‹ Histoire de Paris depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours (volume 4)Chapitre 15 sur 82 · HISTOIRE DE PARIS. (1270-1S · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE PARIS. (1270-1S

princes étrangers, les cardinaux, les princes du sang, les enfants de France, même les rois et les reines de Navarre, dont les pairies se trou voient dans son ressort , en faisoient autant... Il ne^serviroit de rien de rapporter les noms des Pairs qui rendoient ce devoir au Parlement; il suffit, en un mot, de savoir qu'il se rendoit par tous ceux qui avoient des pairies dans son ressort. Parmi les princes du sang je trouve, avec les ducs de Vendôme, de Beaumont et de Montpensier, ceux de Château-Thierri, de Saint-Fargeau , d'Angoulême et plusieurs autres. Je trouve même qu'Antoine de Bourbon, roi de Navarre, et Jeanne d'Albret, sa femme, s'y assujettirent en qualité de ducs de Vendôme , comme les Pairs gentilshommes et princes étrangers, et, de plus, qu'en i586 Henri, leur fils, simple roi de Navarre alors, justifia au procureur général que ni lui ni ses prédécesseurs n'avoient jamais manqué de s*assen>ir à cette redevance. Enfin des fils de France, en '1577, et depuis encore François, duc d'Alençon, fils de Henri H, s'y soumirent ainsi que les autres. Personne en un mot, ni depuis ni auparavant, ne s'en est garanti que nos rois et nos reines (i). Avec tout cela nous ne savons point ni la cause d'une telle sujétion, ni le temps qu'elle commença. Bien davantage nous ne savons pas quand elle a cessé, quoique c'ait été de nos jours ou le siècle passé vers la fin (2); d'ailleurs nous

( i) Sauvai dit dans un autre endroit : « Le roi paye encore tous les ans un droit de roses au Parlement et à toutes les cours souveraines de Paris. » Rien de plus fréquent chez cet écrivain que de semblables cod- Jtradictions.

^ Il y a apparence que c'est sous le mioistère du cardinal de Richelieu. Hurtaut, t. m, p. 770,

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savons aussi peu comment elle s'observoit à Paris. Si c'étMt de même qu'à Toulouse, voici en peu de mots comment la chose se psussoit. On choisissoit un jour qu'il y avoit audience en la grand'chambre ; ce jour-là le Pair qui présentoit les roses faîsoit joncher de roses, de fleurs et d'herbes odoriférantes, toutes les chambres du Parlement avant l'audience. Il donnoit à déjeuner splendidement aux présidents et aux conseillers , même aux greffiers et huissiers de la cour ; ensuite il venoit dans chaque chambre, faisant porter devant lui un grand bassin d'argent, non-seulement plein d'autant de bouquets d'œillets, de roses et autres fleurs de soie et naturelles qu'il y avoit d'officiers , mais aussi d'autant de couronnes de même, rehaussées de ses armes. Après on lui donnoit audience à la grand'chambre , puis on disoit la messe. Cependant les hautbois jouoient incessamment, hormis pendant l'audience, et même alloient jouer chez les présidents durant leur dînée. A cela je puis ajouter trois choses pratiquées à Paris : que celui qui écrivoit soiis le greffier avoit son droit de roses; que le Parlement avoit son faiseur de roses, appelé le rosier de la cour, et que les Pairs achetoient de lui celles dont ils faisoient leur présent. Je ne m'amuserai pas à dire qu'ils présentoient des roses, des boutons et des chapeaux de roses, au lieu des couronnes du parlement de Toulouse, puisque nous ne mettons point de différence, ou bien peu, entre chapeau et couronnes de roses. »

Le haut etsouiferain empire de Galilée était une communauté formée par les clercs des procureurs de la chambre des comptes, pour juger en dernier ressort les contestations . qui s'élevaient entre eux. Par un esprit de vanterie assez

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commun aux associations d'hommes de loi à cettç époque, les clercs donnèrent à leur corporation le titre poippeux A' empire , et, comme ils tenaient leurs assemblées dans lapetite rue de Galilée, plus tard rue de Nazareth, située dans Tenclos du Palais de Justice et voisine de la chambre des comptes , ils la décorèrent du nom de haut et puissant empire de Galilée.

