AMOURS D'ANNE DE FRANCE ET DE BRANAS
battre la mort ; « les bêtes et oïseaux le mangeaient tout en vie, puis de sa teste, les Bulgres firent faire un gobelet dont ils buvaient”?. » Les barons apprenant sa triste fin, nommèrent d'abord pour régent, et ensuite pour empereur Henri de Flandre, son frère. | L'empire franc de Constantinople eût donc été menacé, si amour n'avait préparé une utile alliance. Après la mort des deux empereurs , Alexis Il et Andronic 1, Anne de France, demeurée veuve, n'était point retournée dans son beau pays. Un lien secret l’attachait à Théodore Branas, prince d'illustre race, et dont le père avait pris la pourpre, sous le règne d'Isaac l'Ange. Branas était plus brave que le commun des Grecs :
il possédait le dominium ou suzeraineté féodale des villes d'Andrinople et de Didimotique. La jeune impératrice s'était depuis longtemps abandonnée au noble hellène. Le sentiment qui l’unissait à une fille de France, peutêtre aussi la haine que Théodore Branas portait aux légitimes empereurs, décida son al-
1 Végenèce sur Vilhardouin, chap. vu.