FAIT D'ARMES DES ROUTIERS
un besoin qui veut toujours être satisfait dans le mystère du cabinetr.» La partie supérieure, servant de chapelle, était consacrée à la célébration de la messe, et il y avait à la hauteur du milieu une fenêtre en dehors que deux ou trois hommes montés l’un sur l’autre pouvaient atteindre, et qu'on n'avait pas eu le temps de murer. Aussitôt un intrépide varlet du nom de Bogis se glisse, au milieu de la nuit, de l’autre côté du fossé, puis grimpe, suivi de ses compagnons, jusqu’au pied du rempart; alors s'élevant sur les épaules de deux servans d’armes, aveaune légèreté admirable, il s’élance de tout son corps vers la fenêtre ouverte. Une fois parvenu dans la maison, il tend une corde à ses suivans, et bientôt soixante d’entre eux se trouvent réunis : ils font sauter les portes avec le feu, et les voilà au milieu du château, face à face du comte Roger et de sa troupe, alors réduite à cent cinquante chevaliers. Bogis et ses compagnons se serrent et se retranchent contre un mur, tandis que quelques uns d’entre eux font tomber le pont-levis, pour ouvrir un pas-
* Guill.-le-Breton, Philippéide, ch. vu.