‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 4)Chapitre 122 sur 129 · LES COMTES DE CHAMPAGNE · texte numérisé non relu

LES COMTES DE CHAMPAGNE

raiçnt pu se réunir en un même territoire ♦ restèrent divisés.

La Champagne était dans les mains d'un enfant de deux ans ; d'après le droit féodal , le jeune sire et son fief tombaient sous la garde et tutelle du roi '; dans une charte contemporaine» des conventions sont arrêtées entre la comtesse palatine » femme du défont vassal de Champagne, et le roi; il est convenu que Philippe tiendra l'héritier du, comte auprès de lui et sous sa protection suzeraine , jusqu'à l'âge de quatre ans, puis sa mère en deviendra la tutrice jusqu'à vingt-un ans, époque où le roi recevrarhommage du jeune chevalier, etlui donnera l'investiture. 11 est en outre décidé que si une action quelle qu'elle soit est intentée à l'héritier de Champagne, il ne sera point tenu d'y répondre, car selon la coutume de ininorité, nul n'est tenu d'ester en droit s'il n'a atteint l'âge de vingt-un ans*. Cette charte fut confirmée par le duc de Bourgogne, sans doute comme grand vassal de la couronne , et l'un des pairs

l Ann. iaio,Martène/.Ampllisim. collée. , 1. 1, Al. 1094. ^ Ghanterau Lefèvre , Traité des Fiefs , preu?. , p. 36,

LES DUCS DE BRETAGNTB. 5jg

de la cour. Le pape Innocent écrivit à ce sujet une lettre spéciale d'approbation apostolique ; toutes les fois qu'il s'agissait d'intérêts de mineurs^ de veuTCs et d'incapables ou de croisés, l'É^se se donnait une acuité d'intervention instituée par les décrétales et les maximes du droit canon \

La Bretagne était aussi presqu'entièrement tombée sous la protection du roi. Après la mort violente d' Arthus , la succession de ce duché avait été déférée à la jeune Alix, fille de la duchesse Constance et de son second mari Guy de Thouars. On a vu qu'Alix avait été fiancée, et depuis qu'elle devint l'épouse de Henri de Penthièvre comte d'Avaugour, qui faisait valoir certaines prétentions sur la Bretagne ; le jeune comte de Penthièvre mourut aussitôt après son mariage, et Guy de Thouars, qui prenait le titre de tuteur de sa fille, le suivit presqu'inunédiatement au tombeau ; il y eut donc véritable vacance dans le gouvernement, chacun put invoquer ses droits. Lie roi Jean, qui n'avait point renoncé à l'espoir de reconquérir son influence sur cette terre , of&it de mettra

l Epist. Innocent, t. ii, p. 49^.

^do PIERRE De DREUX , DUC DE BRETAGNE.

en liberté Éléonore sœur d'Arthus, qai était en âge d'être mariée , et pouvait choisir celui des seigneurs nationauic qm lui conviendrait: le nom d'Arthus avait je ne sais quelle puissance magique sur l'imagination des Bretons; il se liait à leurs vieilles traditions historiques; ils consentirent à ce que Jean leur proposait, mais ce prince, si caprideuic dans ses desseins, ne voulut pas ensuite rendre Éléonore, car il craignait qu'elle ne lui disputât la couronne d'Angleterre, comme fille de son frère aîné ; il cherchait à traîner en longueur cette n^ociation , lorsque Philippe parvint à la rompre tout à coup en ofifrant pour époux à Alix, Pierre comte de Braine, frère puiné de Robert II comte de Dreux , et proche parent de la couronne de France; Pierre partit de la cour de Paris, suivi d'un brillant équipage, et se rendit à Nantes; les seigneurs Bretons l'accueillirent avec honneur, et, d'après l'avis de leur parlement réuni , Alix lui fut accordée ; elle n'avait alors que douze ans'. Le comte de Braine nouveau duc de Bretagne fixa ses cours plénières à Nantes. Ainsi ce ducbé passait dans

1 Dm. Morice, Hist. de Bretagne, t. i, p. lier.

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