‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 5)Chapitre 1 sur 336 · FIEFS DU COMTÉ DE TOULOUSE · texte numérisé non relu

FIEFS DU COMTÉ DE TOULOUSE

Provence, était pour ainsi dire resté en dehors du grand mouvement politique qui centralisait l'autorité suzeraine. La confiscation sur le roi Jean avait rapproché les domaines de Îla couronne des provinces méridicnales, mais les rapports de féodalité ne s'étaient point modifiés ; lesseigneurs territoriaux conservaientleur même indépendance, leur privilége de législation et de gouvernement, sans que la royale famille des Francs exercât une plus grande infiuence sur les populations du midi des Gaules. Cependant un triste drame se préparait, qui devait amener, par l’extermination de toute une race d'hommes, la domination momentanée des enfans du Nord dans cette belle terre.

La situation féodale et politique de la Langue-doc ou de la Provence", offrait des traits particuliers qu’il est essentiel de signaler, pour bien comprendre les événemens qui vont se dérouier devant nos yeux.

Le comte de Toulouse, le plus puissant et

1 La Provenceavaitune circonscription bien plus étendue qu’au jour d’hui ; on la confondait souvent avec la Langue-doc; et on appelait Provençaux indistinctement tous les enfans du midi des Gaules, c’est-à-dire la vieille race visigothe.

NARBONNE.-—BÉZIERSi—FOIX. 3

le plus riche des barons de France, était seigneur suzerain de cinq grands fiefs qui dépendaient de son domaine. Le premier était celui de Narbonne, dont le sire prenait le titre de vicomte, et possédait les plus larges préroga tüiwes de la féodalité, même le droit de battre monnaie et de s’intituler par la srâce de Dieu. La vicomté de Narbonne était échue en 1180 à une noble héritière nommée Hermengarde , femme d’Aimeri de Lara, comte de Molina, en Castille. Don Pedro, l'aîné de son lignage, lui avait succédé; mais par une cession faite en 1104, il avait lui-même transmis la vicomté de Narbonne à Aiïmeri son fils, fiancé à Guillemine de Montcassin. *

Le second fief était la vicomté de Béziers, dont les comtés d’Albi et de Carcassonne relevaient ; le seigneur se nommaitalors Raymond Roger ; 1l avait succédé à Raymond, premier du nom dans la race des sires de Béziers. ‘

Le comté de Foix se composait de six vassa-

1 Narbonne avait été d’abord la capitale du royaume de Septimanie et du marquisat de Gothie ou du duché de Narbonne ; elle formait une province ecclésiastique. Voyez Catel, Mémoires sur les comtes de Toulouse, p. 589.— 2 Dm. Vaissète, ist. du Languedoc , a traité avec détail l’histoire de la vicomté de Béziers.

Page 1