‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 5)Chapitre 39 sur 336 · G LE COMTE DE NEVERS · texte numérisé non relu

G LE COMTE DE NEVERS

Le comte deNeverssenommaitPierre deCourtenay. Îl avait commencé sa vie par de grandes libéralités envers les bourgeois d’Auxerre, et par le pillage de maintes églises. Pierre avait vécu fort mal avec l'évêque; 1l lui avait pris son vin, ses hommes et vexé les bons moines, si bien que le prélat jeta l’interdit sur toutes ses terres *. On refusait partout la sépulture ecclésiastique; mais un officier de l’escorte du comte étant mort, et les clercs n'ayant point voulu l’enterrer, Pierre fit ensevelir le cadavre dans la propre chambre de l’évêque; les censures ecclésiastiques redoublèrent : Courtenay en fut effrayé; et, comme pénitence, il se soumit à déterrer le mort ie ses propres mains, et à le porter sur ses épaules, nu-pieds et en chemise, pendant la procession des Rameaux. Depuis ce. moment, le pauvre comte était tout honteux, grand dévot et faiseur d’oraisons? .

Le comte de St-Pôl se trouvait cousin de Philippe-Auguste par sa mère Alix de France, fille de Robert, comte de Dreux. fils du roi Louis VI. Ilavait accompagné le roi à la croisade

1 Lebœuf, Hist. d'Auxerre ; t. 1], p. 226.

2 Ibid.

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