‹ Histoire de Paris depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours (volume 3)Chapitre 1 sur 64 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

rencoutrer une expression plus éoei^ique de ce qui est bien et de ce qui est mal? Où trouver de plus étonnants spectacles pour le regard et pour la contemplation ? Quel point de mire aura pu être plus souvent offert à Tadmiiation et aux colères? Quel colosse humain aura mérité, dans une plus large part^ le châtiment ou la recompense ?

Nous commençons aujourd'hui la publication d'une nouvelle Histoire de Paris. Bien que de nombreux annalistes aient entrepris un semblable travail, nous avons la conviction que, parmi les histoires spéciales déjà consacrées à raconter ce que fut Paris, à dire ce qu'il est, à faire pressentir ce qu'il sera, il n'existe aucun ouvrage assez digne d^estime pour que son apparition ait réussi à décourager les historiens disposés à tenter une pareille entreprise. Avant le dix-neuvième siècle on a composé des livres pleins de science sur les antiquités de Paris, et certes nous n'entendons pas nier les titres des Félibien^ des Lobineau, de Sauvai, deTabbé Lebeuf, de Toussaint-Duplessis, de Piganiol de la Force, de Sainte-Foix, de Jaiilot et de quelques autres écrivains moins connus, mais dont les travaux ont été utilisés par les historiens modernes : les œuvres de ces érudits sont comme les matériaux indispensables à quiconque essaye aujourd'hui d'élever un monument à la gloire de

miBAce. TU

Paris. iSous devoBS doue coBserver avec respect^ sur les rayons des grandes bibliolhèqnesr, les ouvrages de ces éradits estimables, et savoir les consulter dans les occasions^ de jour en Jour plus rares, où il est indispensable de remonter à l'origine d'une institution, d'expliquer la raison d'étred'un usage municipal, de restituer à un monument sa forme première. Ce sont des matériaux aflMssés m profit des écrivains, ce ne sont plus des livres d histoire.

Le dix- neuvième siècle a eu ses historiens de Paris, et nous nous garderons d'omettre le nom de Saint-Vietor, qui écrivait en 4808. il serait de mauvais goùi de faire ici le procès à leurs œuvres, et de dire en quoi elles nous ont paru trop imparfaites, trop au-dessous de leur destination. U en est dont la conception est louable; il en est qui portent l'empreinte d'une érudition honnèteetqui renferment des parties remarquables, au point de Tue de Tartou de Iff peinture morale; mais il n'en est aucune qui satisfisse réellement le lecteur, et qui ait résolu le difficile problème d'instruire en même temps que de plaire; les unes sont trop souvent de pures compilations, dépourvues de clarté, de méthode et d'intérêt; les au très sont trop négligées ou trop restreintes. Aucune (nous parlons de celles qui ont une certaine étendue) n'est suffisant

VJII PRÉFA.CE.

ment inspirée de rintelligencc chrétien ae, et ne met convenablement en relief les grandes annales ilu catholicisme parisien^ les magûihceuces que la foi a produites dans Paris et qui sont le juste orjjueil de la France. C'est nne regrettable lacune qu'il importe de combler.

11 est tempsqu'a Tudieux pamphlet de Dulaure, qu'à ce lourd recueil d'impiétés et d'obscénités prétendues historiques^ on tasse succéder l'histoire vraie et sérieuse de Paris. Le malheureux écrivain dont nous venons de prononcer le nom a usurpe une autorité et une confiance dont il ne fut jamais digne; la science qu il avait laborieusement acquise, et que nous ne contestons pas absolument, a été par lui mise au service de tous les honteux intérêts de 1 anarchie et du scepticisme. Aujourd'hui repoussée par les gens instruits, redoutée de tous ceux qui ont charge de veiller sur les âmes, l'histoire de Dulaure exerce encore une détestable influence sur une immense classe de lecteurs peu éclairés, sur le peuple des ateliers, sur la petite bourgeoisie fa<^ounée aux traditions voltairiennes.

L'auteur du livre que nous offrons aujourd'hui au public a profité des découvertes de ses devanciers et mis à contribution leurs efforts, en gardant la pleine indépendance de sa pensée et de ses jugements historiques et artistiques. Plus heureux

que la plupart d'eutre eux, il lui est donné d'assister à la nouvelle transformation de Paris et de pouvoir en rendre compte^ tandis qu'eux n'ont pu que la souhaiter ou la pressentir. 11 reste encore assez de Tancien Paris pour qu'il soit possible de retracer son caractère et son originalité passés; on entrevoit assez du Paris futur pour en prévoir la grandeur un peu mon otone et en mesurer la gloire, dont le reste de la France commence à se montrer jaloux et inquiet. Le moment est doue bien choisi pour entreprendre une pareille publication, et nous espérons que les sympathies de nos concitoyens ne nous feront pas défaut puisqu'il s'agit^ ici encore^ d'une œuvre de réparation et de vérité.

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