TERREUR DES POITEVINS
vière *, Plusieurs milliers d’entre eux périrent dans les eaux, surchargés sous le poids de leurs armures de fer, «ils perdent ain sila respiration et le souffle, préférant Neptune à Mars, quoique, ajoute Guillaume-le-Breton, ici dissertateur scolastique, ce premier genre de mort dans lequel lâme ne trouve pas un souffle sem. blable à celui qui l'anime, soit par cela même * plus insupportable qué l’autre’. Pendant ce temps, les Français frappent de leurs masses, de leurs glaives, de leurs lances, ceux qui évitant de se plonger dans les ondes du fleuve vont de toute part cherchant des asiles dans des lieux solitaires. » | Beaucoup de nobles Poitevins périrent dans cette déroute, et parmi eux Pains, seigneur de Rochefort. {l fut blessé d’un trait d’arbalète; on citait linexpugnable situation de 1 Ainsi s'enfuit parmi la Loire, au plus tôt qu’il pût, si perdit grant partie de sa gent qui en cette fuite furent pris et noiés.
Ghrôniq. de St.Denis, Dm. Brial. Coll. des hist. de France. t XVII, pag. 404. :
2 Intolerabilior quamvis hac morté‘sitilla, |
Qua sibi consimilis animam non suscepit aër,
Guillaumede-Bretqn, Chant X.
BUTIN SUR LES VAINCUS. 231 son castel qui avait résisté à toutes les chevaleries; Hugues, seigneur de Limoges ,; qué les serfs et les vilans, à cause de son teint hâlé, appelaient Hugues-le-Brun’', fut aussi tué par les vaillans enfans de France.
Les vamqueurs firent un butin considérable; « des calices d’or, des vases d'argent, les brillans vêtemens des nobles, des ornemens pour la poitrine teints en écarlate et recouverts d’étoffe de soie, beaucoup de pièces de monnaie fabriquées avec des métaux resplendissans, les tentes du roi tissues en fil de diverses couleurs, des vases de cuisine, des mortiers en cuivre, des plats , des chaudières de bronze, enfin des armes répandues cà et là dans les champs, dépouilles précieuses et brillantes, tombèrent dans les mains avides de la foule et furent enlevées aussitôt”. »
Le prince Louis et ses barons se mirent à la poursuite du roi Jean; mais celui-ci avait gagné les provinces plus néridionales, les côtes de la Gascogne et de la Guyenne, et il fut
ir La chronique de St.-Denis l’appelle Aimeri, « noble home de. grant nom, né de Limosin, » ibid.
2 Gme-le-Breton, ch. x.