Le chef de cette juridiction prenait le titre à^ empereur de Galilée; son chancelier était le second officier; mais Henri III ayant défendu qu'aucun de ses sujets prit le titre de roiy comme le faisaient le président de la Basoche et les chefs de plusieurs autres communautés, le titre et les fonctions ai empereur n'existèrent plusdans la juridiction des clercs des procureurs de la chambre des comptes. Elle conserva néanmoins toujours le titre d'cmpire^ sous la présidence du chancelier , qui devint ainsi le premier officier. — L'empire de Galilée avait un protecteur au sein de la chambre des comptes; c'était le doyen des conseillers-maîtres, qui avait en même temps autorité sur le chancelier et les clercs, et qui pouvait, quand il le jugeait nécessaire, fsiire tels règlements qu^il lui convenait pour la discipline de l'empire; ces règlements était ainsi adressés : A nos ornés et Jéaux chanceliers et officiers de l' empire ^ etc. Les édils des empereurs portaient ces protocoles : m A tous pré^ntsetâ venir, salut, etc... !Nous avons^ par ces présentes signées de notre main, dit, déclaré et ordonné, déclarons et ordonnons, voulons et nous plaît... Si mandons à nosamés et féaux chancelier et officiers dudit empire que ces pré^ sents articles du règlement, en forme d'édit;^ ils fassent lire, publier et enregistrer, etc. » L'autorité de ces era-

pereurs ne les rendait ni plus puissants ni plus respectables aux yeux de là chambre, et Tiin d'eux, ayant £adt enlever le manteau à l'un de ses sujets qui refusait de payer une ainende^ fut, sur la plainte du cleré, saisi et emprisonné sans façon, le 5 février i5oo. Chaque année, la veille et le jour de la fête des Rois , les sujets de Veni'pire de Galilée allaient, en pompe et accompagnés de musiciens, porter les gâteaux des Rois à tous les mem» bres de la chambre et leur donner dès aubades.

Une corporation analogue, bien autrement puissante, était la ^Basoche, association désignée sous le titre de royaume et dont Philippe le Bel régularisa l'existence. Elle se composait de tous les clercs du Parlement, et son chef portait le titre de roi de la Basoche..

Ce singulier monarque avait droit de battre monnaie^ mais cette monnaie n'avait cours que parmi les clercs ou basochiens. Le même roi avait sous ses ordres un grand nombre d'officiers, dont le plus important était le chancelier. « L'élection, dit Félibien, s'en fait tous les ans, hait jours après la Saint-Martin, par l'ancien conseil; il est reçu dans l'assemblée des procureurs et fait le serment entre les mains du président chancelier, qui n'est plus après cela que vice-chancelier, et livre au nouveau chancelier les sceaux d'argent oii sont les armes de la Basoche, composées d'une escritoire sur un champ fleurdelisé, le tout surmonté de casque et de morion, en signe de royauté. Le chancelier juge souverainement toutes les causes de son ressort, avec doi^zte maistres des requestes ordinaires, ou du moins avec sept d'entre eux. Outre ces douze il y en a trais autres extraordinaires qui sont deux ans en charge, et puis peuvent

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monter au rang des ordinaires. Ces trois sont le grand* référendaire, qui fait le rapport des lettres, le grand-audiencieret le grand -aumosnier, chargé .de distribuer aux pauvres les amendes qu'il a esté ordonné d'emploier aux iBuvres pieuses , ce qu'il ne peut faire cependant qu'en présence du chancelier et du procureur général. Celui-ci est perpétuel et nommé par le conseil, et ne peut eslre destitué, sinon en cas de mariage ou de promotion à Testât de procureur. Ni lui, ni l'avocat du roy, ni le procureur de la communauté ne prennent jamais aucunes espèces pour la Visitation des procès qui leur sont mis entre les mains. Les trésoriers s'élisent deux ou trois jours avant le chancelier. Leur charge est de faire assem^ hier le conseil tous les samedis à onze heures et de faire crier aux arrests, par trois fois, par un des huissiers du

