II10 MORT DE CÉLESTIN
près de lui que je n’ai pas encore vus. Une multitude de servans d'armes, écuyers, dont prés de cent vingt couverts de fers, sont aussi tombés en notre pouvoir; c'est ainsi que nous avons vaincu le roi de France près de Gisors. Nous te le fesons savoir afin que tu te réjouisses !. » |
Cette lettre où respire une animosité s1 vive et si profonde indique combien il était difficile de rapprocher deux princes rivaux de gloire et jaloux de leur puissance. Depuis long-temps ces querelles si animées, qui troublaient la paix de la chrétienté, et laissaient aux Sarrasins de la Palestine le loisir d'agrandir leur conquête, avaient fixé la sollicitude des pontifes. Le pape Célestin s'était plaint plusieurs fois d’une manière énergique; mais il n'avait pas assez de hardiesse dans le caractère, n1assez d'ascendant sur le monde chrétien pour imposer la paix à de puissans suzerains que leur caractère poussait sans cesse aux batailles ; on l’accusait aussi, et avec quelque raison, de favoriser secrètement le roi Richard,
‘ Roger de Hoveden , ad. ann. 1 197.