatix de la

couro&ne.

£u II 58 (Heion PbBtagèiei voulût avoir unie en* tTCVue aYeo lé roi deFvanôê. 11 vint en France , s'^aboïkclu

avec Louis VII , et, pour écarter toute occcasioii de disr âHPde future", il hii prc^KJta d'unir leurs deux famlUes par UD mariage. Il fiit convenu que Henri Plantagenet , fils aiaë du roi d'Angleterre , âgé de trois aus, épouserait Marguerite, fille de Constance de . CastiUe, seocmdé femme de Lsuis VII, âgée d'environ six mois.

Pour donner .plus de solennité encore à cette réconcilia'* tion, et en même temps pour tëiiioigner à Louis une plus entièi'e confiance , Henri II vint à Paris , au mois de septembre Il 58, aVec une suite peu nombreuse. On s'empressa de hn rendre deshminetirs infinis; le roi lui aiMmdonna sou palais pour habitation , tandis que lui-même , avec la leine G>nstancey àlla<leineuW au cloître de la cathédrale*. Dès le lendemain' la jëiine Marguerite, qui devait épouser Henri, fut remise à la garde du roi d'Augleterre^ et Louis, pour lui fieiirephis d'hbnneiir, Tiaccompagna jusqu'à Mantes. - ' • '

Louis Vll| étant devenu veuf par la mort de Constance, épousa Alix, fille de Thibaud le Grand et sœur des comtes de Blois , de Champagne et de Sancerre. Il la fit sacrer dans l'cglise Notre4>amede Paris, par Hugues^ arche^ té^e de âens, qui couronna èn même fempsr le roi.

Louis Vil avait accordé| en ii55, à l'évêque de Paris, pour lui et tous ses successeurs, et au thapitre de Paris ^ r^empfdon èn droit de gîte ;'ce ÂnAt donnait au roi et à ses officiers la faculté de demeurer et de prendre le iiMirrage nécessaire à leun chévaux dans les teirfes du

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clotnaine de rëvéchë et du chapitre. Il est dit dans le titre de cette exemption que le roi Louis avait été élevé dans le cloître Notre-Dame, et c'est à cette circonstance, sans doute, qu il faut attribuer raffection particulière que ce prince eut toujours pour l'église Notre-Dame.

L'évéque Thibaud avait obtenu du roi, dès Tan 1 1 47? avant son voyage d'outre-mer, l'abolition d'un usage digne des temps les plus barbares : c'était la coutume où étaient les ofEciers du fisc, à la mort de Févêque , d'enlever tout ce qu'ils trouvaient dans sa maison et dans ses châteaux hors de la ville. I^.roi déclara qu'il voulait que tous les lieux dépendants de Tévêché de Paris fiissent, à la mort du titulaire, remis sous I4 garde du chapitre et réservés au futur évcque. A la mort de Thibaud, le roi, jouissant de la régale, donna aux religieuses de. Notre- Dame d*Hières un droit dont le principal revenu était les offrandes faites à la cathédi*ale pendant la vacance, à la charge principale pour les religieuses d'entretenir le luminaire de l'église. L'évêque Thibaud fut, comme il l'avait demandé, inhumé à Saint-Martin des Champs. Philippe de France, frère du roi I^uis VII et arclûdiacre de Paris, fut élu évéque, et, par modestie, céda sa place au fameux Pierre Lombard, suruonuné le Maître des sentences ^ qui fut ainsi le successeur de Thibaud, en 1 157.

Philippe de France était archidiacre de Paris; l'autre frère du roi, Henri, était abbé de Saint-Denis delà Charti*e et chanoine de Notre-Dame. Cette famille de clercs assise sur le trône est un symbole fidèle et caractéristique de l'époque. Pourtant il ne faudrait pas croire que, abbés ou arcliidiacres, toute cette cléricature princière s'adonnât sincèrement au rigorisme de la vie chrétienne.

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Us subissaient riuilueace des idées de leur temps ; mab les austérités du cfaristianisme n'étaient guère de nature à toucher leur cœur. Us revêlaient les habits sacerdolaiix, ils suivaient les rites de TÉglise, ils récitaient ponctuelle* ment leurs oraisons ; mais ils tenaient, comme dit doulouieuseiueiit Féhbieii) uue couduite plus sécuhère qu'ecclésiastique» 11 est à soupçonner que, dans les dignités de rÉglise, ce qui les touchait surtout, c'étaient les gros bé* néfices qu'elles rapportaient (i).

L'un des derniers actes du règne de I<<ouis le Jeune fut la grande assemblée de la noblesse, quHl convoqua à Paris pour rengager à prêter assistance au fils du roi d'Angle* terre, Henri, révolté contre son père (ii 73).

Quelques années après, en 1 1 79, Louis VU réunit les prélats et les grands du royaume dans le palais épiscopal de Maurice de Sully, pour faire approuver l'association au trône de son fils , âgé seulement de quatorze ans. Le jeune Philippe fut alors sacré à Reims. L'année suivante ce prince épousa Isabelle, hile de Baudouin^ comte de Hainaut, et quelques mois après ce mariage Louis VU mourut à Paris ( 18 septembre 1 180).

(I) Féiibien. ^ M. de Gaulle.

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