royaume Ils reçoivent tous les bé/aunes des nouveaux

venus, qui sont d'un teston pour le commun et, de deux pour ceux qui sont gentilshommes. Us reçoivent aussi les amendes qui sont adjugées à la Basoche par les cours supérieures et par leur propre justice, et, quand ils ont fini leurs charges, ils peuvent monter à celles de conseillers et maistres des requestes ordinaires. Les quatre notairessecrétaires du royaume font et signent toutes les lettres de provisions des officiers et suppléent en l'absence du greffier. Le premier huissier assiste aux plaidoiries avec son mortier et appelle toutes les causes qui lui sont données. Les autres huissiers assistent aux audiences avec leur bonnet et leur baguette, etc. »

La monstre ou revue des clercs de la Basoche, qui avait lieu tous les ans, faisait courir tout Paris Ces jeunes gens, tous à cheval, se divisaient en plusieurs bandes,

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et chaque capitaine faisait dessiner des costumes diffé* rents.

Henri II accorda aux basochiens plusieurs privilèges. Il leur donna le droit de faire couper dans la foret de Bondy trois chênes, dont Tun devait servir de mai et les autres étaient vendus au profit de la Basoche. Il leur fut aussi accorde, chaque année, une certaine partie des amendes adjugées au roi, au Parlement et à la cour des aides. Enfin le roi leur concéda Taffranchissement de tout droit pour l'expédition de leurs arrêts, et permit qu'ils prissent dans leurs ^rmome^Xe timbre , casque et morion^ comme marque de souveraineté. Sous le règne de Henri III le nombre des sujets du roi de la Basoche, dans Paris et dans les juridictions, se montait à près de dix mille. Le prince, effrayé de la puissance de cette corporation, fit défense à son chef de prendre le titre de / o/, et dès lors l'autorité fut entre les mains du cliancelier.

Chaque année, le jeudi de la dernière semaine du carnaval, on plaidait, à l'audience de la Basoche, une cause nommée cause grasse^ parce que la matière en était burlesque ou scandaleuse. Cette plaidoirie d'un nouveau genre égayait fort les bourgeois de Paris.

Indépendamment de X empire de Galilée et du royau^ me de la Basoche^ nous mentionnerons encore la basoche du Châtelet, composée de tous les clercs travaillant chez les notaires, les commissaires, les procureurs et les greffiers. Cette basoche était moins importante que celle du Parlement. Son tribunal se composait d'un prévôt et de quatre trésoriers, qui jugeaient les différends des clercs, toutes les semaines^ en la chambre de police ; l'appel de ses jugements se relevait au présidial. I>es clercs du Châ-

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telet étaient taxes, pour leur bien veaue et entrée, à la somme de dix sous parisis; s'ils s'y refusaient ils étaient condamnés à huit ^u&, et, • en cas de nouveau refus, oa était en droit de v^idre leurs effets. La basoche du Châtelet, qui, d'après une ordonnance^ se qualiGait de basoche régnante en titre et triomphe d honneur , faisait célébrer, le jour de Saint- Nicolas^ une messe solennelle, et donnait à cette occasion un dîner et des fêtes auxquels assistaient les magistrats du Châtelet.

lies basochiens de Paris furent les premiers acteurs dra* matiques de la France du moyen âge; ils jouaient publiquement, dans la grand'salle du Palais, des pièces de théâtre de leur composition, qu'ils appelaient /â^rce^, soties oa moralités. Ni la décence, ni les convenances n'étaient respectées par ces Aristophanes du prétoire ou du greffe.

£n 1 5^8 un des capitaines de la Basoche voulut, dans la cérémonie de la montre, se singulariser; il composa sa compagnie de femmes et de jeunes clercs déguisés en femmes. Cette compagnie féminine figura en public. L'official de Paris s'en formalisa et fit citer devant lui le capitaine des femmes , et un clerc de cette compagnie refusa d'assister à la montre dans ce déguisement. Ces deux actes révoltèrent le roi de la Basoche, alors trèspuissant ; il appela comme d'abus de la citation de l'ofl&cial, qui fut obligé de s'en désister, et fit condamner le clerc qui avait refusé de paraître à la montre vêtu en femme à demander pardon ; et dans la formule de ce pardon on lit que : k Pour ses défenses , fui^ petita delicti venia, il proteste de ne dire chose dérogeante à la ma/esté royale du très'il lustre roi de la Basoche.»

