‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 5)Chapitre 41 sur 336 · LE COMTE DE MONTFORT · texte numérisé non relu

LE COMTE DE MONTFORT

geois, était fils puiné de Simon, comte de Montfort, et d'Amélie, comtesse de Leycester; il possédait la petite seigneurie de Montfort Amaury ’, située sur une montagne entre Chartres et Paris, et du chef de sa mère le comté de Leicester. Son caractère était ardent et son courage indomptable, Il avait été un des champions les plus hardis de la croisade de 12om%et suivit les chevaliers de France au siège de Zara. Durant cette expédition, Montfort s’était montré le constant défenseur des intérêts et des volontés du pape *; il avait tenu le parti dévot qui ne voulait ni assiéger Zara ni Constantinople’. Au siège de cette grande cité, Montfort se sépara des croisés, et passa au service du roi de Hongrie; puis 1l vint dans la Palestine et servit cinq ans contre les infidèles. Il arrivait à peine en France de son long pèlerinage d'outre-mer, où son ambition n'avait pu se satisfaire ; car alors toutes les belles terres de Palestine étaient au pouvoir des Sarrasins. Îl accepta donc avec ardeur

1 Îl avait succéué à cette seigneurie en 1181. 2 Vilhardouin , liv. 3.

5 Voir le chapitre xvu de cette histoire.

DÉPART DES CROISÉS. 59 le poids d’une nouvelle expédition qui pouvait ajouter à sa petite baronnie de Montfort l’Amaury les fertiles campagnes du Languedoc.

T'els étaient les chefs de la nouvelle croisade. De toutes les parties du royaume, les châtelains de France étaient accourus pour se ranger sous leur bannière. Le roi Philippe avait envoyé quinze mille hommes d'armes *, Une multitude de servans accompagnaient les gonfanons chevaleresques. Tous portaient des croix sur leur casque pour se distinguer des croisés d'outre-mer qu: les avaient cousues sur leur cuirasse.

« L'an de l'incarnation 1209 et le onzième du pontificat du seigneur pape Innocent, sous le règne de Philippe, roi des Français, aux environs de la fête Saint-Jean-Baptiste, tous les croisés prenant route sur diverses parties de la France, se rassemblèrent auprès de Lyon; leur nombre s'élevait, disait-on, à cént mille, bien couverts de fer, sans compter le menu-peuple, qui s'était engagé à combattre par dévotion. Le pape pria le roi Philippe denommer le chefde cette confédération.

1 Guill. le Breton, Philippide , chant 9,

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