INDIGNATION CAUSÉE PAR LA MOR'® D'ARTHUR
les dames et les écuyers ne déplorassent les tristes destinées d’un jeune prince frappé par un roi déloyal et méchant. Les chants des trouvères de la Bretagne et de la Normandie étaient consacrés au récit des sinistres aventures de la tour de Rouen. On racontait dans les plus grands détails {es perfidies et barbaries de Jean, poursuivant Arthur à travers l'escalier tortueux qui du donjon conduisait à la Seine; on disait les larmes de l’enfant-chevalier, ses supplications et ses prières; cetteindignation profonde ne se manifestait pas seulement dans les fiefs d'Anjou et de Bretagne, et dans le royaume de France, mais dans les propres domaines de Henri; si l’on en croit l'Anglais Mathieu Paris, plusieurs dames et damoiselles de la cour du roi le traitérent de suzerain perfide et cruel ; Jean punit de la confiscation de leurs fiefs quelques barons qui s'étaient trop librement exprimés sur la couardise d’une telle conduite. Le chroniqueur courtisan ne peut s’empêcher lui-même de dire : « Je souhaite qu’Ar-
thur n'ait pas péri, ainsi que la médisance le
raconte ‘. »
: Mathieu Paris, ad ann. 1293.