RUPTURE DE PHILIPPE ET DU C". DE FLANDRE
tre l'épée dans le fourreau , dès qu’une satisfaction avait été donnée au pape. Pandolphe vint, à Boulogne, déclarer au roi de France et à ses barons, qu'il ne pouvait plus rien tenter contre un royaume devenu le patrimoine de l'Église : Philippe - Auguste tout bouillant de colère , s’écria : « J’arme des flottes, Jé réunis mes barons, voilà que J'ai dépenséplus de soixante mille livres d'argent pour cette expédition, et l’on m'interdit de la faire! Je la poursuivrai contre le pape même. »
Fous ses barons partagèrent son avis, excepté Ferrand ou Fernand, comte de Flandre, qui écouta les paroles du légat avec bienveillance. « Cette guerre que nous allons faire, dit-il au roi, est injuste ; c'est bien assez déjà que tu occupes mal à propos les fiefs de Jean en France. » À ces mots, Philippe ne put plus tenir sa colère :«Sors de ma cour, traître etperfidecomte, s'écria-t-1l; par tous les saints, ou la Flandre appartendra à la France, ou la France à la Flandre. » Le comte Ferrand se retira :.
Ceci devint le sujet d’une nouvelle guerre.
1 Per sanctos Franciæ : vel Francia erit Flandria vel Flandria
Francia. Math. , Paris, ad annum 1213.