Ainsi qu'on la vu plus haut Philippe le Bel autorisa

le parlement de Paris à tenir ses sëaùces dans le palais mérovingien situé à rcxtrémité occidentale de la cité, et qui avait servi de résidence à nos rois de la première et delà troisième race. L'un deux, le Capétien Robert, l'avait fait rebâtir, et plusieurs de ses successeurs, saint Louis entre autres, l'avaient notablement agrandi; Philippe le Bel acheva leur œuvre. De Philippe le Bel à Charles V et à Charles VII les rois et le Parlement n'eurent pas d'autre résidence. Celle-ci était fort vaste, et , indépenpendamment de l'enceinte qu'occupent aujourd'hui le Palais de Justice, la Conciergerie et la préfecture de Police, le palais du roi et du Parlement, au quatorzième siècle, couvrait de ses édifices et de ses jardins une superficie équivalente à plus d'un tiers de l'étendue totale de la cité, notaimnent la rue de Harlay, la place Dauphine, le quai deir Orfèvres et le quai de l'Horloge. On attribue à saint Louis la construction des salles basses situées au-dessous de la grande salle du Palais, et dont Tune porte encore le nom de cuisines de saint Louis. A l'étage supérieur, r la grand' chambre^ qui de nos jours a été attribuée à la Cour de Cassation , fut longtemps appelée chambre de saint Louis.

Jusques au dix-septième siècle on remarquait dans ce palais du roi et de la justice une vaste salle qui servait à la réception des hommages des vassaux, aux audiences des ambassadeurs, aux festins publics et aux noces des enfants des rois. Cette salle, simple dans sa construction et seulement couverte en charpente, était ornée des efïîgies des rois de France, depuis Pharamond jasqu'à François P'. Audessous de chacune d'elles se lisait une inscription indicative de l'avènement de chacun d'eux au trône et de sa

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mort. On voyait, vers une des extrémités de cette salle, la fameuse table de marbre dont la grandeur devait être considérable.

Sur cette table, dans les grandes solennités, se faisaient les festins royaux; autour d'elle s'asseyaient alors les personnages à tête couronnée; les princes et seigneurs mangeaient sur des tables particulières.

Autour de cette table siégeaient aussi trois tribunaux, hCvnnétablief V Amirauté, \ts Eaux et Forêts de France y tribunaux'qui, malgré la destruction de la table, loi^ d'un événement dont je vais parler, ont conservé jusqu'en 1 790 la dénomination de Table de Marbre.

Dans la nuit du 5 au 6 mars 161 8 le 'feu prit à cette salle ; favorisé par un violent vent du midi, il la consuma, ainsi que plusieurs autres parties du palais. Les statues des rois et la table de marbre furent brisées et anéanties pour jamais.

Cl Le feu, dit Félibien, prit d'abord à la cliarpente de la grande salle, et^ comme il faisoit beaucoup de vent, tout le lambris, qui estoit d'un bois sec et vernissé, s'embrasa en peu de temps. Les solives et les poutres qui soustenoient le comble tombèrent par grosses pièces sur les boutiques des marchands sur les bancs des procureurs et sur la chapelle, remplie alors de cierges et de torches qui s'enflammèrent à l'instant et augmentèrent l'incendie. Les marchands, accourus au bruit du feu, ne purent presque rien sauver de leurs marcliandises. On sauva seulement les registres de quelques greffes qui n'estoient pas dans la grande salle. L'embrasement, augmentant par un vent de midi fort violent, consuma en moins d'une demi-heure les requestes de l'hostel, le greffe du trésor, la première

