PRÉPARATIFS EN FRANCE
mais l'esprit de rapine et de pillage doiminait pendant la vie, et peu de barons se refusaient la confiscation des bonnes prébendes sur les moines leurs voisins.
Pendant que les confédérés se partageaient ainsi le beau-royaume de France, et se réjouissaient par avance de s'établir au milieu des champs de la Bourgogne et de la Normandie, Philippe-Auguste, prévenu de tous leurs desseins, faisait de nouveau publier, en toutes ses châtellenies et communes, le ban et l’arrière: ban. Dans les périls qui menacçaient le territoire féodal, tous les vassaux étaient tenus de prendre les armes et de répondre à l’appel du suzerain. Comme les confédérés poursuivaient également le clergé, on lut dans toutes les églises , des admonitions aux archers et bourgeois’, pour qu'ils eussent à se réunir sous les gonfanons de leurs seigneurs ou magistrats. Les barons demeurés fidèles à Philippe savaient qu'ils devaient être dépouillés de leurs terres, au cas où la coalition triom-
1: Exercitu magno congregato comitum, baronum, militum et servientium , peditum et equitum, cum communibus villarum et
civitatibus. Mathieu. Par. ad ann. 3214.