DIABLERIES CONTRE AMOUREUX ÉBATS
Le roi ne put réussir, et les conseils si pres sans et si singuliers du pape n’éveillèrent aucune ardeur dans ses sens; une répugnance invincible Péloignait de la reine : les clercs et les vieilles matrones disaient tout haut, qu’à mesure que le roi s’approchait de sa femme, le démon ouvroit en notre sire, de telle sorte qu'amounreux ébats ne pouvoient s'en suivre.
Un vieux clerc avait vu le diable tout rouge se plaçant entre cors et chair, et folätrant sur les genoux de la royne, faisant postures et mines horribles ; tout cela paraissait suffisant pour justifier le divorcer.
Le pape soutenait que les maléfices n'étaient pas invincibles avec l'aide de Dieu et de ses saints : « Tu sais, 6 mon fils, que tout se surmonte avec le secours de celui qui règne aux cieux ! Viens encore une fois dans les bras de la reine ; mais afin que tu puisses accomplir le commerce de la chair, prépare-toi, par de saintes oraisons, des aumônes, et le sacrifice de la messe?. » Cesexhortations n’eurent aucun effet;
1 Grande-Chron., t. IT, fe 27, edit. de 1403. 2 Innoc. IIT , epist. 176, Liv. x, t. IT.