‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 5)Chapitre 248 sur 336 · CROISADE DE LOUIS DANS LA LANGUE-DOC · texte numérisé non relu

CROISADE DE LOUIS DANS LA LANGUE-DOC

albigeois fut prêchée dans les domames du roi, Louis voulut suivre les barons qui prenaient la croix. Il en avait hautement témoigné le désir. Jeune et brillant chevalier, il cherchait partout des expéditions périlleuses, sans voir autre chose que de grands coups de lances à donner. Philippe, son père, n'avait point encouragé cette résolution; ondisait qu'il craignait de perdre un fils unique, et peut-être aussi était-1l prudent avant que le suzerain prit parti dans cette guerre de savoir ce quil en adviendrait. Cependant au printemps de l'année 1213", Philippeavaitoctroyé licence à Louis d'accomplir son pèlerinage, mais les représentations des envoyés du roi Pierre d'Aragon en faveur du comte de Toulouse, lés menaces de la ligue de Bouvine, retardèrent le pieux voyage pour la Provence.

Ce ne fut que l’année suivante, lorsque le triomphe du roi de France et la retraite des Anglais eurent délivré le territoire féodal, que Louis put se mettre en route avec ses preux compagnons.

La Langue-doc avait encore éprouvé bien

à Pierre de Vaulx-Cernay, chap. 68.

ÉTAT DE LA LANGUE-DOC. 307 des vicissitudes depuis la conquête des croisés. On a vu que Montfort s'était hâté de régler l'ordre des fiefs et l'organisation politique au profit de la nouvelle race qui s établissait dans les beaux castels de Provence. Les comtes dépossédés recoururent à l'intervention du roi d'Aragon, pour réclamer les droits et les terres dont ils venaient d’être dépouillés. Pierre était suzerain de plusieurs fiefs dont les comtes de Toulouse, de Cominges et de Foix, et le vicomte de Béarn, avaient été possesseurs, et cette qualité de seigneur supérieur donnait un juste titre à sa réclamation. I] s’adressa au pape Innocent II. L'émotion causée par les violences du comte de Montfort était si grande, les excès commis par les croisés dans la Langue-doc avaient causé une si vive indignation, que le pontife crut devoir écrire au légat et au nouveau possesseur de ces terves : « Vous archevêque de Narbonne, et vous Simon comte, de Montfort’, ayant conduit l’armée de croisés dans les domaines du comte de Toulouse, vous ne vous êtes pas contentés d’envahir les lieux où1l y avait des hérétiques,

1 Innocent IIL, liv. xv, epist. 212,

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