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chambre des enquesles et le parquet des huissiers. Le feu prit incontinent à une tourelle près de la Conciergerie^ et en des greffes dont les papiers furent bruslés. Alors s*éleva une clameur des prisonniers, qui crièrent que la fiimée les estouffoit. Plusieurs se sauvèrent malgré le geôlier ; mais le procureur général fit conduire les principaux au Chastelet et dans les autres prisons de Paris. Le vent devint si violent qu'il porta des ardoises jusque vers Saint-Eustache. Lorsque le reste du comble de la graud'chambre vint à tomber, un brandon enflammé, emporté par le vent, alla mettre le feu à un nid d'oiseau au haut de la tour de l'Horloge, qui eust couru grand risque si on n'eust descouvert promptementlatour pour couper le cours du feu. Le premier président, le procureur-général, le lieutenant civil et le prévost des marchands donnèrent de si bons ordres que l'on fut redevable à leur prudence^, aussi bien qu'à la hardiesse età l'adresse des ouvriers, de la conservation de la grand' chambre, delà cour desaydes, de la galerie aux merciers et des autres appartements du Palais, qui furent garantis de l'incendie. Pour avoir de l'eau en abondance, le prévost des marchands ordonna aux ha*' bitants des ponts les plus voisins et à ceux des rues de la Cité aux environs du Palais de tirer de l'eau de la Seine et des puits, et de la répandre dans le ruisseau, pour la faire couler de là dans la cour du Palais , où il se forma en moins de rien un lac qui fournit abondamment toute Teau dont on eut besoin. On se servit aussi de quantité de foin mouillé et de fumier. Mais tout cela ne put empescher que les murailles ne fussent fort endommagées. La table de Marbre fut réduite en pièces, et toutes les statues des roys, élevées contre les murs, brisées et perdues. Le len-

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deôiain de Fincendie le Parlement, rendit un arrest pour obliger tous ceux qui avoient pria ou trouvé des sacs de procès, pièces^ titres, registres ou autres papiers, de les remettre entre les mains de Jean duTillet, greffier de la cour, avec deflense aux apotiçaires, merciers, pape^ tiers, épiciers et autres, de les acheter^ sous peine de punition exemplaire. »

Il fallut réparer tant de ravages et construire unç salle nouvelle. £n 16:20 le roi ordonna la vente des places vagues ({ui se trouva^nt au long de fossés de Saint-<jer« main d^s Prés , et le prix de leur vente fut affecté aij» frais de cette reconstruction. Jacques de Brosses fut chargé de ce travail ; il le termina en 1 62 2 .

11 n'existe point en France de salle plus vaste; sa longueur est de soixante-douze mètres et sa largeur de vingthuit. Son intérieur est, par un rang de piliers et d'arcades, divisé en deux nefs égales. Ces piliers et ces arcades contribuent à supporter les deux voûtes à pleins cintres et en pierres de taille qui la couvrent. L'architecture y a en)« ployé Tordre dorique, qui donne à cet édifice un caractère mâle, solide et convenable à sa destination. Quelques irrégularités de détail. n'empêchant pas d'admirer l'ensemble imposant et majestueux de cette oonfitruction. Dans l'état actuel des choses la plus grande partie du rez-de-chaussée du Palais appartient encore au style ogival des règnes de saint Louis et de Philippe-Âuguste«

Nous avons à plusieurs reprises, notamment en esquissant le règne de I^ouis-le-Gros, fait mention de la forteresse qui existait à l'extrémité septentrionale du Pon&>au- Change et qu'on appelait .le Châtelet. Dès que Paris eut vu agrandir ronsidérablement son enceinte, sous Philippe-

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Auguste, cette forteresse, devenue inutile à la défense de la ville, fujt bientôt destinée au ûége des juridictions de la prévôté et vicomte de Paris. On ne connaît point Tépoque précise de rétablissement de' ces juridictions dans cet édifice; mais Ton sait qu'en i3o2Pliilippe le Bel rendit une ordonnance portant règlement pour les officiers du Châtelety par laquelle il y établit quatre-vingts sergents à cheval, quatre-vingts sergents à pied, tous suffisamment armés, et des juges, nommés auditeurs^ chargés d'entendre les témoins ; ces juges ne pouvaient juger qu'en première instance.

Cette ordonnance^ ne créa point une juridiction, elle la régularisa, et on voit, par quelques-uns de ses articles, qu'elle existait bien avant Philippe IV. Un mandat de ce roi, de l'an i3oo, mentionne le Châtelet comme le siège d'une juridiction préexistante, et réduit le nombre des notaires de Paris, qui en dépendaient, à soixante.

