‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 5)Chapitre 117 sur 336 · CONVOCATION FÉODALE EN ANGLETERRE · texte numérisé non relu

CONVOCATION FÉODALE EN ANGLETERRE

un même nombre, vous auriez à ajouter 514 bâtimens aux navires de l’Argolide que le vent de l’est retint long-temps dans l’Aulide, lorsque Neptune arrêtait la marchedes Pélages pour prévenir la chute de la ville de Troie qu'il avait lui-même élevée. »

De son côté le roi Jean ne négligeait aucun moyen de défense. Il écrivait à ses justiciers.

« Jean, roi des Anglais : au recu des présentes, vous vous entendrez avec les gardes des cinq ports , afin de faire armer tous les navires qui s’y trouventet qui pourront porter six chevaux et plus : vous sommerez les maîtres de ces barques deles faire réunir à Portsmouth montées par de bons marins, le dimanche après Pâques . »

Il écrivit aussi à tous ses vicomtes : « Jean, roi des Anglais; sommez ou faites sommer de bonne manière tous les hommes libres qui nous doivent hommage lige, ou sont tenus envers nous par les liens de la féodalité, de se tenir prêts avec leurs armes, chevaux de bataille, et de se rassembler à Douvres dans les

1 Guill. le Breton. Chant 1x.

2 Rymer, fœder. t. 1, ad ann. 1212.

150 PRÉPARATIFES DE DÉFENSE EN AMGLETERRE.

solennités de Pâques; faites aussi disposertoutes les subsistances nécessaires à l’armée; vous nous manderez quels seront les récalcitrans, afin que nous ayons à les punir. Dônné au nouveau temple le troisième jour de mars *. »

À la suite de ces convocations féodales, une multitude de chevaliers, d'hommes d’armes se réunirent à Douvres; car la peine honteuse de félonie ou du culvertage était aussi prononcée comme en France contre les retardataires. Des sommes immenses furent levées sur les monastères; On imposa 40,000 liv. aux Cisterciens, 100,000 liv. aux autres moines.

Les murmures furent grands.

Jean choisit parmi cette foule de vassaux soixante mille hommes bien re , bien montés , avec lesquels il devait attendre la flotte de France. Mais 1l ne pouvait compter sur leur fidélité mcertaine; ils n'avaient obéi que pour éviter la confiscation , et1l était à craindre que, lorsque le gonfanon de France approcherait, tous ou presque tous n'abandonnassent leur roi pour passer dans les rangs des envahisseurs.

Alors, par les conseils singuliers de l'évêque de

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