DEPENSES
Frais d'émission , de réalisation et de liquidation de l'emprunt autorisé par la loi du i*' août 1860 i5,ooo »
Dépenses des opérations autorisées par des lois spéciales, et dépenses de toute nature motivées par l'extension des limites de Paris i , 282,680 »
Report de droit des dépenses non soldées de i863. . 4o,ooo »
Somme égale x,337,63o »
Cest ainsi que les recettes et les dépenses sur fonds spéciaux s'équilibrent , comme les recettes et les dépenses sur fonds généraux ( les recettes et dépenses ordinaires et extraordinaires d'une part, et les recettes et dépenses supplémentaires d'autre part ), et que se trouve exactement balancé l ensemble du projet de 1864.
En terminant l'an dernier l'exposé du budget de i863, je vous avais annoncé , Messieurs , l'intention de vous présenter un Mémoire spécial où serait résumée la situation des grandes entreprises auxquelles sont affectés les fonds spéciaux. Un excellent rapport, qui vous a été fait au nom de votre comité des fmances, et dont toutes les parties ont été discutées dans votre sein, avant le vote de la balance du budget, a rendu moins nécessaire le travail que j'avais en vue. Le compte moral et financier des opérations de la caisse des Travaux de Paris au 3i décembre dernier pouvait, d'ailleurs, dans une certaine mesure, tenir lieu de ce travail , dont je me suis vu détourné , d'un côté , par les occupations croissantes que m'imposent les nombreux services de la grande administration dont j'ai toute la responsabilité , et , d'un autre côté , par le désir de placer sous vos yeux un tableau assez complet et présentant des résultats assez précis pour ne plus laisser aucun doute sur l'époque d'achèvement de toutes les opérations dans lesquelles la ville est maintenant engagée , et sur l'équilibre final des dépenses restant à faire et des ressources que nous y pouvons consacrer.
Malheureusement je ne suis pas encore en possession de tous les devis dont j'ai besoin pour déterminer un chiffre très-important à connaître, avant d'établir cette espèce de bilan : celui des charges extraordinaires qui résulteront, pour la ville, de l'extension des limites de son territoire. Évaluées par moi de i5o à 160 millions à la fin de 1859, et à près de 200 millions aujourd'hui , ces charges forment un inconnu que chacup peut grossir ou atténuer selon son point de vue , et qu'il est essentiel de
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dégager d'uoe manière nette, précisément à cause de la solidarité que vos votes et la loi du i*' août 1860, relative au dernier emprunt de la ville,' ont établie entre les dépenses de cet ordre et lés grands travaux définis par les lois antérieures.
Quant à ces travaux, ils sont arrivés maintenant à un degré d'avancement qui permet de bien mesurer la portée des engagements financiers qui en résultent.
£n eflet, ceux qui ont fait Tobjet des lois des 4 août i85i^ 2 mai i855 et 19 juin 1867, touchent à leur terme. On peut considérer comme achevées les opérations concernant l'ouverture de la rue de Rivoli et de son ' prolongement, le dégagement de l'Hôtel-de- Ville, le percement des boulevards de Sébastopol sur la rive droite, sur la rive gauche et dans la Cité, ainsi que de la portion classée du boulevard Saint-Germain ; car il n'y a plus guère de dépense à faire, et ce sont surtout des recouvrements qu'il faut réaliser, afin de les clore entièrement. Ce qui reste à entreprendre pour assurer le dégagement des abords du Théâtre-Français, selon le traité de i853, d'après lequel les deux tiers de cette opération sont à la charge de l'Etat, et pour compléter le percement de la rue des Ecoles, a peu d'importance au point de vue financier. De toutes les opérations comprises dans ces trois lois , celle qui a pour but la construction et le dégagement des abords des halles exige seule des dépenses encore assez fortes , mais hoi^ de toute proportion cependant avec les sommes déjà payées pour les mêmes causes.
