‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 2)Chapitre 52 sur 336 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

jours du même point pour arriver au même résultat; les expéditions des deux rois étaient empreintes de leurs caractères. De la fougue et de la colère ils passaient au besoin de la paix. Provoqués par les barons, ils faisaient des trèves, les rompaient avec Impétuosité à peu près comme ils donnaient un coup de lance, puis, lorsque leurs forces étaient épuisées, ils demandaient treve et merci. Un nouveau traité fut donc conclu, les bases en furent plus larges; car il devait être définitif. L’on en trouve encore loriginal au trésor de Chartres.

« Richard cède à Philippe les mouvances des fiefs que Hugues de Gournay, dit le Coucou, tient en Normandie, à moins qu'il ne préfère rendre l'hommage au roi d'Angleterre , comme duc de Normandie. Hugues de Gournay cède tous ses fiefs d'Angleterre à Richard de Vernon, vassal du roi anglais, qui lui donne à son tour Vernon, sous l’hommage au roi de France.

Richard rend à Philippe, Neufmarché, Gaiïllon, Nonancourt, avec leurs châtellenies. On mettra des bornes pour séparer d’une manière distincte les possessions de France et d'Angleterre. Elles seront placées à Moyenville, entreGaillon

et le Val-de-Rueil. Ce qui sera d’un côté appartiendra à Philippe, ce qui sera de l’autre sera la propriété de Richard. Le roi d'Angleterre cède à son souverain toute la mouvance de l'Auvergne. Les barons de Normandie ne pourront point faire la guerre au roi Philippe en leur nom privé, sous peine de confiscation de leur fief. Quant à ceux du Poitou, on ne peut rien promettre ; car les coutumes féodales protégent l'indépendance des batailles. Le roi de France cède à Richard toutes les villes ,

communes, châtellenies du Berry, le fief de & Châtre, Saint-Charlier, Château-Meilland, sauf cependant ce que le comte de Saint-Gilles et le vicomte de Turenne y possédaient à la Saint- Michel derniere; 1l aura encore la propriété des, villes et châteaux d’Arques, Driancourt,

les arriére-fiefs des feudataires de Hugues de . Gournayqui lui sont demeurés fidèles, Beauvais etses dépendances, en un mot toutes les villes et places qui lui ont été enlevées à iui et à ses hommes, durant sa captivité en Allemagne. Si le comte de Toulouse veut être compris dans la paix, il en sera le maître; s’il le refuse, Richard pourra lui faire la guerre, brüler ses champs et

ses villes, à moins qu'il n'offre d'ester à droit en la cour du roi de France; alors les hostilités cesseront. Les comtes de Périgord et d’Angoulême, le vicomte de la Brosse restent dans la mouvance du roi d'Angleterre, et lui devront l'hommage. Quant au vicomte de Turenne, comme par le passé, il sera vassal des deux couronnes pour les fiefs qui sont dans leurs mouvances respectives. Andely demeurera neutre sans qu'aucun des rois puisse s’en emparer et le fortifier, à moins que l'archevêque de Rouen qui en sera détenteur, n’excommunie l’un des deux monarques; en ce cas ils pourront saisir Andely jusqu’à la levée de lexcommunication. Si l’excommunication est juste au jugement de quatre prêtres et de quatre diacres, au choix du roi, ils devront rendre Ândely à larchevêque. Richard et Philippe donnent main-levée des biens qu’ils ont saisis sur les églises ; ils promettent dans l'avenir de ne plus faire violence aux ecclésiastiques , de ne plus les frapper de leur gantelet de fer, de ne plus prenûâre les fruits de leurs terres; 1ls se garantissent respectivement l'hommage de leurs vassaux, sans que

Page 1