‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 4)Chapitre 35 sur 129 · ANECDOTES HÉRÉTIQUES. 7I · texte numérisé non relu

ANECDOTES HÉRÉTIQUES. 7I

le« tentes des Francs «comme toute infectée du poison de la perversité hérétique. » Les prédicateurs catholiques racontaient mille faits capables d'exciter le zèle fanatique des pèlerins. Un jour , disait-on , un prêtre gagnait son église aux approches de la nuit pour y célébrer les saints mystères. Il avait son calice daus les mains, lorsque des habitans de Béziers embusqués, le saisirent et le frappèrent avec violence, de telle manière qu'il en eut un bras cassé, puis prenant le calice de leurs mains profanes , le découvrirent , <c et firent maintes ordures dedans,» au mépris du corps et du «ang de Jésus-Christ \

Un grand nombre de ces anecdotes religieuses racontées dans le camp des croisés réchauffaient leur fanatisme impatient en même temps que les belles plaines de Béziers couvertes de vignes^ et de nobles châteaux excitaient leur ambition envieuse.

Avant d'entourer la ville par un siège régulier , les croisés firent sommer les notables habitans de se soumettre aux soldats de la* croix qui venaient de rançonner deux petites

1 Pierre de VauU-Cernay , chap. 17.

7 2 l'abbé de GITBAUX A BEZIEBS.

villes , La Caussade et Saint - Antonin , et de brûler Villemur «ir le Tarn. Ce« exemf^es ne déterminèrent pas les babitans de Béziers ; ils résolurent de fe défendre leurs consuls en tète. Quelques-uns d'entre eux sortirent même des murailles, et vinrent attaquer, à coup de flècbes et d'arbalètes , les avant-postes des p^erins. Tout à coup les trompettes sonnent , et les cbevaliers prennent les armes. Les Francs avaient dans leur camp une race d'hommes du nom de Ribauds ; ceux-ci prennent leur légère armure, et, s'adressantàl'abbédeCiteaux , l'un des légats qui commandaient la croisade « ils dirent : « Sire abbé , que devons-nous faire en cas que nous prenions la ville par assaut , * pour distinguer les catholiques des fauteurs d'hérésie? Tuez- les tous , répondit l'abbé ; Dieu coimaltra quels sont les siens , » car il craiçtiait, ajoute la chronique , que les hérétiques ne cherchassent par de faux semblans h s'échapper de la mort*.

1 Ccesar Heis'erb. 1. V, cbap. XXI; Echard seriptor ordm. prœdic, t. I, met en doute que cet atroce propos ait été feou par le légat; le témoignage que nous citons est cependant celui d'un contemporain , mai? étranger.

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