VOYAGE DE JEAN A PARIS
griffon , vieille devise du roi Arthur. Il s'avancça, revêtu de ses armes, au-devant de son oncle, mit un genou en terre, et le héraut lut la formule suivante : « Moi Arthur, duc des Bretons, je fais lhommage-lige à mon oncle et à mon sire, sauf les droits du roi de France; je lui préterai mes services, Je le racheterai en captivité, et ne ferai jamais outrage à sa fille ni à sa femme, vivant en son hôtel.» Arthur jura toutes ces conditions, mais il refusa constamment de se confier à l'Anglais : il semblait qu'un secret pressentiment lui annonçait sa triste desunée. Il demeura en la cour de France.
Après ce parlement, Phihppe et le roi Jean semblaient vivre dans la meilleure intelligence; ils vinrent ensemble à Paris, où les bourgeois fétèrent leur commune arrivée et le mariage du prince Louis, par maintes folles joies. Il y avait des lampions sur les croisées, méme dans la rue aux Juifs. On commençait alors à paver Paris en pierre; les tours et quelques monumens que la magnificence du roi avait construits s’élevaient çà et là. Selon lusage, les deux monarques vinrent visiter l’abbaye de Saint-Denis, où tous les religieux les