Ijacour du Châtelet, avant la Révolution, était présidée par le prévôt, le lieutenant général de police et deux lieutenants particuliers; elle se composait en outre de cinquante-cinq conseillers et de dix conseillers honoraires, et se divisait en quatre sections : V audience du Parccml^ celle du Présidialy la chambre du Conseil et la Chambre criminelle.

La justice se rendait au Châtelet au nom du prévôt de Paris, et c'était une justice d'épée. Elle comprenait la ville, la prévôté et la vicomte de Paris.

Les compilateurs Hurtaut et Magny disent à ce sujet : Œ IjC prévôt de Paris est chef du CMtelet et y représente le roi au fait de la justice, suivant l'expression du Grand Coutumier, ce qui fait qu'ily a un dais toujours subsistant.

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distinction aussi ancienne que son office de prévôt. Il est chef de la noblesse et la commande à Tarrière-ban, sans être sujet aux gouverneurs, au lieu que les baillis et les sénéchaux y sont assujettis. Il a douze gardes de toute ancienneté, qui, selon un arrêt de i566, doivent avoir hoquetons et hallebardes, en le suivant k l'audience et par la ville. Ces gardes sont huissiers exploitans par tout le royaume et journellement dans Paris. Avant la création des huissiers audienciers ces gardes avoient fonctions d'audienciers et faisoient bailler les audiences.

« Lie prévôt de Paris a une séance marquée, aux lits de justice, au-dessous du grand -chambellan. Il a la garde du parquet, et le droit d'assister aux états généraux comme premier juge ordinaire et politique de la capitale du royaume. Son habillement est semblable à celui des ducs et pairs, et il porte un bâton de commandant couvert d'une toile d'argent ou de velours blanc.

« Le prévôt de Paris, et non autre, connoît du privilège des bourgeois de Paris pour arrêter leurs débiteurs forains. Ce privilège fut accordé par Louis le Gros en ii34.

a La charge de prévôt de Paris est toujours remplie; car dès qu'elle vaque, ou par la mort, ou par la démission du prévôt, elle passe au procureur général du Parlement. Le roi reprend, pour ainsi dire, par les mains de soa procureur général, l'office vacant, jusqu'à ce qu'il y ait pourvu.

a Le prévôt de Paris est le conservateur des privilèges de l'Université ; c'est pour cette conservation que Philippe- Auguste ordonna, par ses lettres de l'an 1200, que le prévôt de Paris prêtât serment entre les mains du rec-

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teur de TUniversité et qu'à jamais il fit personnellement ce serment. Les prévôts de Paris ont régulièrement prêté ce serment aux recteurs de TUniversité jusqu'au commencement du dix-septième siècle, que le prévôt de Paris commença à être troublé dans l'exercice de sa juridiction par son lieutenant civil. »

Les officiers du Châtelet célébraient chaque année, le lundi après le dimanche de la Trinité, une fête ou cavalcade appelée la montre. Sa marche était ouverte par une musique guerrière, composée' de timbales, trompettes, hautbois, et par les attributs d'une justice militaire, tels que le casque, la cuirasse, les gantelets, le bâton de commandement et la main de justice, emblèmes dont chacun était porté par un individu ; puis suivaient quatre-vingts huissiers ou sergents à cheval, cent quatre-vingts sergents à verge, précédés de leurs trompettes et timbales, et portant leurs signes d'honneur.

Ceux qui figuraient dans cette partie de la cavalcade étaient tous vêtus en habits courts et de diverses couleurs. Venaient ensuite cent vingt huissiers priseurs, vingt huissiers audienciers, couverts de leurs robes de Palais, douze commissaires au Châtelet, en robe de soie noire ; un des avocats du roi, un des lieutenants particuliers et le lieutenant civil : ces derniers se faisaient remarquer par leur robe rouge ; puis des greffiers du Châtelet et quelques huissiers fermaient la marche.

Cette cavalcade se portait successivement chez le chancelier, le premier président, le procureur général, et chez le prévôt de Paris.

Elle avait sans doute la même origine, le même motif que les marches pompeuses que célébraient les clercs de la

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