Les grandes entreprises qui ont motivé la loi du 28 mai i855 , appro- Ibative du traité dit de 180 millions, sont exécutées dans leur ensemble pour les trois^ quarts de leur importance -totale , bien que cinq années seulement soient écoulées sur les dix que le traité réserve à la ville pour s'acquitter de ses engagements. Il suffit de citer le percement des boulevards Malesherbes et du Prince-Eugène, l'abaissement du canal Saint- Martin , le prolongement du boulevard de Sébastopol de l'ancienne place Saint-Michel à l'Observatoire, le dégagement du Luxembourg) l'exécution de la première partie du boulevard de Magenta et l'abaissement du Faubourg Saint-Denis qu'elle a entraîné, le redressement et le nivellement de l'avenue du Roi -de-Rome , l'ouverture du Champ-de- Mars, le prolongement de l'avenue de La Tour-Maubourg , celle de la première partie de la rue de Rouen, la formation de la place du nouvel Opéra , et enfin l'achèvement récent du boulevard Beaujon , sans parler de tant d'autres opérations qui vont également prendre tin ou qui ne sont plus bien loin de leur terme, pour prouver que le plus difficile est fait de ce côté, '
APPENDICE. 46 ï
Votre comité des finances trouvera , Messieurs, dans les productions de pièces qu'il recevra , cette année comme les précédentes , la justification des déclarations formelles quMl vous a faites dès votre session de 1861, et qu'il a réitérées dans celle de 1862, touchant la certitude acquise à ses membres que l'achèvement complet, avant 1868, de toutes les opérations engagées jusqu'à présent, est amplement garanti par les res« sources spéciales qui y sont affectées.
Les améliorations de voirie de moindre importance que la ville exécute sans le concours de l'État , et qui figurent parmi les opérations diverses , sont également fort avancées. D'ailleurs il dépend toujours de l'administration municipale d'en régler la marche sur les "ressources qu'elle y peut annuellement affecter.
Quant aux entreprises nouvelles qui sont trop considérables* pour être rangées dans cette dei^nière catégorie , et qui n'ont trouvé place dans aucun des traités entre la ville et l'État sanctionnés par les lois rappelées ci-dessus , quelque intérêt qu'elles puissent avoir, quelque entraînement d'opinion qu'elles puissent occasionner, ma ferme intention, Messieurs, est de résister énergiquement, dans l'avenir comme dans le passé , à tous les efforts , à toutes les pressions qu'on pourrait exercer sur mon administration pour l'y engager, avant qu'un acte souverain n'en soit venu consacrer l'importance et déterminer le caractère , et n'ait pourvu- aux nouvelles combinaisons financières qu'elles exigeront.
Rassurés du côté des grands travaux de voirie , auxquels suflisent leurs ressources propres, devons-nous, Messieurs , être bien inquiets de ce qui nous reste à faire pour mener à bonne fin Tassimilation à 'ancien Paris des nouveaux territoires que la loi du 1 6 juin 1869 y a joints , et aussi pour réaliser les grands -travaux de construction réclamés dans L'intérêt du service religieux et de l'instruction publique? Rappelezvous quel a été le point de diépart et le moyen d'exécution des entreprises , aujourd'hui termipées ou près de l^tre , qui ont déjà changé L'aspect général de la ville et qui excitent l'admiration des étrangers encore plus que des Parisiens eux-mêmes : un excédant annuel des recettes sur les dépenses ordinaires montant à environ 17 millions et demi à la fin de i852 , et accru incessamment par l'effet même de la réalisation de ces entreprises. Rappelez-vous que cet excédant dépassera 41 millions en i863 , qu'il atteindra probablement 4^ millions en 1864 » et mesurez tout ce qu'on peut faire, dans une certaine période de temps, avec un tel levier ! ,
Si nous n'avons pas hésité à aborder l'œuvre laborieuse et de longue
haleine de la transformation du vieux Paris avec des moyens d^exécution plus faibles des deux tiers que ceux dont nous disposons , et si , depuis onze ans , nous ne nous sommes pas laissé troubler dans notre marche par les résistances de l'opinion publique égarée , comment faiblirions-nous lorsque nous voyons maintenant bien rapproché le terme de nos efforts , lorsque nous pouvons désormais asseoir nos coinbinabons de finances sur des bases assez larges pour rassurer les plus fimides , lorsqu'enfin le sentiment général , ramené par une équitable appréciation des faits accomplis , va nous venir en aide , et doubler la force morale qu'une auguste et constante approbation soutenait seule jusqu'à présent? Courage donc, Messieurs , et confiance! Si, par impossible , quelques-uns se sentaient ébranlés par la grandeur de la tâche que nous avons encore devant nous , qu'ils jettent un regard rétrospectif sur le passé , qu'ils examinent froidement le* présent , et , je n'en doute pas , ib envisageront l'avenir avec calme.