ÉLECTION D OTHON
prince. Cette persévérante contrartait Inn6cent, et il ne cessait d’en écrire au roi; voict dans quels termes : |
« Tu n’as point voulu déférer à nos conseils en ce qui touche l'élection d’Othon de Brunswick ; tu dis à qui veut l'entendre que l’église romaine a employé toute sorte de moyens pour y parvenir; plusieurs fois nous t’avons invité à changer de conduite : loim de là, tu nous pries de renoncer au vif et juste intérêt que nous portons à Othon; et pourquoi? Tu ajoutes qu'il a pillé les églises de tes terres, et fait tout le mal quil a pu, sans te rendre aucune satisfaction ; qu'il est enfin le neveu du roi d'Angleterre ton ennemi personnel. Ne crains rien, à Philippe! ton royaume est tellement uni à l'église, qu'il ne peut souffrir aucun dommage, qu'aussitôt elle-même ne l’éprouve : sois donc tranquille sur ce point : que ta prudence royale cesse de s'opposer à l'élévation d’un des enfans chéris de l’église *. » À
La résistance du roi ne put ainsi empé-
1 Regist. Innocent ul, de negot. imp. Epist. 165, p. 755
et 756.