PLAINTES DES SEIGNEURS DE LA LANGUE-DOC
en dépendans paraissait résolue. Tous les comtes de la race proTcnçale se trouTaient précisément dans la catégorie des princes faTorables à rhérésie; ils avaient reçu les admonitions cléricales et s'en étaient moqués.
Les albigeois avaient grandi sous Faile de leur protection; la décision du concile de Latran les dépouillait de leurs terres par upe application simple et naturelle; cependant ils firent entendre de vives représentations. Les comtes de Toulouse et de Foix furent introduits dans l'assemblée', et se prosternant aux pieds du pape, ils e:s;:posèrent les injustices dont ils avaient été victimes dans la Langue- doc. Un des cardinaux prit ardemment la 4éffsnsedu comte deFoix*; le bouillant éyéque Folquet l'interrompit avea un geste d'impatience, a Que vient-on nous dire ici ? le comte de Foix ne peut disconvenir que son fief ne soit partout rempli d'hérétiques ^
1 Le fils du comte de Toulouse s'était rendu à ce concile, déguisé en marchand, pour échapper au comte de Montfort. Lachroique provençale dit au contraire qu'il voyageait en grande et oble compagnie. • En una bella et nobla compagnia, » p. 58,
a « Adonc a presa la paranla ung des cardinals que al dit : CoO' ^lleray, etc. • Ghroniq.. provençal.) ibid., p. 56.
l'ÉVÊQUB FOLQUET. LE GOMT£ DE FOIX. 345
car lorsqu'on a pris le château de Mont-Ségur , dépendant de sa seigneurie , a-t-on épargné un seul habitant? n'a-t-on pas fait brûler tout le monde, preuve qu'ils étaient tous hérétiques ! Pendant quatre ans la sœur du comte a pro*^ tégé rhérésie à Pamiers » et lui-même n a-t-il pas tué plus de six mille croisés qui allaient au secours de Layaùr?»'
«Le château deMont-Ségur n'est pasdansma dépendance, répliqua le comte, mais dans celle de ma sœur ; s'il y avait des hérétiques, il faut s'en prendre à elle. On m'accuse d'avoir détruit sis mille croisés qui envahissaient nos terres , mais c'était des rôdeurs et pillards de tout ce qu'ils rencontraient. Il fallait bien arrêter cette troupe perverse ; et toi, Folquet^ reprit le comte de Foix , n'às-tu pas livré ta ville ^iscopale au pillage ? Dix mille habitant de Toulouse n'ont*ils pas été frappés par les
1 « Et adoDo ses leva l'éTesqne Folquet, et la perat^a a presa contrelos dit cardinal, disan que lo comte de Foix que aqui era présen,^ non podie excusar ni dire que tota sa terra non fos plena dtiéretge, car tots los habetans de Mont-Ségur erant esta ars et brûlats.. nid.
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mauTaises œuvres concertées entre toi et SImoud'.
Folquet rougit sur son siège à bras d'or.
Un des envoyés de Montfort (Guy son frère ) se leva et dit : «< Mais si vous rétablissezles comtes provençaux dans leuraT terres et si vous en dépouillez les francs, possesseurs actuels, per^* sonne ne voudra plus obéir aux ordres du pape, et ses promesses seront vaines, sa parole sans effet. » Ceci fat très-applaudi de Folquet et des prélats. ' *
Alors, le chantre dé l'éjglise de Lyon , s'adressant au Saint-Père': «Vous savez bien que le comte Raymond vous a toujours obéi en toute chose ; il vous a remis les châteaux que vous avez demandés comme garantie; il a combattu contre son propre neveu le vicomte de Béziers. Vous ne pouvez vous dispenser de lui rendre ses domaines; et toi, Folquet, quand cesseras-tu d'attiser le feu partout? tu décries par tes folies la cour de Rome. Est-il juste que
1 « A fait destruire , pilhar et robar à Tolosa et plus de àit& millla penonas a faicta mon de mala- mort , » Ibid,
3 Le chroniquear provençai dit : «Queera ung dès grands clercs- (I« totale monde.»